‹ Canada et canadiens [microforme]Chapitre 70 sur 78 · D COUPE 0020 TP PRRETT RES · texte numérisé non relu

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Ceux qui sont aux États-Unis ou dans l'Ouest canadien seront-ils absorbés par les i iluences sous lesquelles ils sont destinés à vivre? Ces questions, quant à présent, demeurent dans le vague ; mais, et, c’est chose certaine, dans la province de Québec, nos cousins ont une vitalité, une force d'expansion qui fait quela langue françsise s'étend au lieu de diminuer. J'ai entendu un de leurs prédicateurs commencer ainsi un sermon sur le patriotisme, fait le 24 juin, jour de la fête de saint Jean-Baptiste, patron des Canadiens-français : « Nous sommes sous la domination libérale de l'Angleterre, mais nous sommes catholiques et Français et nous resterons toujours avec ce même idéal devant nous... »

Il ÿ a aujourd’hui, dans la province de Québec, trop de Canadiens-français parlant notre langue pour que l'on puisse croire qu’ils pourront être absorbés par l'élément anglais ; ils empiètent, au contraire, sur la province anglaise d'Ontario et font preuve d’une vitalité conquérante. Dans la province de Québec, les institutions destinées à maintenir le français sont puissantes, elles ne font que s’améliorer et prendre de l'importance. Donc la nation française est bien constituée.

Il ÿ va, du reste, de l’intérêt même des Canadiens de conserver leur langue : de cette façon ils sont classifiés à part, ne se trouvent pas noyés dans la masse anglaise de l'Amérique du Nord; ils s’affirment comme une nation qui sait fournir des hommes capables de diriger tout le Canada.

Il y a là, pour les Canadiens, un mobile suffisant Pour qu'ils veulent rester français. « Rester fran-

çais, pour nous, me disait l'un d'eux, tion d'argent et nous devons faire to server notre nationalité, »

En a-t-il toujours été ainsi? En 1763, si les Français avaient accepté d'être soumis aux Anglais, ils seraient aujourd'hui complètement naturalisés ; peutêtre qu'avec leur intelligence, ces descendants de Français, devenus complètement Anglais, OCCUpe= raient les situations les plus en évidence, tandis que, jusqu’à ce jour, la différence de langue oblige beau coup d'entre eux à se tenir à l'écart. Ils vivent sur eux-mêmes, sans pénétrer, en général, dans la communauté anglaise. En ce moment on peut croire que la France d'Amérique est solidement établie. Le Mouvement nationaliste français est très vivant, de

plus, il y a un autre argument à donner en faveur de ce que j'avance,

IT. — Plus d’un million

ont émigré aux États-Unis pour aller travailler dans les usines situées près de la frontière canadienne, Ces Français sont en butte à une lutte constare : les autorités américaines, lique irlandais lui-même (1) à abandonner le français.

est une quesut pour con-

de Canadiens-français

le clergé catho- , Cherchent à les amener Ils tiennent bon, leurs en.

fants viennent en assez grand nombre étudier dans les universités canadiennes, A Montréal, à la faculté de médecine, il y a plusieurs étudiants, fils de Canadiens-français établis aux États-Unis, qui viennent là terminer leurs études. Ils retournent ensuite exercer leur art chez les Américains. Ceux qui sont

(1) Tous les évêques catholiques sont irlandais, aux États-Unis.

tirés:

restés dans la province de Québec comprennent maintenanè qu'il ne faut pas émigrer aux États-Unis, si l’on veut conserver sa langue.

L'état d'esprit des Canadiens ne saurait être mieux démontré ni mieux décrit que par eux-mêmes, aussi nous trouvons intéressant de reproduire cet article, pris dans un journal canadien, « Le Temps » d'Ottawa,

« Nos compatric ies établis aux États-Unis sont très préoccupés de réclamer et d'obtenir des évèques et des curés de langue fraçaise pour les diocèses, et pour les paroisses, où dominent les Canadiensfrançais.

