N* LXXXVII. — LETTRE DE LA DUCHESSE D ANGOULÈ.ME AU ROI
Elle a appris le projet de transporter le Roi en Espagne. — Elle s*en réjouit, parce qu'il sera en un lieu plus agréable , moins étroitement gardé. — Elle prie le Roi de ne pas consentir à être gardé par d'autres que par le vice-roi. — Elle a envoyé à l'empereur une réponse à ses propositions, conforme aux ordres du Roi.
(Juin 15S5.)
Mônseigneur, le sieur dom Hugues de Moncade a esté icy avecques inoy, par lequel j’ay entendu de voz nouvelles, et la conclusyon prisse pour transporter vostre personne, chose qui me touche autant que vous pouvez pencer. Toutesfoys que je suys délibérée comporter cela et tout ce qui sera pour donner quelque allégement à vostre pryson, comme d’estre en lyeu plus playsant et de plus grande liberté que celluy où vous estes; et ayant regard au bon traitement que vous avés eu jusques icy de monseigneur le vy-roy, je vous suplye, monseigneur, ne le vouloyr poynt habandonner ny partyr de ses mayns jusques au terme du tant desyré jour.
Cependant, et en actendant la responce de ce que ledit seigneur dom Hugues a envoyé en Espaigne, entièrement depesché selon vostre intencyon, je vous suplye, monseigneur, qu’il vous playse contynuer de requeste envers ledit seigneur vy-roy, à ce qu’il veuille estre contant que souvent je puysse savoyr de voz nouvelles par mer
ou autrement, comme myeulx fayre se pourra; car sans cela vous savez , monseigneur, en quel estât pourroyt estre vostre , etc.
LÜYSE.
N* I.XXXVIII. — ACCORD PASSÉ ENTRE LE VICE-ROI DE NAPLES ET LE MARÉCHAL DE MONTMORENCY, POUR TRANSPORTER EN ESPAGNE LE ROI ET L ESCORTE ESPAGNOLE SUR LES GALÈRES FRANÇAISES.
(Sjoin 1SS5.]
Nous, Charles de Lanoy, vy-roy de Naples, cappltaine et lieutenant general de l’armée de l’empereur, promectons au seigneur mareschal de Montmorency, cappitaine et lieutenant general pour le Roy en son armée de mer, ce qu’il s’ensuit :
Premièrement, luy promectons sur nostre foy et nostre honneur, que, en mectant les gens de guerre dessus les gallaires du Roy, dedens quinze jours après l’anyv'ée dudict seigneur en Espaigne, luy ferons remener et rendre lesdictes gallaires à Marseille ou à Tollon, au mesme estât qu’elles nous seront baillées ‘ , c’est assavoir : artillerye, cheurme et tout ce qui sera ès dictes gallaires, sans aucune chose enlever, prendre ne retenir, ensemble les cappltaines d’icelles gallaires, mar^Tiiers et tous autres gens de guerre.
Item , promectons que toute l’armée de mer de l’empereur ne fera guerre ny dommaige au pays du Roy, ny à ses subgectz, tant en allant en Espaigne que au retour, que premièrement nous n’ayons rendu ou fait rendre entièrement toutes les gallaires que ledit seigneur inareschal nous fait bailler, à Marseille ou à Tollon, avecques tout leur esquipage, et oultre, que ladicte armée ne soit de retour à Gennes, devant que rompre ou que lesdicts quinze jours ne soient passez, se d’aventure l’empereur vololt retenir sadicte armée devers l’Espaigne.
' Les galères furent complètement de* lettre du baron de Saint-Blancard que l'on tériorèes, comme on peut le voir par une trouvera ci-après.
SECTION IL— CAPTIVITÉ EN ITALIE. 213 Item, promectons audit sieur mareschal de Montmorancy que en faisant tenir ce (ju’il nous a promys pour la seiu-eté du passage du Roy, dedans quinze jours après l’arry-vée dudit scigneiu* en Espaigne, de luy bailler bon et emple saulconduyt pour s’en retourner en France, en toute seureté, jusques au pays du Roy et au lieu où il plaira à niondit seigneur le renvoyer, ensemble le conte Phillippin , nepveu de André Doric, et tous ceulx qui viendront de la part dudict Doric.
En tesmoeng de ce nous avons signé ces présentes de nostre main , et à icelle fait mcctrc le scel armoyé de noz armes, le huictiesme jour de juing , l’an mil cinq cens vingt et cinq.
D“ CHARLES DE LANüY.
Dns vre rex et capit. gnlis
nian* niihi Joi. Bap*' Rodrighes secto.