INFORMATIONS GÉNÉRALES POUR LES ÉMIGRANTS
Le Canada, découvert en 1534 par Jacques Cartier, navigateur français de Saint-Malo, est une ancienne colonie française d'Amérique, la Nouvelle France, qui fut cédée à l'Angleterre en 1763. Il comptait alors 60,000 habitants.
Situation. — Le Canada est à peu près de la même étendue que l'Europe et pourrait contenir seize fois la France; il est borné au Nord
ar l'Océan glacial arctique, au Sud par les Etats-Unis, à l'Est par l'Océan Atlantique, à l'Ouest par l'Océan Pacifique; ces deux océans sont reliés par l'Intercolonial et le chemin de fer canadien du Pacifique qui traversent le Canada de l'Est à l'Ouest, d’'Halifax à Vancouver, sur une longueur de 3.752? milles (6.038 kilomètres).
Population. — Le nombre des personnes parlant français est aujourd'hui de près de ? millions; les Canadiens français ont conservé la langue, les mœurs et la religion de leur ancienne mère-patrie; ils forment environ le tiers de la population du Canada, qui dépasse actuelle: ment 5 millions d'habitants.
Gouvernement. — Le Canada comprend sept provinces formées en confédération, sous le nom de Puissance du Canada, avec Ottawa pour capitale. Il est administré par un Parlement composé d'un Sénat et d'une Chambre de députés. D'après la constitution, le français et l’anglais sont les deux langues officielles ; chaque province a son gouvernement particulier.
Les sept provinces du Canada sont : la Nouvelle Écosse, capitale Halifax ; le Nouveau Brunswick, capitale Frédérikton, ville principale Saint-Jean; l'Ile du Prince-Edouard, capitale Charlottetown ; Québec, capitale Québec, ville principale Montréal; Ontario, capitale Toronto: Manitoba, capitale Winnipeg; Golombie Anglaise, capitale Victoria, ville principale Vancouver. On compte aussi 4 districts qui formeront plus tard des provinces ; ce sont : Assiniboia, capitale Régina ; Alberta, capitale Calgary; Saskatchewan, capitale Prince-Albert; Athabaska, capitale Dunvegan. Le Manitoba et ces 4 territoires forment ce qu’on appelle ordinairement le Nord-Ouest du Canada.
Les Libertés civiles et religieuses sont complètes.
Armée. — Il n'y a pas d'armée permanente, pas de service militaire oblivatoire, mais une milice ou garde nationale volontaire; la police suffit au maintien de l’ordre. La sécurité est très grande partout.
L'instruction y est aussi répandue qu'en France ou en Belgique; il y a partout des écoles, des collèges, des pensionnats pour les filles appelés couvents, et plusieurs universités.
Impôts. — Le gouvernement ne met aucun impôt sur les propriétés ; il n’y a de taxes que pour l'entretien des écoles et des municipalités. * Les principaux revenus du gouvernement sont les douanes et les contributions indirectes.
Les voies de communication existent dans toutes les parties du
pays ; les routes, les chemins de fer, qui ont une longueur de plus de 15.000 milles ou 24.139 kilomètres, les canaux pénètrent partout.
Les postes sont très bien organisées; dans chaque municipalité il y a un ou deux bureaux de poste; pour l'Europe, la France et la Belgique, il y a trois ou quatre départs par semaine.
Le -télégraphe existe presque partout dans tous les centres de population et à toutes les stations de chemin de fer.
La Religion. — La liberté des cultes est complète et les églises sont complètement séparées de l'Etat, excepté dans la province de Québec, où la religion catholique possède encore, sur ses fidèles, les mêmes pouvoirs qu'elle avait du temps de la domination française.
Climat. — À cause de son étendue, le Canada possède une grande variété de climats, il fait froid en hiver, mais très chaud en été, le
ays est d'une salubrité incontestable dans toutes ses parties, et la longévité des habitants y est remarquable. Au lieu de pluie, c'est de la neige qui tombe pendant l'hiver qui est plus froid qu'en France, à latitude égale ; l'été est un peu plus chaud. La moyenne de la chaleur en été à Montréal est de 17° 5 ceutigrades et à Paris de 16° 9. La neige qui couvre le sol en hiver, protège les prairies, le blé semé l'automne, et fournit des chemins magnifiques pour l'exploitation des forêts. Elle tombe généralement vers la fin de novembre et elle disparaît au commercement d'avril. Au bout de quelques années, on vient à préférer le froid vif et sec et la neige du Canada aux brumes, à la pluie et à la boue qui distinguent les hivers d'Europe. Les labours se font l'automne et le printemps. La rapidité dé la végétation est surprenante et on ne peut s’en faire une idée en Europe; ainsi les blés semés dans les mois d'avril ou de mai sont toujours mûrs en août, et les foins se font en juin et juillet.
