‹ Canada et canadiens [microforme]Chapitre 67 sur 78 · LA LA · texte numérisé non relu

LA LA

« Aucun autre cas ne s’est manifesté dans le district jusqu’au mois de juillet, lorsqu'une nouvelle épidémie a été signalée à Oxbow. Dans ce cas, un chien fut détruit par notre inspecteur, et onze autres furent tués par les propriétaires. Une ordonnance du département fut envoyée au commissaire de la R. N. W. M. Police à Régina, en lui laissant la latitude de la mettre en action, mais il ne crut pas nécessaire de l’appliquer.

« Depuis cette époque, plusieurs rapports ont été reçus de la même région et de ses environs et de nombreuses contrées sont maintenant en quarantaine. La persistance de ces cas est très inquiétante, et je pense qu'il y a peu de dou’: que ces cas doivent être attribués à la rage. Quoique heureusement peu de dommages aient été occasionnés jusqu’à présent, cette condition de choses est peu agréable. Des instructions ont été données pour envoyer les produits nécessaires à l'inspection dans les cas douteux, de façon à ce que, grâce au diagnostic expérimental, on puisse se rendre compte avec sûreté de la nature de la maladie.

« Une certaine anxiété a été occasionnée à London (Ont.), par l'apparition de la rage au mois de juin. Un petit chien avait mordu un enfant et l’enfant et le chien furent emmenés de suite à New-York; le département fut donc dans l'impossibilité de vérifier le diagnostic.

« Pour arrêter toute épidémie possible, deux inspecteurs furent envoyés pour assister les autorités de la ville et le conseil sanitaire local. De nombreux chiens furent examinés, plusieurs avaient mordu des êtres

LA RAGE AU CANADA

humains et furent mis en quurantaine. Jusqu'à ce jour, aucun cas de rage ne s’est déclaré, ce qui est étonnant, car le premier chien a été reconnu enragé sans aucun doute, à la suite de l'examen fait par l'Institut Pasteur de Yew-York.

« La chosela plus ét.ange, constatée par les inspecteurs du départemsnt à London (province d'Ontario), a été la constatation qu’un grand nombre de personnes ont été mordues par les chiens pendant une très courte période. Beaucoup de nos cités du Canada sont simplement envahies par des chiens errants sans utilité, ce qui cn ce moment constitue déjà un désagrément considérable pour les habitants, et qui, en cas d’une épidémie de rage, serait un grand danger pour la santé publique. En songeant à cette possibilité, je pense qu'il faudrait employer les moyens nécessaires pour faire comprendre aux autorités municipales l’utilité d’accroitre la taxe sur les chiens.

« Comme il n'existait pas derèglements au sujet de la rage, un ordre en conseil fut publié le 10 août 1905. »

Le docteur Brice, ancien président du Conseil d'hygiène de l'Ontario, me racontait qu'il y a quatre ans, des cas de rage se sont produits à London (Ontario), que des inoculations ont été faites avec le cerveau d’un chien et que le résultat a été positif. La rage existait donc à cette époque dans la province,

Le docteur Bell, professeur à l’École de médecine de Winnipeg, bactériologiste de la province de Manitoba, a été, au commencement de l’année 1905, subir le traitement antirabique à l’Institut du docteur Novi de l’Université de Michigan, à Ann Arbor.

Il avait étéinfecté par un chien importé des États- Unis et pris de rage dans la Saskaichewan. Le bulbe rachidien de ce chien, inoculé à un lapin, fit movrir cet animal de la rage après vingt et un jours d’incubation.

On cite des cas de rage dans la campagne de différents côtés et plusieurs individus vont chaque année se faire traiter de la rage dans les Instituts Pasteur des États-Unis, soit à New-York, soit à Chicago, soit à l’Université de l’État de Michigan. A Chicago, lorsque je m'y trouvais, la dernière statistique publiée donne six personnes venues se faire traiter de la rage ayant été mordues au Canada.

Enfin, grâce au docteur Higgins d'Ot «wa, j'ai l'observation d’un homme mort de rage à l'hôpital de Victoria dans la Colombie Britannique. Cet homme avait été mordu à la station de police de White-Horse, dans:ie Yukon.

La rage, donc, existe dans la partie ouest du Canada. Il y a peut-être des cas isolés dans la province de Québec, mais il a été impossible de le prouver d’une façon absolue jusqu'à ce jour. Seulen:ent il faut se souvenir que les rapports entre l'Ouest et l'Est sont fréquents et qu'un jour ou l’autre on pourra voir se développer dans l'Est une épidémie de rage. Elle ne sera pas spontanée, car elle pourra venir soit de l'Ouest, soit des États-Unis.

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