‹ Cancer Latent Des ColonsChapitre 5 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

De la riche sémiologie qu'offre le cancer des côlons s'est dégagé ces dernières années un certain nombre de formes cliniques, de types principaux plus fréquemment observés. Le cancer du gros intestin comme celui de l'estomac offre une variété très grande de symptômes empruntés aux troubles apportés dans son fonctionnement ou consécutifs aux désordres anatomiques qu'il provoque. Ces symptômes ne se présentent pas au complet dans tous les cas et de nombreux auteurs se sont attachés à décrire les Lableaux cliniques que l’on observe le plus fréquemment. Chaque classification nouvelle dégageait un ou plusieurs types de plus et on arrivait ainsi à décrire 7 ou 8 formes cliniques du cancer des côlons. Parmi elles peu de place est réservée en général aux cancers latents de l'intestin, et de Bovis, dans sa statistique de Ja Æevue de chirurgie, en 1900, leur attribue une proportion de 2,9 p. 100. C’est dire que ces formes sont rares mais elles ne doivent pas être négligées parce

qu'elles mettent le diagnostic aux prises avec les plus grandes difficultés.

Et d’abord, qu’entendons-nous par cancers latents de l'intestin ? La latence de ces affections n’est pas absolue, un néoplasme qui ne se manifeste par aucune modification physique ou fonctionnelle de lorganisme n'existe pas où du moins la question de son diagnostic ne se pose pas en clinique. Les cancers latents se manifestent par des symptômes, mais des symptômes ne lraduisant en aucune façon leur localisation. Il semble, en effet, qu'un néoplasme se développant dans la paroi peu épaisse d’un organe creux comme l'intestin, doive reten- Ur très vile sur sa fonction ou se manifester par des signes d'atteinte structurale dont les plus fréquents sont la sténose et l’hémorragie. Il n’en est rien et il existe des cas, qu'il convient de bien connaître, où la tumeur prend des proportions considérables, envahit une partie de l’abdomen et où l'intégrité de l'organe est absolue. On pense combien en clinique, en présence d’une grosse tumeur abdominale, le diagnostic peut hésiter, car on conçoit difficilement un cancer de lintestin si volumineux respectant la lumière intestinale autour de laquelle il se développe.

Donc nous entendons par éancers latents, des côlons principalement, ceux qui évoluent sans symptômes intestinaux.

Ces cas existent et il importe de les bien connaitre. Nous avons eu l’occasion d'observer, au cours de notre stage dans le service de M. le professeur Forgue, deux cas de ce genre de cancers latents des côlons, et nous devons à lobligeance de notre Maître de pouvoir publier ici ces deux observations inédites.

Dans l’une, la tumeur abdominale était de volume

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