À TOUS MES AMIS
À MoN PRÉSIDENT DE THÈSE
MoxsiEur LE PROFESSEUR VORON Professeur de Clinique obstétricale à la Faculté de Médecine de Lyon Accoucheur honoraire des Hôpitaux
Il nous a toujours accueilli avec extrême bienveillance. Nous le prions d'accepter l’hommage de notre respectueuse gratitude pour le grand honneur qu'il nous fait en acceptant la présidence de notre thèse.
A MONSIEUR LE PROFESSEUR AGRÉGÉ RHENTER Accoucheur des Hôpitaux
Il nous a inspiré le sujet de cette thèse et très obligeamment guidé de ses conseils éclairés au cours de son élaboration.
Qu'il veuille bien trouver ici l’expression de notre reconnaissance et nos très vifs remerciements.
A MEssIEURS LES PROFESSEURS AGRÉGÉS
ÉPARVIER Er TRILLAT
Ils nous ont facilité notre travail.
Nous sommes heureux de leur adresser ici nos remerciements respectueux.
À MEs JUGcEs
À Tous MES MAITRES
https///archive.org/details/1A41545324 0065
Introduction
Le cancer frappe le plus souvent les personnes âgées : c'est dire que la coïncidence du cancer avec la gestation n’est pas d'observation courante.
Les auteurs qui se sont occupés de cette question, en Amérique et en Allemagne, ont trouvé des pour- centages minima variant de 0,04 0/00 (Statistique de De Lee, école américaine) à 0,67 0/00 (Statistique de Stratz, école allemande).
Personnellement, nous avons dépouillé les archives des Maternités lyonnaises pendant les dix dernières années écoulées ; sur 11.186 observations d’une pari (Service du Professeur Commandeur, puis du Professeur Voron), 4.200 (Service du Professeur agrégé Rhenter, années 1927, 28, 29 et 30) et 19.194 observations, d’autre part (Service du Professeur Voron, puis du Professeur agrégé Trillat), nous avons noté 6, 2 et 6 cancers coïncidant avec la grossesse, soit 0,53 0/00, 0,47 0/00 et 0,31 0/00, soit 0,44 0/00 en moyenne (!).
(1) Dans l’importante Maternité de l’Hôtel-Dieu qu'il dirige depuis 1925, M. le Docteur Gonnet nous a dit n’en avoir retenu qu’une observation.
De même, M. Trillat n’en avoir retenu aucune à la Maternité de la Croix-Rousse avant 1927.
ARE di ee
Le pourcentage des cancers « extra-génitaux » coïncidant avec la grossesse est naturellement encore inférieur. ÿ
slais, pour rare que soit la coïncidence d’un cancer extra-génital et d’une gestation, l'étude de cette éventualité n’en paraît pas moins intéressante; d’une part le cancer peut apporter des modifications à l’évolution de la grossesse et aux possibilités vitales du fœtus ; la gestation peut, d'autre part, influencer la marche de la maladie. |
Cette étude des cancers coïncidant avec la gestation n'est pas nouvelle, et nombreux sont les auteurs qui ont signalé cette coïncidence.
Nous retiendrons simplement que c’est vers 1851 que Hébert, de Paris, traite la question des cancers pendant la grossesse; après lui, Bourgeois, en 1861, fait une étude approfondie de l'influence des cancers sur le produit de conception et apporte une statistique de 11 cas de gestantes cancéreuses.
Depuis cette époque, l'attention des gynécologues et accoucheurs est restée orientée sur ce point de la pathologie obstétricale, qui, bien que beaucoup moins obscure que jadis, n’est cependant pas encore résolue d’une façon absolue.
Nous nous sommes proposé, dans cette modeste étude, d'envisager, en général, ce que peu devenir un cancer extra-génital pendant la grossesse : est-il ou n'est-il pas influencé — et comment ? —— et inversement ce qui peut advenir à une gestation lorsque celle-ci se complique de l'existence d’une tumeur maligne en évolution.
Si nous avons systématiquement passé sous silence des cancers relativement fréquents parmi les cancers compliqués de grossesse (cancers de la vulve, des ovaires et surtout de l'utérus), c’est que ces cancers, génitaux, de par leur siège impliquent des conséquences bien particulières ; elles ont fait l’objet de travaux multiples et précis sur lesquels il ne paraît pas y avoir, actuellement, beaucoup à revenir.
Nous nous proposons de résumer d’abord les idées générales ordinairement admises sur les rapports réciproques des cancers extra-génitaux et de la grossesse.
Dans un deuxième chapitre nous envisagerons certains cancers en particulier.
Puis nous exposerons quelques observations, dont certaines inédites, de femmes cancéreuses, en état de gestation, toutes admises et traitées dans les différents services de maternité, de gynécologie et de chirurgie générale de Lyon, au cours de ces dix dernières années ; nous avons pu les recueillir grâce à l’obligeance de MM. les Professeurs Tixier, Bérard, Villard, Voron, Cotte, Trillat, Eparvier, Gonnet et Molin, auxquels nous tenons à adresser ici nos très respectueux remerciments.
Nous terminerons par l'exposé sommaire des directives thérapeutiques modernes proposées en pareille occurrence, qui doivent poursuivre le double but de lutte contre le cancer et favoriser l’évolution de la grossesse.