ACTE iï, SCÈNE XIII
LE DUC, riant.
Il a raison. (A Ciaon.) Messire, tout ce qu'on a fait ici l'a été par mon ordre.
Il suffit, monseigneur.
Et moi qui me suis permis tant de pavantes...
le nue .
Je ne me souviens que de votre courage et de votre loyauté. (A Marie.) Et vous, ma chère enfant, annoncez donc à maître Josserand qu'il est nommé orfèvre du duc de Bourgogne.
MARIE et PIERRE.
Ah! monseigneur!
LE DUC
Et j'espère que dame Candinot voudra bien maintenant...
BERTHELINE.
De votre main, monseigneur...
LE DUC
De la mienne... non, mais de celle de maître Aubriot, l'ami de votre mari ,à qui je dois bien ce dédommagement pour sa royauté perdue.
Ah ! monseigneur, la France a bien assez de maîtres sans moi.
LE DDC.
Vous savez le proverbe : « Abondance de bien... »
« Ne nuit pas.... » non, mais de régents
oh ! pardon !
LE DUC
Voyez-vous... il y a encore du séditieux làdessous.
Non, non, monseigneur!... Monseigneur....
Aubriot, qui tout-à-1'heure n'était que mon secrétaire... le voilà... (Il fait le geste de monter en
dignité.) tandis que moi... ( Geste contraire.) Enfin, c'est égal! avec tout ça, j'en suis pour ma voiture de cidre, mes magasins enfoncés, une bonne courbature, la pratique des Bénédictins perdue... voilà ce que j'ai gagné pendant mon règne... on ne dira pas que je pars les mains pleines... (A Nivelle.) Tu vois ce qui résulte de tout ça , Nivelle... si jamais on t'offre une couronne...
NIVELLE, furieux.
Oui... qu'ils y viennent!...
LE DUC
Vous, mes amis, réjouissez-vous d'avoir pour concitoyen un aussi digne homme que celui que vous aviez nommé votre roi.
TOUS
Vive Candinot !
Chut !... ne leur dites pas ça, monseigneur... ils seraient capables de recommencer... (A ses voisins qui veulent le mettre dans un fauteuil pour le porter en triomphe.) Non, non... merci, mes amis... à pied... avec ma femme...
SIMON
Amis, reconduisons-le tous à sa boutique.
CANDINOT, à sa femme.
Hein!... toi qui voulais un cortège... en
voilà un, j'espère.... toute la ville!... Allons,
retournons à la boutique.
(Au public.) AiRi du vaudeville des Vieux Péchés.
Ainsi, messieurs, fuit la gloire du monde , L'étoile file et bientôt disparaît Pour s'abîmer dans cette nuit profonde Où sa clarté, tout-à-1'heure brillait.
Moi , j'étais roi , je redeviens sujet. Trop lourd, hélas ! pour que ma main l'étreigne, Avec plaisir mon sceptre je le rends , Heureux , ce soir, si l'on dit que mon règne N'a point ici fait trop de mécontents.
( L'orchestre jeue l'air du final du premier acte. — Le rideau tombe.)
FIN DE CANDINOT.
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