‹ Cantiques de Marseilles accommodés à des airs vulgaires [microforme]Chapitre 35 sur 88 · SES FRERES · texte numérisé non relu

SES FRERES

Voici celui qui nous fâche Sans relâche :

Mais il faut le terrasser, Punissons ses rêveries, Ses folies, En feignant de l’embrasser,

RusBEN.

Oseriez-vous vous défaire, D'untel +,

Sans épargne” v . chair? , Je n’y saurois condescendre, Ni me rendre :

Cet innocent m’est trop cher.

SES FRE£EESs.

Nous trouverons pour couverte De sa perte, Ou les Tigres, ou les Orrs, I] nous a voulu prédire Son Empire ; Il faut terminer ses jours.

RuBEN.

Cette Citerne profonde Nous seconde Pour le conserver vivant.

Donnons-lui cette demeure, Sans qu’il meure ; Aucun n’en aura levent,

Jupas.

Son sang crieroit vengeance, Sans clémence, Contre nos cœurs fraternels.

Il sera mieux de le vendre.

Pour nous-rendre Devant Dieu moins criminels.

SEs FaeRres.

ven points Ismaëlite, Egy ypte, Avec pet e et ta poix ?

N ous a vendrons cet Esclave Jeune et ha

Qu'on a trouvé dans ce bois.

L'IsMAELITE.

J'ai vuidé presque ma bourse, Dans ma course, Je n’aique bien peu d’argent, Voyez si nous pourrions faire 6 Cette affaire, Pour vingt derniers seulement.

Ses FRERES.

Cette somme suffisante, Nous contente :.

Prends cet Esclave et t’enfuis, Tu peux aller le revendre, Et t’attendre De gagner beaucoup sur lui.

RusEN.

Ah! Citerne déloyale Et fatale, Qu'as-tu fait du pauvre Enfant ?

Je ne vois plus n1 sa face, Ni sa trace ; De regret mon cœur se fend,

Que deviendra notre Père, Debonnaire ?

Que pensera-t-il de nous ?

Il croira qu’en ce bocage, Notre rage A livré Joseph aux Loups

SEs FRERES.

Que nous sert-il detant craîndre ?

‘ IL faut teindre Sa robe au sang d’un chevreau ; Et puis nous ferons en sorte Qu'on la porte A Jacob ce vieux Gemeau.

REFLEXxION.

Tu'‘vois, pécheur, que l'envie Futsuivie Du plus noir des attentats,

Abhore donc et déteste Cette peste, Qui trouble tous les Etats.

Ne trouve plus ton supplice, Par ce vice, Dans le bonheur du prochain.

Change soudain ta tristesse En liesse, Lorsque tu verras son gain.

Laisse réussir ton frère, Sans rien faire, Contre sa prospérité, Demande À Dieu qu’il enflamme

Dans ton âme Le feu dela charité.

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