SAINT-BONIFACE
Cette ancienne mission de 1818 est aujourd’hui considérée comme étant la mère de toutes les autres missions du Nord-Ouest. Elle est agréablement située sur le côté Est de la Rivière Rouge, vis-à-vis Winnipeg.
Lord Selkirk, gouverneur de la Compagnie de la baie d'Hudson, anxieux de voir sa colonie d’Assiniboine prospérer, rechercha la co-opération des Canadiens-F nçais, et sollicita de P'Evêque catholique de Québec la faveur d'y recevoir la visite de quelques missionnaires déstreux de travailler au bien des âmes et au développement matériel du Nord-Ouest.
Sa prière ayant été exaucé, il vit débarquer à la Pointe Douglas, aujourd’hui Winnipeg, le 18 juillet 1818, deux missionnaires, les RR. MM. J. N. Provencher et Sévère Dumoulin, qui avaient fait le trajet de Montréal au Fort Garry en canot d’écorce, conduit par des sauvages,
Aussitôt après avoir traversé la Rivière Rouge, les missionnaires s’établirent à la pointe St-Boniface, pour y former un établissement permanent, et bientôt après arrivèrent de tous les côtés les métis épars çà et là, ce qui consolida la naissante mission.
En 1824, le Rév. Messire Dumoulin alla visiter la bourgade métisse de Pembina, et les fit se résoudre à abandonner ce lieu pour fonder une paroisse sur la rivière Assiniboine, non loin de St-Boniface, ce qui donna naissance à la paroisse actuelle de St-François-Xavier.
Ce zélé missionnaire, plein d’ardeur pour la propagation de la foi, fut rappelé à Québec, après cinq années passées au Nord-Ouest. Mais avant de laisser la contrée, il avait eu l'agréable plaisir de voir son digne co-opérateur, le missionnaire Provencher, supérieur de la mission, devenir Evêque de St-Boniface, lequel fut consacré au printemps de 1822.
Mgr. Provencher n'avait pas tarilé de s'intéresser à l'instruction des enfants de la colonie, en ouvrant dans son presbytère une classe d'enseignement primaire, malgré ses autres occupations, qui étaient alors nombreuses ct urgentes.
Pour l'éducation des jeunes filles, il fonda dans sa ville épiscopale un Couvent, qui fut occupé par les Religieuses de Ja Charité, de Montréal, communément appelées Sœurs Grises.
Après trente-trois années d’épiscopat passées au Nord-Ouest, ce saint missionnaire mourut le 7 juin 1853, et Mgr. Taché, qui était le co-adjuteur de l’Evêque défunt, monta sur le siège épiscopal de Sit-Boniface, où il est encore pour la gloire de la religion et du pays.
Il y a, maintenant, plusieurs diocèses au Nord-Ouest, qui ont été établis sous l’inspiration de Mgr. Taché.
La province ecclésiastique de St-Boniface comprend aujourd’hui :
L’Archi-diocèse de St-Boniface, occupé par Mgr. l’Archevêque Taché ; le diocèse de St- Albert, ayant pour prélat Mgr. Grandin; les districts d’Athabaska et McKenzie, sous la direction de NN. SS. Evêques Faraud et Clut; la Colombie Britannique, ayant pour prélats Mgr. d'Herbomez, vicaire Apostolique, et Mgr. Durieu, co-adjuteur.
L’apostolat de Mgr. l’Archevêque Taché, depuis trente-deux ans qu’il occupe le Nord. Ouest, a été des plus fructueux, tant pour la civilisation des sauvages que des blancs, Sous sa direction et administration ont surgi des établissements propres à toutes les infortunes : hôpital, asiles, orphelinats, refuges, etc., et l'éducation à pris des développements considérables,
Les colons européens peuvent maintenant jouir au Nord-Ouest de tous les avantages qu’ils laisseront en Europe, en venant s'établir au Canada,
Quant aux développements de la ville de St-Boniface, sous le rapport de la propriété, ils ont été considérables durant ces dernières dix années.
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Pour ce qui concerne l'éducation, on peut dire que toutes les croyances religieuses montrent beaucoup de zèle, Les protestants ont le S/. Yo4n College, pour les garçons, et le Ladies School, pour les filles. Cette importante école des filles cst construite en briques, avec sous-bassement en pierre bouchardée, et mesure 45 pieds sur 54, avec projection sur les quatre faces, style semi-gothique. Au béfroi de la Tour centrale, qui sert aussi d'entrée principale, la vue s'étend au loin sur un panorama délicieux et de grandeur tout à la fois. Des appareils contre l'incendie se trouvent dans chaque étage de l’établisse-nent, et rien ne manque pour donner tout le comfort possible aux élèves.
Les établisiements catholiques n’ont pas moins d'importance. Le Collège St-Boniface, surmonté de sa telle et imposante coupole, sert à l'éducation des garçons, dans toutes les branches, avec £.ussi un cours classique.
L'Académie des filles, dirigée par les Sœurs Grises, sert de pensionnat et d'externat où une centains d’externes vont chaque jour puiser l’instruction convenable à leur sexe.
Au Couvent des Sœurs Grises se trouve un Orphelinat, ouvert aux pauvres petits infortunés laissés sans appuis par la mort des parents.
Un Asile est également ouvert dans l’Institution pour y recevoir les vieilles personnes infirmes,.
A quelques pas de là se trouve l'Hôpital, également dirigé par les Sœurs Grises, ouvert à tous les malades, riches ou pauvres.
Il est évident que le Catholicisme qui a fait le Nord-Ouest ce qu'il est, continue sa mission sous Ja direction du Vénérable Archevêque de St, Boniface, et c'est ce qui est fort admiré par la presse et par les autorités religieuses des autres croyances, =
La population de St-Boniface, en 1881, s'élevait à 191 ménages ou 1,283 habitants, dont 971 métis-français. Aujourd’hui la population doit être d'au moins 2,000 âmes.