‹ CampanellaChapitre 274 sur 300 · Gabriel Maupain, o. c., p. 128, 132 sq., et passim · texte numérisé non relu

Gabriel Maupain, o. c., p. 128, 132 sq., et passim

3. Hegel, Geschiebte der Philosophie, II {Werhe, édition Markneike, Schultze, etc., t. XV, p. 224 ; Berlin, 1836, Dnncker und Humblot).

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l'attention d'hommes éminents tels que Hugo de Groot, Christophe Forstner, Marc Welser, et elles donnent lieu, entre les prolestants et lui, à de curieuses polémiques, dont M. Kvacala a justement souligné l'intérêt ^ Le jurisconsulte Besold traduit en allemand et publie pour la première fois la Monarchia di Spagna. Un autre ami de Tobias Adarai, Jean Yalentin Andreae, qui a lu en manuscrit la Cité du Soleil, l'imite avant même qu'elle paraisse, dans sa Reipuhlicae christianopoUtanae Descriptio (1619) ^. — Plus tard Cyrano de Bergerac devait s'en souvenir dans ses écrits.

La fortune littéraire de l'utopie de Campanella allait d'ailleurs, après une éclipse assez longue, renaître vers le milieu du XIX" siècle. Le communisme de Saint-Simon, le fouriérisme, les idées de Victor Considérant et de l'auteur du Voyage en Icarie ne sont pas sans analogie avec celles de Campanella, et bien que Fourier ne semble pas avoir connu la Cité du Soleil, il est remarquable néanmoins que cet ouvrage ait été traduit par un de ses disciples, Villegardelle, dès 1841, trois ans avant la publication par M""^ Louise Colet de la traduction des Œuvres choisies, comprenant les poésies, quelques lettres, et justement l'utopie de notre philosophe. Ce dernier livre n'a donc jamais été oublié tout à fait. Il est vrai qu'au XIX" siècle il doit surtout ce regain de faveur à l'apparition des doctrines socialistes.

•A ces observations sur l'influence, très limitée assurément, des idées sociales de Campanella, nous pourrions en ajouter d'autres relatives à la réapparition de certaines de ses théories métaphysiques dans les philosophies postérieures à la sienne. Les analogies sont nombreuses entre ses vues et celles de Malebranrhe sur la liberté humaine, l'occasionnalisme, et la contemplation des Idées dans l'entendement divin. D'autre part, la doctrine de l'espace semble jouer le même rôle dans les deux systèmes, et M. Cassirer l'a rapprochée aussi de la conception développée par Henry More sur les rapports entre l'es-

1. .T. Kvacala, Protestantisclie gelehrte Polemik gegen Campanella vor sciner Haftenlassung, Jurjew, C. Mattiesen, 1909.

2. Sur Jean Valentin Andreae, voir l'ouvrage de J. Kvacala : Joh. V. Andréas Anteil an geh. Gesellschaften, Jurjew, 1899.

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pace et l'essence divine ^ — Ici cependant il est impossible d'établir absolument une fdiation directe. Campanélla, Henry More et Malebranche peuvent avoir puisé à des sources identiques : le néo-platonisme, Saint-Augustin, Saint-Thomas d'Aquin et d'autres penseurs du moyen-âge. — Une objection semblable se présenterait, si nous prétendions expliquer par l'hypothèse d'un emprunt la curieuse ressemblance que nous avons eu l'occasion de signaler entre certaines idées de Berkeley et des conceptions de l'auteur du De sensu rcriim et de la Méiapliysigue^. Le créateur de l'empirisme dans la philosophie italienne de la Renaissance, ce n'est pas Campanella, c'est Télésio, et il est possible que par Bacon, qui connaissait les écrits et louait le génie du philosophe de Cosenza ^, quelques-unes des idées contenues dans le De rerum natura juxta propria principia soient parvenues jusqu'à Berkeley. Mais lorsque celui-ci dans la Siris réhabilite les causes actives et les vertus spécifiques, après avoir dans le même ouvrage et dans le De Motu critiqué le réalisme mathématique en des termes qui rappellent ceux de Campanella, il ne reproduit pas, vraisemblablem.ent, la pensée de tel philosophe particulier, mais celle du naturalisme animiste en général, connu peutêtre par la lecture d'œuvres italiennes de la Renaissance, mais plus probablement emprunté aux stoïciens, ou même aux néo-platoniciens.

L'influence exercée par notre auteur sur Gassendi, qui n'achève qu'en 1653 son Synlagma philosophicum, est plus facile à déterminer, grâce à la connaissance de la correspondance échangée à partir de 1032 entre les deux philosophes, et des relations qu'ils nouèrent ensuite en 1634 dans la maison de leur hôte commun Claude Fabry de Peiresc. A Campanella Ciassondi doil certainement ce qui subsiste du dynamisme dans sa doctrine des atomes, et notamment le maintien de la

1. Ernst Cassirer, Dos Erkenntnisproblem, édition citée, t. I, p. 260- 262 ; t. II, p. 442 sq. —

2. Voir les textes de Berkeley et de Campanella citc^s plus haut en notes : Troisième Partie, chapitre quatrième, I.

3. Dans l'écrit intitulé : De Principiis et Originihits secundiim fabiilax Ctipidinis et Coeli, sive de Parmenidis et Telesii, et praecipue Deniocrid phitosophia traclata in fabula de Cupidine.

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