‹ Campagnes de KabylieChapitre 2 sur 12 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Des circonstances indépendantes de ma volonté — entre autres, les fonctions auxquelles j'ai été appelé, en 1859, à l'armée d'Italie, comme Médecin en chef de l'ambulance duGrand-Quarlier-Général — m'ont empêché de terminer plus tôt le compte-rendu, entrepris, il y a plusieurs années déjà, des expéditions de la Kabylie de 1854 à 1857.

Je ne me dissimule pas ce que ce retard peut enlever d'opportunité à mon travail, sous le point de vue épisodique, qui n'en est, après tout, que la partie secondaire.

Par contre, le temps écoulé, durant ce long intervalle, m'a permis de déterminer avec une plus grande précision, le nombre et les catégories des lésions, de compléter, dans les hôpitaux, des observations individuelles ébauchées sous la tente. Enfin, les occasions fréquentes que j'ai eues de revoir, plus tard, dans des positions diverses, un certain nombre de mes blessés, m'ont fourni des particularités importantes sur les conséquences ultérieures des plaies graves et les résultats définitifs des opérations.

Je ne crois donc pas trop présumer de cette Histoire médico-chirurgicale des campagnes de Kabylie, en espérant pour elle le bon accueil du public médical, celui de nos confrères de l'armée auxquels elle s'adresse plus spécialement.

A mes nombreux collègues des Colonnes expéditionnaires, elle rappelera les vives émotions, les rudes labeurs, les synergiques efforts d'un ministère qui a aussi son dévouement et sa gloire.

Les jeunes adeptes du Service de santé militaire, que le sentiment du devoir, une noble ambition, convieront à partager, à leur tour, les stoïques épreuves des champs de bataille, puiseront peut-être d'utiles initiations dans les détails où nous nous sommes complus, à leur intention, sur l'organisation, le fonctionnement, la physionomie des ambulances.

Notre but serait atteint et notre peine récompensée au-delà de nos désirs, si ce livre contribuait à leur faire bien apprécier les traits caractéristiques des plaies d'armes à feu, la soudaineté, la spéeialité des décisions qu'elles réclament; l'ingéniosité, l'activité, l'abnégation qu'exige une chirurgie, si étroitement associée aux conditions de mobilité, d'imprévu, de promptitude, de privations, de dénuement, qui sont le propre de la Guerhe !

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