VIII INTRODUCTION
en lui, comme en plusieurs de ses ministres, des vertus et des qualités précieuses; nous sympathisons de tout cœur avec sa ferme constance et avec ses persévérants efforts pour la reconstitution de sa belle patrie, providentiellement appelée, semble-t-il de plus en plus, par le fait de cette effroyable crise, à une transfiguration qui la rendra plus belle encore en la rendant plus pure, et plus grande, moralement et matériellement, qu'elle n'eût jamais réussi à l'être tant que l'esclavage serait resté un des piliers de son état social. Nous avons salué avec joie les actes de l'an dernier pour l'émancipation des noirs, comme l'indice d'un des progrès les plus réels et les plus méritoires de notre siècle. Nous méconnaîtrions les aspirations de toute l'Europe éclairée et libérale , nous nous sentirions en outre indigne de notre qualité de républicain suisse et de chrétien, si nous concourions à entraver la réalisation de cette bonne et sainte œuvre.
Mais ce même sentiment nous force aussi de réclamer, au nom de la vérité de l'histoire , des éléments plus complets de jugement que n'en fournit le rapport présenté au congrès , et à demander en même temps quelque justice pour d'honorables officiers trop sévèrement traités et impitoyablement dénoncés à l'opinion publique par les auteurs de cette pièce officielle.
C'est dans ce but, et sans nous flatter de l'avoir atteint autant que nous l'aurions désiré, que nous avons pris la liberté de joindre audit rapport, si instructif du reste, quelques éclaircissements qui permettront peut-être d'apprécier les faits et leurs conséquences en meilleure connaissance de cause.
Lausanne, 2 septembre 1863.