LANGUEUR D'EXIL
Je vis sans vivre en moi et j*espère d*un désir si ardent que je meurs de ne mourir pas.
Déjà je ne vis plus en moi-même, et puisque je ne puis vivre sans Dieu, Si ma vie s'écoule et sans lui et sans moi, que sera cette vie là ?
plus mauvaise que mille morts ? Car j'attends celui qui est ma propre vie et je meurs de ne mourir pas.
Quand un poisson est retiré de ses eaux, il a encore une ultime espérance :
c'est de trouver celle contre laquelle il se débat la mort, enfin !
Mais quelle agonie pourrait ressembler à mon existence pitoyable car plus je vis, plus je me meurs.
Si mon cœur se soulève, ô Maître, dans r espoir de te contempler, la pensée que je puis te perdre
fait redoubler mes maux En vivant dans des affres tels.
En souhaitant ce que j'espère, je me meurs de ne mourir pas !