‹ Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 55 sur 209 · DERNIERS CONSEILS AUX EMIGRANTS · texte numérisé non relu

DERNIERS CONSEILS AUX EMIGRANTS

1°—L'/Emigrant doit arriver en Canada, autant qu'il se peut, au commencement de l'été, en quittant l'Europe au mois d'avril où mai, A cette époque de l’année, il peut être certain de trouver de l’ouvrage dès son arrivée au Canada, A moins d'avoir un moyen capital ou de pouvoir compter sur des parents déjà fixés dans le pays, il ne faut pas émigrer après le mois d'août. Le temps de la moisson est celui où les gages sont le plus élevés. Mais si l'émigrant veut s'assurer un domicile pour l’hiver—pour le premier hiver surtout, —le meilleur parti qu’il a à prendre est de se mettre en service, Ilest important, toutefois, que ceux qui se destinent à l'agriculture, se dirigent de suite vers les cantons ruraux où ils trouveront l'emploi qui leur convient,

29— La loi autorise les émigrants à rester à bord 48 heures après l’arrivée du navire dans le port, à moins que ce navire n'ait un contrat pour le transport de la malle, ou ne doive poursuivre sa route pour arriver à sa destination, Le capitaine est tenu de déposer les émigrants et leur bagage à un débarcadère convenable de la ville et sans rétribution, entre le lever et le coucher du soleil.

3° A son arrivée à Québec, l'émigrant qui désire avoir des renseignements sur la distance qu’il y a de cette ville à n'importe quel point de la Puissance du Canada, ainsi que sur i*s moyens à prendre pour se rendre à l'endroit où il veut se fixer, sur le coût du voyage et sur ..s localités où il pourra trouver facilement de l'emploi, peut s'adresser en toute confiance au Vureau d’émigration du Canada, établi à Québec.

4° Ilest difficile de dire au juste quel est le capital nécessaire à une famille d’émigrant pour aller s'établir sur une terre en bois debout. Une chose est certaine, cependant, c’est qu’il s'écoulera dix-huit mois, ou pour le moins une année, avant que le nouveau colon puisse jouir de sa premiére récolte ; il lui faut donc une somme suffisante pour faire vivre sa famille jusque là, et acheter les meubles de ménage, les instruments et les outils nécessaires au défrichernent aussi bien qu à la culture. L'opinion commune est qu'il ne serait pas prudent, pour une famille composée de cinq à six membres, de s’aventurer dans la forêt,à moins de pouvoir compter sui une somme de $200, ou au moins sur mille francs. Cependant il n’est pas rarc de voir le: Canadiens s’y rendre avec beaucoup moins, et se tirer d’affaire en peu d’années.

© 5° La cabane du colon est vite bâtie et coûte peu de chose, disons vingt-cinq à trente piastres (120 à 140 fr.) au plus Comme elle sera exposée à l'incendie, lorsque le feu consumera les arbres qui l'entourent de tous côtés, peu importe qu’elle soit élégante ; il suffit qu’elle soit chaude pour l'hiver et étanche pour les temps pluvieux.

6° Le coût du défrichement, lorsqu'on le donne à faire, est d’envirou $10 par acre. Ceïa consiste à abattre les arbres et à les faire brûler jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les souches à extraire plus tard. Alors on peut semer soit à la herse soit à la pioche, soit à la bêche, à travers les souches, en attendant que leurs racines soient assez décomposées pour permettre de les arracher sans trop de difficultés.

7% Un bon cultivateur, qui n’aurait pas les moyens d’acheter une ferme, trouvera assez fréquemment des propriétaires disposés à lui louer une terre, ou à lui en confier la gestion, à titre de métayer. Ainsi, sans avoir couru de risques et sans capital au début, il pourra mettre de côté une somme suffisante pour l'acquisition d’une terre déjà en voie d'exploitation.

8° Loin de nous, cependant, l'idée d’exagérer en quoi que ce soit les moyens d'avenir où les chances de succès que le Canada peut offrir aux émigrants. Les triomphes remarquables remportés successivement par les Canadiens aux expositions internationales à: Londres et de Paris, sont là pour attester ce que cette brochure dit de la richesse de nos produits naturels, de la fertilité de notre sol et de l’importance toujours croissante de notre industrie,

Mais pour tirer parti de toutes ces ressources, il faut se livrer à un travail énergique et persévérant, le succès est à ce prix. En joignant au travail l'intelligence et l’économie, l’émigrant peut être sûr de parvenir en assez peu de temps, à vivre à l’aise parmi nous. |

Ici, comme en Europe, les fortunes brillantes sont le partage du petit nombre ; mais vraiment l’aisance y est beaucoup plus générale et beaucoup plus facile à atteindre.

Si des émigrants, arrivés ici sans autres ressources que leurs bras et leur énergie, ont pu triompher des difficultés sans nombre qui s’offraient sur leur passage, avec quelle confiance ne prometterions-novs pas le succès à ceux qui, à leur arrivée, pourraient disposer d’un certain

capital. Si modique que soit ce capital, nous dirons à celui qui le possède, labour:ur ou artisan, venez l'appliquer au Canada avec discernement, fécondez-le de votre travail, vous en retirerez au quadruple ce qu il vous rapporterait en Europe ; vous vivrez à l’aise et vos enfants vous béniront d’avoir eu le courage de chercher pour eux un sort préférable à celui que vous avez npitté

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