‹ Cancer Épithélial Chez Les JeunesChapitre 6 sur 31 · LT · texte numérisé non relu

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roue forme et de volume variables, trame très serrée, très dense, d'autant plus dense que l’on se rap5roche du muscle utérin.

Au fur et à mesure de son développement, la tumeur tend à se propager ; mais cette propagation se fait rarement vers le col et les annexes. On note plutôt des fusées vers le ligament large, ce qui acquiert de Fimportance pour le diagnostic opératoire. On a relaté aussi l'envahissement des organes abdomino-pelviens, de la vessie, de l’uretère, du rectum et surtout du péritoine. De même il convient de signaler les noyaux à distance, dans le foie, la rate, les plèvres et le poumon, comme en témoigne l'observation de Mlle Plumke dont nous avons déjà parlé. Enfin le vagin peut être aussi atteint secondairement ; nous en avons un exemple dans l'observation V.

Au col, rien de saillant à noter. Le néoplasme y garde évidermment ses formes anatomiques classiques, avec tantôt une apparence papillaire et fongueuse, comme une sorte de champignon, tantôt comme une nodôsilé circonscrite ou infiltrée, tantôt enfin il évolue sous la forme cavitaire que l’on connait bien. De plus, au point de vue microscopique, le cancer du col, dans la grande généralité des cas, est un épithélioma atypique, un carcinome, où un épithélioma simple, typique, qu'il soit pavimemeux, lubulé ou lobulé, ou qu'il soit cylindrique.

Nous disions tout à l'heure que le cancer du corps se propageait rarement au col C'est, en effet, l'inverse qui a lieu, propagation du col au corps. L'extension en outre se fait le plus souvent dans plusieurs directions, vers le vagin, le tissu cellulaire pelvien, les ligaments larges, les uretères, en avant surtout vers la vessie elen arrière vers le rectum.

Sur le gros inteslin, le rectum mis à part pour le moment, c'est toujours un épithéloma cylindrique qui prend naissance, puisqu'il s'y développe aux dépens du revêtement épithélial et

Snio UE surtout des glandes de Lieberkühn. Les deux formes classiques peuvent se rencontrer

1° L'épithélioma cylindrique typique ou adéno-carcinome.

2° L'épithélioma atypique ou carcinome.

L'épithélioma typique dont on à un bel exemple dans la thèse de Louart se caractérise par « l'apparition au milieu du issu conjoncüf de tubes pseudoglandulaires, possédant une lumière centrale et bordés d'épithélium cylindrique. Ces tubes s'enfoncent peu à peu, et (caractère qui les sépare des adénomes) dépassent la muscularis mucosæ. De plus, il y a souvent, en certains points, plusieurs assises de cellules, ou du moins une assise à plusieurs noyaux. Ces noyaux, à un fort grossissement, apparaissent inégaux el très colorables ». Quant à la deuxième forme, au carcinome, elle est moins fréquente. Ici, plus de tubes pseudo-glandulaires, mais « des cylindres pleins, des masses inégales déformées par pression réciproque, remplissant des alvéoles, limitées par du tissu conjoncüf. L'absence de lumière dans les cordons cellulaires et l'aspect alvéolaire caractérisent le carcinome ». Le tissu conjonctif prolifère lui aussi, et, suivant qu'il prédomine ou que ce soit l'élément épithélial qui l'emporte, on a le squirrhe qui évolue beaucouÿ plus lentement, ou le cancer encéphaloïde qui peut s’accroître très vite. Parfois aussi les cellules « subissent une dégénérescence spéciale et se transforment en une substance gélatineuse ou colloïde : cancer colloïde ».

Quant à l'aspect macroscopique du néoplasme, il est des plus variables ; c'est tantôt une petite tumeur qui se développe sur la paroi intestinale et en un seul point, tantôt au contraire une tumeur annulaire qui aboutit à un rétrécissement progressif et aux phénomènes d'occlusion aiguë.

Pour ce qui est maintenant du rectum, les lésions rencontrées chez les jeunes, il faut encore le reconnaître, ne se dif-

férencient pas beaucoup de celles observées chez les sujets plus âgés. La tumeur est de volume variable, ayant une tendance au fur et à mesure de son développement, à envelopper circulairement l'intestin, prenant alors la forme d’un croissant dont la concavité se trouve dirigée en avant ou en arrière, suivant le siège du noyau primitif. Dans nos observations, nous voyons qu'il s'agit presque toujours d’une tumeur située au-dessus de l'anus, à une hauteur väriable, à 3, 4, 5 centimètres et même au delà, tumeur de consistance variable, parfois dure, parfois mollasse, friable, adhérant au rectum, et à limites supérieures difficiles à préciser, le doigt explorateur ne pouvant pas toujours les atteindre. Parfois c'est à une ulcération qu'on a affaire : eile est ovale, à base indurée, à centre exçavé, el à grand diamètre variable suivant les cas. Parfois enfin on peut voir le néoplasme évoluer au niveau d’un rétrécissement congénital du rectum. Un exemple typique nous en est fourni par la très intéressante observation que nous à communiquée M. le professeur Forgue (obs. XVIIT). Je crois pouvoir affirmer, dit notre maître, que cette localisalion carcinomateuse évolue au niveau d’un rétrécissemeni congénital du rectum. En effet, le doigt trouve, au haut de l’ampoule, un véritable diaphragme circulaire ; et ce n’est pas le contour inférieur d'une virole néoplasique, comme on en rencontre. C’est une véritable bride annulaire que le doigt, ayant franchile diaphragme, peut accrocher au retour, et qu'il apprécie, en quelques points où la disposition primitive parail conservée, comme une valve annulaire, charnue, encore souple par places (en avant surtout) et au contraire infiltrée en arrière, d'une épaisseur de quelques millimètres aux points les moins transformés ».

Au point de vue histologique, nous nous trouvons en pre

sence de deux variétés

1° L'épithélioma cylindrique : 4) typique ; b) alypique :: À ÿ

2° L'épithélioma pavimenteux.

La première variété semble être la plus fréquente. C'est là du moins ce qui ressort de l'étude de nos observations. Quant à la deuxième variété, nous n'en avons qu'un exemple dans l'observation empruntée à Guinard (obs. XIX), où l'examen histologique a montré qu'il s'agissait d’un épithéliome d’origine cutanée, à globes épidermiques et à boyaux pullulant, avec des cellules d’une activité remarquable.

Ajoutons, en dernière analyse, que l'extension se fait ici, comme dans tout épithélioma, soit de proche en proche, par infection locale, soit à distance, par infection lymphatique ou généralisation.

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