« Leurs efforts dans ce but paraissent même, parfois, dépasser quelque peu la juste limite, et comme tous les gens que Lante une idée fixe, ils tombent facilement dans l’exagératirn et le parti pris.

« Mais, tandis qu’ils mènent ainsi le bon combat pour la défense de leur langue et le respect de leurs droits, en cette terre américaine, ils ne semblent pas avoir conscience des sentiments réels de ceux qui les entourent et qui, peu à peu, lentemer:, mais sûrement, resserrent les mailles du filet dans lequel sont venus tomber, tête baissée, nos compatriotes établis aux États-Unis.

« Quoiqu'ils pensent, quoiqu'ils disent ou fassent, les Canadiens-français des États-Unis sont voués à l’absorption, à l'assimilation yankee, et dans l’engrenage où ils se sont laissé prendre le jour où ils mirent le pied sur le sol américain, ils seront écrasés, triturés, débarrassés de leur langue et de leur origis nalité de race.

« [ls n'échapperont pas, ils ne sauraient échapper à ceux qui les guettent et qui, dans la coulisse, surveillent leurs vains efforts pour se glisser au travers les mailles du filet.

« On comprend aisément que, pour ceux qui sont d'.4 la mélée, entourés des phalanges de leurs par

sus, les bruits du dehors sont difficilement percus, é I88nt us À souvent à croire aux chservaticns de ceax cui, 4° in, peuvent obtenir une meilleure

LA 1 que, sans aucun doute, nos amis es ta "u« s'’empresseront de criviquer, nous spi jar la lecture d'un article paru dans son Vilot », article qui ne laisse malheurés menti av'un doute sur les vues et les tende +, et <2r les désirs de l'opinion des revendications de nos Canadiens-français établis aux États-Unis.

« Aucune influence possible ne peut empêcher l’assimilation des diverses immigrations », déciare carrément cet article, et d’ailleurs « l'Église catholique a été par essence, de tout temps, cosmopolite », ajou. 2-t-il.

« Ilest vraiment pénible de penser que tant des nôtres, tant de ceux dont les pères ont si longuemer.t, sinoblemeni c nbuttu pour maintenir sur cette terre d'Amérique leu. ‘roit d'être et de rester français sont condam:és à disparaitre dans le gouffre amér'sain, et à y perdre toutes les caractéristiques et les qualités de leur race,

& Peut-on espérer que, conscients du danger imminent et inéluctable, un grand nombre de nos

braves patriotes se décideront à s'échapper de la fournaise d’assimi'ation yankee et sauront profiter des avantages de l'heure présente pour rentrer sur la terre ancestrale, y jouir en paix du droit acquis par leurs ancêtres de rester eux-mêmes, de parler leur langue, de prier Dieu dans leur langue ?

« Souhaitons-le de tout cœur, et ne cessons d'y travailler, comme on travaille à sauver des frères en danger de périr.

« Mais, du moins, nous espérons bien que la connaissance de la situation qui les attend là-bas, aura le salutaire effet d'arrêter sur la pente fatale ceux de nos compatriotes de la province de Québec qui seraient tentés d'aller s’engouffrer dans le malaxeur assimilisateur de ces bons yankees. »

L'acharnement que mettent les Canadiens établis aux États-Unis à vouloir conserver leur langue est une preuve de la ténacité de cette race. Au Canada, ils ont la même force de caractère ; ils ne sont pas dans les mêmes conditions, leur intérêt économique, en ce moment, est de conserver le français et, plus leur nombre s’accroitra, plus il en sera ainsi et plus leur force augmentera en même temps.

Aussije pense que la Nouvelle-France de l'Amérique du Nord a tout ce qu'il faut pour continuer non seulement à vivre, mais à se développer, en conservant son aspect particulier actuel.

IT. — Le Canada sera-t-il annexé par les États- Unis ? La réponse est difficile à faire. Cependant ce n'est pas assurément quandil voit ses richesses s’accroitre merveilleusement sous l'influence d'un excellent gouvernement et sous la tutelle légère de l’An-

gleterre (1), qu'il peut penser à se donner à son voisin, dont on connaît la turbulence et les appétits féroces.