Produits de l’agriculture. — Le Canada produit la plupart des fruits d'Europe, raisins, pommes, poires, cerises, prunes, groseilles, etc., tous les grains, blé, orge, avoine, maïs, y poussent en abondance; le foin, le tabac dont la culture est libre, les pommes de terre, les légumes fournissent d’abondantes récoltes et leur culture donne de bons profits.
Récoltes.— Les récoltes de grains varient suivant l’état de fertilité du sol ; l’agriculture, surtout dans la Province de Québec, n’est pas partout très avancée ; on emploie trop peu d'engrais et on épuise souvent lesterres par de trop fréquentes récoltes de grains, mais malgré cela la moyenne des récoltes est, en Canada, aussi élevée qu’en France et le produit des terres noûvellement défrichées est parfois extraordinaire, surtout au Manitoba et dans les territoires de l'Ouest où le gouvernement donne gratuitement 64 hectares de bonne terre à tout homme âgéde plus de 18 ans.
Valeur du bétail, renseignements divers. -— Les chevaux valent de 400 à 500 fr., les vaches 125 à 150 fr. chaque, les bœufs de travail par paire de 850 à 500 fr., les moutons et les porcs de 15 à 50 fr. suivant la race et la grosseur. Les prix des outils, des meubles, des instruments d'agriculture et des machines sont moins élevés qu’en France; il ne sert à rien d'en emporter avec soi. Le pain vaut à Montréal de 10 à 15 centimes la livre, le bœuf de 30 à 60 centimes, le mouton de 50 à 60 centimes, le lard salé de 40 à 50 centimes, le beurre de 70 à 90 centimes, le café de 1 fr. 25 à 2 fr., le sucre de 20 à 30 centimes par livre, le sel de 3 fr, à 5 fr. les 200 livres, les pommes de terre, de 4 à 6 fr. l'hectolitre, le pétrole O fr. % le litre, la' farine 18 à 25 francs par 88 kilogs (200 livres), et le reste en proportion; ces prix sont un peu plus élevés dans les centres éloignés. Les draps ordinaires, indiennes, flanelles, cotons, habits et chaussures sont au même prix qu’en France; les draps
AU PAG Er A EL NES TO PT EE PAST
do hunt bunbmt
ES
© À ©, pe C0 C2
+5 pen 4
nn fins, les toiles et les marchandises de luxe sont plus chers en Canada.
Les Instruments d'agriculture. Leur valeur. — Le Canada se sert des instruments d'agriculture les plus perfectionnés ; ils sont tous fabriqués dans le pays, sont bien faits, très solides et se vendent à meilleur marché qu'en Europe. Ainsi les charrues en fer et acier valent, suivant les localités, de 75 à 150 fr., les semoirs à cheval de 300 à 500 fr., les râteaux à cheval de 125 à 150 fr., les faucheuses de 300 à 400 fr., les moissonneuses-lieuses de 600 à 800 fr., les charrettes à 2 roues de 80 à 100 fr., et les chariots à 4 roues (wagons) de 300 à 400 fr.
Le Commerce et l'Industrie, depuis quelques années, se sont développés considérablement, mais nous ne conseillons pas aux étrangers de s’y livrer avant d’avoir passé un ou deux ans en Canada et de connaître le pays. Les chutes d'eau sont nombreuses, principalement dans la province de Québec, les facilités d'établissement très grandes, mais il y a quelques changements, 'avec l'Europe, dans les procédés et les usages qu'il est bon de connaître si l’on veut réussir.
Ouvriers. — Il n’est pas besoin en Canada d'ouvriers de manufactures ; les ouvriers de métiers comme menuisiers, maçons, tailleurs de pierre, sont plus en demande, mais ceux du pays suffisent généralement et les salaires ne sont guère plus élevés qu’à Paris; nous n’engageons donc ces ouvriers à venir en Canada que s'ils ont quelque argent pour s'établir sur une petite ferme qu'ils cultivéraient tout en exerçant leur métier, ou bien une place assurée d'avance. Il n'y a d'avenir certain que pour les cultivateurs. Les garçons’ de ferme sont placés, dès leur arrivée, à au moins 600 francs par année, nourris et logés; ceux qui ne s'engagent que pour la saison d'été, d'avril à novembre, reçoivent, il est vrai, de 60 à 90 francs par mois avec nourriture, mais ils risquent de ne pas avoir d'ouvrage d'hiver. 11 y a très peu d'ouvrage dans les villes, les jourualiers y gagnent de 5 à 6 franc$ par jour, et encore seulement pendant l'été. Les servantes st les cuisinières sont très recherchées, les premières depuis 20 jusqu’à 40 francs par mois, les secondes depuis 30 jusqu’à 50 francs, tout en aidant au ménage.
