SES FRERES
Charges femme, enfans, ménage, t bagage, Sur les plus légers chevaux.
Allons trouver notre Frère..
Mon cher Père, Allons finir nos travaux,
JOsEPH..
Roi du Ciel en qui j'espère, J'ai mon Père, Je ne souhaite plus rien.
Embrassez-moi, Père aimable, Vénérable ; Dieu m'a fait votre soûtien.
Son PERE.
CherJoseph, je vois ta face, Je t'embrasse, Je me sens tout attendri :
J'ai ce que mon cœur désire, Que j’expire ; Je suis content de mourir.
CANTIQUES RerLExION:
Aimer autant que toi-même, Un qui t’aime,
. Ce n’est qu’un simple retour ; Mais lors qu’on te désoblige, Qu'on t’aflige,
Montre un véritable amour. -
Ouvre tes yeux et contemple Cet exemple, De Joseph persécüté, Il fait ce que tu dois faire, Pour ton frere, Lorsqu'il t’aura maltraité.
Faut-il que ton cœur marchande à Dieu commande Le pardon des ennemis.
C’est par-là que tu t’acquittes, Et mérites Les biens qui te sont promis,
‘A L'HONNEUR DE SAINTE MARGUE RITE, VIERGE ET MARTYRE, Sun l’Arr—Je suis un Prince bienheureux, &t.
OLiBRiIus.
Rare beauté, perle sans prix, Incomparable Marguerite,
Ne traite pas avec mépris
Cet esclave de ton mérite :
Prends pour époux ton Gouverneur, De qui dépend ton vrai bonheur.
SAINTE MARGUBRITE.
Mon vrai bonheur dépend de Dieu, À qui je me suis ET eh 2 ;
Dités-moi promptement adieu,
Je ne veux point être louée:
J'ai plus à cœur de vivre aux champs, Que dans la cour parmi les grands,
OziBrius..
Je te conjure d’accepter, Le parti que je te présente, Et je te rai respecter En qualité-de Geuvernante.
TujouRras de mes trésors, Et de tousles plaisirs-du corps.
LA SAINTE
Donnez à quelque autre qu’à moi, .
L'or et l'argent de tous vos coffres, Je ne saurois trahir ma foi, En acceptant vos belles offres. Tous vos discours sont superflus; Allez, Seigneur, n’y pensez plus.
Oz1iBRiIUs.
Je suis épris de ta beauté, Beau chef-d'œuvre de la nature; :
Ne méprise pas ma bonté, Ménage ta bonne aventure.
Pourvû que ton cœur soit à mot, Le mien ne vivra que pour toi.
La SAINTE.
Mon cœur est tout à Jésus-Christ, Je ne brûle que D sa flamme,
Lui seul occupe mon esprit,
Lui seul est l'objet dé mon ame,
Pour lui seul je veux tout souffrir, Qu'e Et pour lui seul je veux mourir, Les me
OziBnrius. Qu'on |
Mon cœur ne peut se rebuter, 2 . ù Encore que le tien le rebute. N'es Parle, rends-toi sans disputer, re A vant que je te persécute :
Si tu ne m'’aines à ton tour, Ma haine suivra mon amour. Olib Tu n'a:
Que je Je n’apprehende aucun tourment, Ni que Mon Epoux m'aidant de ses graces, Fais to Ne feins plus d’être mon amant; Malgré Je me mocque de tes menaces, Déchire et brûle tout mon corps, Et fais moi souffrir mille morts. Qu’o OLisrius. Et que Pour la Il n’est plus tems de déguiser ; Ou par Obëéiïs aux Loix de l’Empire. , Si son o Autrement sans temporiser, Je saur:
Je vais t’exposer au martyre.
Tu vas voir quelle est ma fureur, Si tu n'es souple à l'Empéreur.
LA SAINTE
Contr.
C’est à la Loi de mon Epoux a ta
. Que je rends mon obéissance. | Faites q Mon cœur ne craint point ton courroux, Crève à Et mon corps brave la souffrance ;
Je foule aux pieds ce que tu dis, Ton Empéreur et ses Édits, |
LA SAINTE
Ouisnius.
Qu'on fasse nager dans le sang, Les membres de cette inhumaine ; Qu'on lui déchire tout le flanc,
Que l’on la brûle et qu'on la gêne :
Frappez, bourreaux, de toute main ; N'ayez rien pour elle d’humain,
La SanrTe.
Olibrius tu perd ton tems ; Tu n'auras jamais l'avantage, Que je rende tes vœux contens, Ni que je perde le courage.
Fais tout l'effort que tu pourras ; Malgré toi tu te lasseras,
OLiBRIUs.
Qu'on aille la mettre en prison, Et que de ma part on la presse, Pour la ranger à la raison,
Ou par menace, ou par promesse.
Si son orgueil ne se rend pas, Je saurai bien la mettre à bas.
LA SAINTE
Contre le Démon en forme de dragon.
Grand Dieu, dont le soin paternel Guérit en moi toute blessure ; Faites que ce dragon cruel,
Crève à mes pieds et qu’il y. meure ; Que votre Croix soit, contre lui, Mon voulevard et mon appui.
Uxe vorx pu Crec.
Marguerite, réjouis-toi D’avoir remporté la victoire :
Souffre encore un peu pour la Foi; Regarde l’éternelle gloire. ‘ . Tes tourmens prendront bientôt fin, En dépit de l’esprit malin.
OLiBriIus.
Adore nos Dieux immortels, Par qui tu viens d’être guérie; Offre l’encens à nos Autels, De peur que je n’entre en furie, Si tu méprises leurs bienfaits, Tü n’en échapperas jamais.
LA SAINTE
Je sais fort bien sans tes avis, À qui je dois en rendre graces ; C’est à Jésus pe qui je vis, Et de qui seul je suisles traces.
Pour tes faux Dieux muëts et sourds, Je les détesterai toujours.
OziBrius.
Ilest tems de venger nos Dieux :
O langue exécrable et maudite ! Tous tes discours injurieux, - Méritent qu’on te décapite :
Mais avant qu’on donne le coup, Tu souffriras encor beaucoup.
UxNE voix pu CIEL.
* L3 T'es travaux sont presque finis, Vaillante et divine Amazonne ;
Tous tes bourreaux seront punis, Et tu recevras la couronne.
Quitte la terreet monte au Ciel, Pour y changer l’absinthe en miel.
La SAINTE.
J’ose, grand Dieu, vous demander, .
Avant qu'on me tranche la tête, Que votre cœur daigne accorder À tous mes devots leur requête, Montrez combien vous êtes bon, .
À qui réclamera mon‘nom.
Jesus.
Jé condescens à tes souhaits, .
Je veux que ton mérite éclate.
Je ne refuserai jamais Ceux qui t’auront pour avocate. .
Ton nom en tout tems, en tout lieu,:.
Sera puissant auprès de Dieu.