Ce ne sera pas possible tant que les civilisations anglaise et française conserveront leur suprématie, parce que les Canadiens-anglais s’y opposeront de toutes leurs forces par patriotisme et les Canadiensfrançais, par loyauté vis-à-vis de l'Angleterre, par fidélité à leur langue qui serait menacée par l'intransigeance des Américains et aussi par attachement à l religion catholique.

Ainsi, pour un long moment, il est évident que cette hypothèse n’est pas réalisable, bien que les Américains annexionnistes la caressent avec complaisance, parce qu’ils tablent sur l’avenir. Ils savent que l'Ouest et le Nord-Ouest canädiens se colonisent très rapidement et que les Américains y prédominent. Ils savent que ces régions ont déjà une physionomie américaine très marquée, ils devinent que la civilisation américaine prévaudra dans quelques années, qu'elle primera les civilisations anglaise et française et que, très aisément, elle contrebalancera, en vertu de la loi du nombre, l'influence de ces deux civilisations das les provinces de l'Est.

La province d'Ontario est anglaise, au contraire, mais seulement d'influence, Les habitants ne sont pas américanisés ; ils n'aiment pas les Anglais et ne fusionneront pas plus avec eux que les Canadiens avec les Français. L'Angleterre est regardée par eux

(4 Le Canaua aite directement avec les autres nations. Ce sont deux ministres canadiens qui sont venus l'an dernier à Paris, négocier un traité de commerce franco-canadien.

comme la France par les Cancdiens-français, L'Ontario est uns viellis province colonisée dès le début par des Anglais, dans laquelle il y a peu d'immigration. Très anglaise elle-même, elle considère les Anglais qui débarquent, comme des intrus.

Dans l'Ouest tout est américain d'influence. Les jeunes filles elles-mêmes copient le genre de leurs voisines, les Américaines. Elles affectent de parler du nez et il est très difficile de suivre leur conversation quand on est étranger et que l’on a simplement l'habitude de l'anglais d'Angleterre.

De Winnipeg à Saint-Paul, Minneapolis (États- Unis), il y a vingt-quatre heures de voyage, tandis que, pour aller à Toronto et à Montréal, il y a deux jours de chemin de fer.

Les villes de l'Alberta et de la Saskatchewan sont encore plus près de la cité américaine.

IV. — Il faut s'attendre raisonnablement qu'un pays de 80.000.000 d'habitants, comme les États- Unis, qui, de plus, est contigu au Canada et où il n'y a plus de terres disponibles, continuera, par l'effet même de l’accroissement naturel de sa population, à émigrer en bien plus grand nombre vers le « dernier Ouest » comme on l'appelle.

Sans le moindre doute, dans cinq années au plus, si la proportion de l'émigration des derniers cinq ans se maintient, les sujets canadiens de provenance étrangère pourront, à leur choix, s'emparer absolument des rênes du gouvernement.

Pendant les six dernières années, il est arrivé, en ellet, 736.000 émigrants, c'est-à-dire assez d'individus pour constituer vingt-neuf nouvelles circonscrip-

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tions électorales, l'unité de représentation étant, d'après la loi, de vingt-cinq mille électeurs nouveaux pour constituer une circonscription. Dans quatre ans, à cette proportion, il y aura assez d'immigrants pour créer soixante nouvelles circonscriptions, cinq seulement de moins que dans la province de Québec qui possède, à l'heure actuelle, soixante-cinq députés. et dans laquelle l'immigration progresse lentement, tout étant réservé pour le grand Ouest.

