‹ Campagne du navire l'espoir de Honfleur 1503-1505: Relation authentique du voyage du CapitaineChapitre 11 sur 18 · BabîUUoBs · texte numérisé non relu

BabîUUoBs

Item disent ledit pays être peuplé entre deux.

Et sont les habitations des Indiens par hameaux de trente, quarante, cinquante, ou quatre vingts cabanes, faites en manières de halles de pieus fichez joignant Tun Taulre, enlrejoints d'herbes et feuilles, dont aussy lesdits habitans sont couuerts^ et y a pour cheminée un trou pour faire en aller la fumée. Les portes sont de bastons proprement liez; et les ferment auec clefs de bois, quasiment comme on fait en Normandie, aux champs, les estables.

Et leurs lits sont de nattes douces pleines de feuilles ou plumes, leurs couuertes de nattes, peaux, ou plumasseries; et leurs ustencilles de ménage, de bois, même leurs pots à bouillir, mais induis d'une manière d'argille bien un doigt d'espais, ce qui empesche que le feu ne les bruslast.

(1) ms .* qui.—- Au lieu de « que en » Tabbé Paulmier a lu «qu'Icy ».

Item disent auoir remercié ledit pays estre dinisé par petits cantons, dont chacun a son Roy; et quoy que lesdits Roys ne soient guières mieux ]og^z et aocoustrez que Ie$ autres, si est-ce qu'ils (1) sopt paoult reuerez de leurs sujets; et nul sih^rdy osç refuser ]eur obeïr, ayans iceux pouuoir de vie et mort sur l^firs sujets : dont aucuns de la nauire yirent un exemple d\^ gne de mémoirei sçauoir, d'uii jeune fils de dix-huit à vingt ans qui en certain chaud dépit AUoit donné up soufflet à sa mère \ ce qu'ayant sceu sop seigneur, jaçoit que sa mère n'en eus tété à plainte, il TenuQya quérir, et le fit jetter en la riuière, une pierre au col, appeliez à cry(2) publique les jeunes fils du village et autres villages voisins ; et si nul n'en put obtenir rémission, ny mesme la mère, qui à genoux vint requérir pardon pour l'enfant*

It. —lie Roi et §ÊL ftualle.

Le dit Roy es toit le cil en la terre de qui demeura la nauire; et auoit à nom Arosca. Son pays estoit de bien une journée , peuplé de viron une douzaine de villages, dont chacun auoit son capitaine particulier, qui tous obeïssoient audit Arosca.

Le dit Arosca estoit, comme il sembloit, âgé de soixante ans, lors veuf; et auoit six garçons depuis trente jusques à quinze ans; et venoit, luy et ses enfans, souuent à la nauire. Homme de graue maintien, moyenne stature, grosset, et regard bontif ; en paix auec les Roys voisins, mais luy et eux gperroyant des peuples qui sont dans les terres : contre lesquels il fut

(1) ffi«:qui.

(2) ms : appellee accry.

deux foia, pendant que la nauire séjourna ; menant de cinq à six cens hommes chacune fois. Et la dernière, à son retour fut démenée (1) grande joyepar tout son peuple, pour auoir eu grande victoire ; leurs dites guerres n^estans qu'excursions de peu de jours sur Pennemy. Et eust bien eu enuie qu'aucuns de la nauire l'eust accompagné auec bas tons à feu et artillerie, pour faire paour et desrouter (2) ses dits ennemys ; mais on s'en excusa.

st. -«• OifflîQclioiii exIérieuTM.

Item disent qu'ils n'ont remerché aucunes merches particulières qui differentast ledit Roy et autres Roys dudit pays, dont il en vint jusque* à cinq voir la nauire, fors que lesdits Roys (3) portent les plumasses de leur teste d'une seule couleur; et volontiers leurs vassaux, du moins les pricipaux, portent h leur tour de plumasses quelques brins de plumes de la couleur de leur seigneur, qui estoit le verd pour celle dudit Arosca leur hoste.

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