SCÈNE VI
CANDINOT, SIMON, MATHIEU, PIGAUT, BENARD, deux autres Conseillers.
Allons donc, mes amis! encore une fois... du calme... du sang-froid... vous surtout, Simon ,
qa
vous devez donner l'exemple... le moment est un peu... je ne dis pas... et si en effet le sire de Craon... l'aine damnée du duc d'Anjou, n'est plus qu'à trois lieues de Rouen avec...
SIMON
Vingt mille hommes...
MATHIEU
Quarante mille...
PIGAUT.
Au moins!
Cent mille. ..deux cent mille... bah .'pendant qu'on y est, il n'en coûte pas plus ; au reste qu'ils viennent , nous les recevrons...
C'est mon avis... recevons-les avec tous les égards...
Oui... les égards et tous les bons coups d'arquebuses, de serpentines et de couleuvrines que nous leur en ver... (se reprenant.) que nous leur ferons envoyer s'ils cherchent à entrer chez nous par force et violence... mais enfin... nous allons aviser... veuillez vous asseoir.
SIMON
Ah ! ce n'est pas la peine...
Asseyez-vous toujours... et encore une fois ne craignez rien... la ville est gardée par six mille hommes bien déterminés... sans compter la milice bourgeoise... nos murs sont hauts ^ .^«pais et pas moins solides qu'il y a quarante ans, lorsque les Anglais furent forcés de lever le siège de Rouen.
TOUS
C'est vrai.
. Que chacun fasse son devoir et nous pour- rons dormir tranquilles... ^'ailleurs je viens d'écrire au duc d'Anjou , et s'il refuse tout accommodement... le roi sera majeur dans un mois.
( Mouvement des conseillers.)
SIMON
Un mois il nous faudra vivre ainsi un
mois !...
Un mois, ou cinq semaines tout au plus; si ça va à six semaines c'est tout... ainsi faisons bonne contenance, secondez-moi et tout ira bien.