Que sont ces immigrants? Voici la réponse à cette question. On trouve dans le livre bleu du département de l'Intérieur la liste des arrivages des immigrants au Canada en un mois. Ils sont : Méridionaux d'Afrique, Australiens, Autrichiens du Nord, Bohémiens, Galiciens, Creates, Ruthènes, Hongrois du Nord, Slaves, Belges, Bulgares, Chinois, Hollandais, Français, Allemands du Nord, Alsaciens-Lorrains, Prussiens, Anglais, Gallois, Ecossais, Irlandais, Antillais, Jamaïquains, Grecs, Juifs du Nord, Juifs russes, Allemands, Polonais, Juifs autrichiens, Juifs allemands, Italiens, Japonais, Terre-Neuviens, Irlandais, Portugais, Polonais du Nord, Polonais autrichiens, Polonais allemands, Polonais russes, Perses, Roumains, Russes du Nord, Finlandais, Espagnols, Suisses, Serbes, Danois, Islandais, Suédois, Norvégiens, Tures, Arméniens, Egyptiens, Syriens, Arabes, citoyens des États-Unis, Hindous.

Ces éléments disparates ne constitueront pas une nation bien homogène qui saura se défendre. L’afflux des capitaux américains contribuera peut-être aussi à hâter le moment de l'annexion de l'Ouest aux États- Unis.

Denise venus cutprenséenmemee

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Dans le bas Canada, la majeure partie des grosses industries est dans des mains américaines. Dans l'Ouest et dans le Nord-Ouest, cette influence sera encore plus forte et ce seront surtout les capitaux américains qui développeront le commerce, l'industrie, y compris les ressources minières. Enfin, ne voit-on pas un réseau complet de chemin de fer, entièrement américain, s'étendre sur tout le pays ? Et que l’on ne s’y trompe pas, cette entreprise hardie est et restera américaine.

Les capitaux ! voilà la vraie puissance et l’inéluctable force, celle qui crée le danger américain pour le Canada, celle qui entretient l'espoir des annexionistes.

Les Américains cherchent à exploiter ce grand pays voisin du leur. Ils viennent faire des coupes sombres dans les forêts canadiennes. Les fabriques de pulpe de bois pour faire la pâte à papier sont toutes entre les mains des Américains, il en est de même des chutes d'eau qui sont une source de richesse par la force motrice qu'elles procurent ; les usines électriques se multiplient à côté. Les industries de toutes sortes des États-Unis débordent dans tout le Canada.

En revenant de Chicago à Montréal, j'ai visité, en passant à Détroit, le magnifique Institut biologique de Parke Davies, A côté d’une usine immense de produits pharmaceutiques, se trouve une grande bàtisse avec toutes ses dépendances. C’est un véritable Institut Pasteur, On y fabrique tous les sérums, tous les vaccins, et ces produits se répandent dans le monde entier, Dans les laboratoires somptueusement

norme amer nbttline e

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installés, il y a quinze : vingt travailleurs, savants de toutes les nationalites, dont un Japonais. Ils se livrent à des recherehes pour faire des découvertes ou mettre au point certaises questions de science pratique. Cette ville de Détroit, fondée autrefois par les Français sur les bords du lae Erié, se trouve en face de Windsor qui est bâtie du côté canadien. Pour ne pas avoir de frais de douanes #a entrant au Canada, la maison Parke Davies a use dépendance de l’autre côté de l’eau, en face, à deux kilomètres environ, au Canada. Le directeur se promene d’une maison à l’autre. 1l existe beaucoup d'usines ainsi dédoublées, l’une aux États-Unis, l’autre au Canada.

Géographiquement, d'après la configuration physique du sol, il y a une démarcation très tranchée entre les provinces de l'Ouest, Manitoba, Saskatchewan, Aiberta, et celles de l'Est, Ontario et Québec. Qui sait si un jour l'Ouest ne se séparera pas de l'Est, en suivant son évolution américaine, tandis que l’Est restera anglais ?

L'occasion, elle, naitra rapidement le jour où la population de l'Ouest, auginentant dans des proportions que l’on est en droit de prévoir, les députés de l'Est au parlement fédéral d'Ottawa seront noyés dans une majorité de députés venus de l'Ouest. La situation géographique même d'Ottawa, qui setrouve à côté de Montréal, sera probablement critiquée à ce moment-là, et Winnipeg, la capitale économique de l'Ouest, la ville de toutes les audacès, voudra peutêtre ne pas se trouver si éloignée de la capitale fédérale.

