‹ Campagne du Cassini dans les mers de Chine, d'après les rapports: lettres et notes du CommandantChapitre 1 sur 51 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Le 19 avril 1888, mourait à Brest un humble religieux de la Compagnie de Jésus qui, pendant quarante-cinq ans, avait brillamment servi son pays, en qualité d'officier de marine. Victime des iniques décrets qui l'avaient expulsé par force de la résidence où il travaillait avec tant de zèle et de dévouement à la gloire de Dieu et au salut des âmes, il rendit le dernier soupir sous un toit étranger, entouré de la sollicitude de ses frères en religion et de Taffection de ses anciens compagnons d'armes.

« Ce n'est ici ni l'heure, ni le lieu, disait l'amiral de Cuverville sur la tombe de l'ancien capitaine de vais, seau, de retracer ce que fut la carrière du vaillant chef, du vénéré religieux auquel nous rendons les derniers devoirs. Cette vie si féconde en enseignements, en exemples de dévouement, d'abnégation et d'humilité parfaites, sera retracée, j'en ai l'espoir, par ceux qui furent ses frères dans la foi. »

VI AVIRTISSEHENT

Pour répondre à cet appel, écho fidèle de tous ceux qui avaient connu, aimé le vaillant chefj le vénéré religieux^ un de ses frères dans la foi a entrepris, d'après le désir de ses supérieurs religieux, la biographie de François de Plas, marin et jésuite.

Notre première pensée a été de recueillir le plus de renseignements possible, pour atteindre le but que nous nous étions proposé. Mais pendant que les documents abondent sur certaines parties de la carrière de Tancien marin, d'autres époques de sa vie en sont presque totalement dépourvues. Nous avons donc cru bon, utile, tout en continuant nos recherches souvent infructueuses à cause du petit nombre des témoins contemporains d'une existence si longue et si remplie, de publier à part d'intéressants matériaux qui trouveraient difficilement place dans les pages d'une simple biographie. De là, le présent volume : Campagne DU Cassini dans les mers de Chine.

Ce volume nous semble combler une lacune regrettable parmi les publications maritimes qui ont trait à la Chine. Depuis longtemps le Céleste Empire attire l'attention des puissances européennes, et jamais la curiosité publique n'a été plus excitée qu'elle ne l'est de nos jours, après les graves événements de l'Annam et du Tong-king. Déjà M. l'amiral Jurien de la Gravière, en racontant le voyage de la corvette la Bayonnaise de 1847 à 1850, avait résumé d'une manière instructive l'état antérieur des missions catholiques et de la marine française dans l'extrême Orient. Longtemps après lui, M. l'amiral Bourgois avait recueilli, dans

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