LE COMMÉRAGE
Air : — du Curé de Pompone.
J'ai toujours aimé le caquet Quand j'allais à l'école, On m'appelait Porte-paquet.
Les grands m'disaient : Nicole, Si tu mouchardes, tu verras Comm' la vie est amère.
Tu t'en repentiras, Nicolas, D'avoir fait la commère.
Aujourd'hui je n'oserais pas Faire du commérage, Car, entre nous, je fais grand cas Des gens d'mon entourage.
Le voisin fait-il un faux pas, Je l'dis à ma bell'-mère;
Mais moi, je n'médis pas :
Nicolas, N'est pas une commère.
CAPRICES POÉTIQUES IOI
Bavarde au suprême degré, BelP maman cont' l'affaire Pendant qu'ell' caquette à son gré, Moi, je la laisse faire.
Pour l'encourager, j'dis tout bas :
" C'est un secret, beir-mère " EU* répond : Craignez pas, Nicolas, J'suis pas une commère.
Ce n'est pas ainsi qu'répondait Sa fille Mari' Reine, Lorsqu'un garçon lui demandait De devenir marraine.
Un soir j'iui dis : N'viendrez-vous pas A l'église, la p'tit' mère ?
E1P répondit tout bas :
Nicolas, Je serai ta commère.
Dans not' pays, si les journaux
Ne font pas leur affaire,
C'est qu'les nouvel? smV d'aut* canaux
Qui peuv' nous satisfaire.
Les gens ne s'abonneront pas
A des feuill's éphémères,
Tant qu'nous aurons, hélas !
Nicolas Et les autres commères.
Montréal, ai soptembr* 1881.