Les Capitalistes trouveront à placer avantageusement leurs çapitaux en Canada en toute sécurité; le taux de l'intérêt sur hypothèque varie de 6 à 8 pour 100; les caisses d'épargne donneñt de 3 à 4 pour 100 aux déposants. Les grands propriétaires qui voudraient établir plusieurs fermes en Canada feront bien d'amener avec eux leurs fermiers ou métayers; les facilités pour être propriétaires en Canada sont si grandes qu'on y trouve difficilement des fermiers ou métayers. Cet emploi des capitaux est très rémunérateur et sans aucuns risques.
La naturalisation canadienne s'obtient après trois ans de séjour. Les étrangers jouissent de tous les droits des habitants du pays, maïs ils ne peuvent voter qu’au bout de trois ans.
La pêche et la chasse sont libres, le poisson et Le gibier abondent, I n’y à ni serpents, ni bêtes féroces, ni animaux dangereux.
Poids et mesures. — La livre en Canada vaut 454 grammes, l’acre 40 ares, l'hectare ? 1/2 acres, le gallon 4 litres 1/2,le minot 8 gallons ou 36 litres, un mille vaut.1609 mètres sou 1760 verges; la verge vaut 3 pieds, le pied 0,301/2. L'arpent de Québec a une superficie de 34 ares. Le bois de chauffage est presque pour rien dans les campagnes près des forêts, la peine seulement de le couper, mais il se vend dans les villes depuis 15 jusqu’à 30 francs la corde, suivant la qualité. La corde a 8 pieds de long, 4 de haut et 4 de large, ou 31/2 mètres cubes ; quelquefois la largeur n'est que de 3 pieds.
AN te
Monnaie de Canada. — Les émigran:s font mieux, avant de partir d'Europe, de changer leur argent contre des traites ou lettres de crédit, délivrées en France et en Belgique et payables en Canada, ou de prendre des mandats sur la poste délivrés par les bureaux français, belges et suisses, payables à Montréal ou Winnipeg, mais ça coûte un peu plus cher que les traites. L'unité de monnaie en Canada est la piastre ou dollar qui peut être considérée comme pièce de 5 francs, mais dont la valeur réelle est d'environ 5 fr. 25; la piastre est divisée en cent parties appelées cents, centins ou sous. Le signe & placé devant des chiffres signifie piastre. Un franc vaut ordinairement 19 cents ou Sous du Canada; 100 francs doivent donc faire au moins 19 piastres ($ 19), 500 francs 95 piastres, ete... Les émigrants peuvent aussi apporter des pièces d’or francaises ou anglaises ; elles n'ont pas cours en Canada, mais la pièce de 20 francs y à une valeur de $ 3,75 à 3,80, et les livres sterling, achetées en France à raison de 4 pour 101 francs, valent en Canada au moins $ 4,85 chaque Les États-Unis et le Canada ont les mêmes monnaies d’or.
Temps pour émigrer. — Le meilleur moment pour venir en Canada est du mois de mai au mois d'octobre; cependant ceux qui désirent cultiver de suite leurs terres feront bien de venir vers la fin de mars ou au commencement d'avril, pour avoir le temps de faire leur choix.
Voyage.— Il n’est pas besoin de passeport, des papiers pour constater l'identité suffisent. Le voyage de France ou Belgique prendde10 à 1?jours.
Bagages. — N’apporter avec soi que ses habits, le linge de la famille, des lits de plume ou des matelas de laine et des couvertures. Ne pas s’'embarrasser de meubles ou d'outils pesants que l’on peut acheter en Canada à très bon marché. L'excédent de bagages coûte cher.
f” Les prix de passage de France et de Belgique: pour venir en Canada varient, suivant les ports d'embarquement et le tarif des Compagnies, de 425 à 175 francs jusqu'à Montréal et de 170 à 260.francs pour le Manitoba, la Saskatchewan et l'Alberta, suivant l'éloignement plus ou moins considérable des stations où l'on veut descendre.
7 BRITISH ABAN CE Quisec. — Où l'on débarque en Canada.
En arrivant en Canada, à Québec, les émigrants trouveront au Bu-
a Bu-
ns TE oi
reau officiel du Gouvernement, sur ies quais mêmes du débarquement, des renseignements très détaillés sur les lots gratuits, la “Eu des terres, les meiileurs endroits pour s'établir, ainsi que des recommandations pour les personnes à qui s'adresser.
Les personnes qui désirent avoir des renseignements encore plus déjee n'ont qu'à demander les brochures, cartes et circulaires sur le anada.