‹ Campagne du Cassini dans les mers de Chine [microform], d'après les rapports, lettres et notes du Commandant de Plas. Enrichie de plusieurs cartes pour l'intelligence du texteChapitre 47 sur 68 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Le Cassini désigné pour la Baltique. — Lettres de Tamiral Desfossés et de l'amiral Lapierre. — Relâche à Cherbourg. — Arrivée à Calais. — Sentiments du commandant de Plas. — Départ d'une division de dix mille hommes, sous les ordres du général Baraguey d'Hilliers. — Services rendus par le Cassini. — Débarquement du commandant et de l'état-major. — Adieux à l'état-major et à l'équipage. — Propositions d'avancement. — Séjour à Puycheui.

Le jour même de son arrivée à Lorient, le commandant de Plas se rendit à la préfecture maritime, où il apprit que tous les ports étaient en plein armement à l'occasion de la guerre contre les Russes. Sans avoir le temps de se reconnaître, il fut enveloppé dans le branle-bas général. Comptant sur son dévouement à toute épreuve, sur l'activité de l'état-major et sur la bonne volonté de l'équipage, le préfet maritime lui demanda de tenir le Cassini prêt à partir dans six jours pour la Baltique. « Il est arrêté, écrit François dans son Journal, que nous partirons le 12 pour la Baltique. C'est une peine pour moi d'arracher l'état-major et l'équipage à leurs familles qu'ils ont à peine vues ; mais

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la Providence a ses desseins que je ne chercherai point à scruter. »

Sans doute, après une si longue campagne, de Plas aurait hien désiré embrasser sa mère et revoir ses amis ; mais tout occupé à l'armement de son bâtiment^ il ne pouvait songera une absence même momentanée. Sacrifiant les plus légitimes sentiments de la nature à la voix impérieuse du devoir, il écrivit à Puycheni, le 7 juillet : « Je ne m'arrêterai pas à faire des condoléances, chère mère; tu connais trop le cœur de ton François. Je te dirai plutôt : réjouis-toi d'avoir deux, fils qui prennent part aux fatigues et aux dangers de la guerre... Ma santé est bonne; l'équipage, quoique fatigué, a repris courage, et tout ira bien, j'espère. »

Cependant le Cassini n'était point destiné à faire la guerre ; il allait être employé, malgré le mauvais état de ses chaudières, comme transport et comme remorqueur, (c Nous chauffons pour partir, écrit le commandant, le 11 juillet. Notre première étape doit être Cherbourg, d'où nous irons probablement à Calais. Je prends la mer avec plaisir, car la vie des ports est pleine de tracasseries, et la discipline s'affaiblit dans ce contact incessant des matelots avec leurs familles. »

C'était plus militairement sans doute que François aurait désiré servir, si la chose n'eût dépendu que de lui ; mais il accepta avec joie ce rôle obscur, satisfait de contribuer pour sa part à la défense commune. Heureusement qu'une lettre très affectueuse de l'amiral Desfossés, un de ses meilleurs amis, était venue le consoler des déboires qu'il avait rencontrés dès son arrivée, surtout en apprenant l'injuste oubli de M. de Rocquemaurel, l'ancien commandant de la station de Chine.

« Je suis tombé des nues, hier soir, lui écrivait l'ancien ministre, lorsqu'on m'a dit que le Cassini était

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