Alors comment se défendront les habitants de

l'Est? Les liens qui unissent les différentes provinces sont si faibles que la séparation ne serait pas, du reste, un gros événement. Mais alors l'Ouest Canadien sera une proie facile pour les États-Unis et l'annexion se fera d’elle-même.

Je viens delire dans le livre de Siegfried : Le Canada, les deux races, son chapitreintitulé : L’Avenir du Canada. Je constate qu'il prévoit pour l'avenir trois solutions : ou bien, dit-il, la situation actuelle se prolongera indéfiniment, le Canada demeurant colonie de l’Angleterre ; ou bien, celien venant à se rompre, il deviendra indépendant ; ouencore, finalement, il sera annexé par les États-Unis. Il discute ces trois hypothèses, mais il en est une à laquelle il n'a pas songé, c'est celle que j’ai indiquée plus haut. Elle consiste à voir le Canada se diviser en deux parties : l'Ouest, américain ; l'Est, anglais.

Il y a là, je crois, une solution que l’on peut entrevoir.

V. — Souvent, on doute de la valeur de l'Ouest Canadien, on se demande comment il se fait que l’on . ait attendu si longtemps pour peupler ces régions.

Pourquoi l'Ouest du Canada n'est-il pas encore colonisé ? pourquoi s'est-il ouvert seulement ces dernières années ?

La France abandonna ses établissements de l'Ouest, fondés par La Verendrye, au pied des Montagnes-Rocheuses. On fit une réputation détestable au Canada. Jusqu'en 1870 les territoires de l'Ouest furent la propriété de la Compagnie de la Baie d'Hudson, dont l'intérêt était d'empêcher la destruction de son commerce de fourrures et qui refusait de

concéder la terre aux colons. Enfin, il y avait l’éloignement et les difficultés de transport. La chaine des grands lacs, l’espace de plus de seize cents kilomètres de terres montagneuses et arides qui s'étendent de la rivière Ottawa au Manitoba constituaient un obstacle sérieux, une barrière, entre la partie colonisée du Canada et le Grand-Ouest. La voie du Sud par Chicago et Saint-Paul était la plus facile, mais les colons trouvaient sur leur route, aux États-Unis, de belles terres gratuites et n’allaient pas plus loin.

VI. — Aujourd’hui les moyens de communication sont changés, les chemins de fer abondent et mettent en rapport la capitale Ottawa avec le reste du pays. Aussi l'Ouest prospère et c’est grâce à cette prospérité que l’on parle de plus en plus du Canada.

Enfin le Canadien a une grande force : il a une admiration sans borne pour son pays et une confiance en soi presque égale à celle des Américains des

États-Unis. Il y a cependant une différence. Elle se.

fait sentir jusque dans la réclame. Un jour, allant des États-Unis au Canada, en chemin de fer, je faisais remarquer à mon voisin, en regardant les affiches qui se trouvent le long de la voie, que les commerçants présentent leur marchandise en mettant toujours qu'ils proposent ce qu’il y a de meilleur au monde: « The best in the vorld ». Tout à coup nous nous aperçumes deux ou trois fois que la formule était changée. Nous venions de traverser la frontière canadienne et nous lisions maintenant sur les réclames : «The best in Canada »,le meilleur au Canada. Cette assurance qui s'affirme et que l'on arrive à faire partager aux

autres est un gage de réussite pour l'avenir. Le Canadien a les idées moins larges que ses voisins des États-Unis ; il ne cherche pas en dehors de son pays, il le trouve assez grand pour occuper toute son activité. Il compte sur l’avenir, il est sûr de soi parce qu’il a une foi inébraniable en sa patrie et en luimème et à cette confiance admirable il doit l'impulsion vigoureuse qui a été donnée au Canada et qui s’affirme chaque jour davantage.

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