‹ Caprices poétiques et chansons satiriquesChapitre 28 sur 123 · RÉPONSE DU CRÉANCIER · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU CRÉANCIER

Air : — Moi t 1 oublier t est-il en ma puissance ?

Moi te payer, est-il en ma puissance ?

Mon créancier, toujours je pense à toié J'ai tout perdu, jusques à l'espérance...

De m'endetter ; mais je nargué la loi.

Je te paierai quand on verra la vieille Fuir les cancans et goûter le plaisir.

Je te paierai quand le Jus de la treille M'assouvira sans pouvoir m'étourdir.

Je te paierai lorsque la politique N'offrira plus d'asile à l'intrigant ; Quand nos auteurs admettront la critique, Quand le gommeux sera moins arrogant.

Moi, te payer ? Allons ! est-ce la mode ?

Je ne veux pas me singulariser.

Et puis vois-tu, je te trouve incommode.

Qu'un fol espoir n'aille pas t'abuser.

Ah ! laisse-moi le plaisir de mes dettes.

Pourquoi veux-tu me ravir mon argent ?

J'en ai besoin pour faire mes emplettes.

Au diable ! va-t-en voir s'ils viennent, Jean.

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