LE PRINTEMPS
Voici le printemps, La neige est partie ; Avec les autans Elle s'est enfuie.
Bon, bon, La Faridondaine,
Gai, gai.
La Faridondé !
La boue, à son tour, Ramène les claques, Et l'on tourne autour Des trous et des flaques.
Bon, etc.
Les jeunes babouins Et les vieux macaques Exhibent leurs groins Autour des cloaques.
Bon, etc.
Les cultivateurs Font l'amour et sèment.
D'effrontés menteurs Se disent qu'ils s* aiment.
Bon, etc.
Les petits oiseaux, Sous de frais ombrages, Chantent aux roseaux De gais commérages.
Bon, etc.
Il disent tout haut L'amour qu'ils éprouvent Tous, jusqu'aux moineaux, S'aiment, se le prouvent.
Bon, etc.
Du gai maringouin La voix aigrelette Dit qu'il n'est pas loin.
Gare à sa lancette !
Bon, etc.
N'entendez-vous pas Le chant des grenouilles ? Des amants, là-bas Sèment... des citrouilles.
Bon, etc.
On veut s'amuser, Faire des affaires, Et fertiliser Les deux hémisphères.
Bon, etc.
Sur les bords du Rhin, A Venise, à Rome, Partout, le purin Répand son arôme.
Bon, etc.
Et l'acre parfum Qui nous environne Suggère à chacun Le mot de Cambronne.
Bon, etc.
Chantons le printemps La neige est partie, Au fond des étangs Elle est engloutie.
Bon, etc.
Ottawa, 19 avril 1882.