‹ Captivité du roi François 1erChapitre 96 sur 268 · N‘ XC. — LETTRE DE M. DE LA BARRE A LA DUCHESSE D’ANGOULÈME · texte numérisé non relu

N‘ XC. — LETTRE DE M. DE LA BARRE A LA DUCHESSE D’ANGOULÈME

I,c Roi CS» sur mer depuis dix jours. — Montmorency est venu le rejoindre tvec les galères. — Plaisir que le Roi en a éprouvé. — On le transporte en Espagne.

[lOjaisiaU.)

Madame, il y a dix jours que le Roy est sur la mer et ne s’en est point plus mal trouvé, Dyeu mersy. M. le mareschal l’est venu trouver avec les galleres au delà de Genes, où il s’en alloyt à Naples; qui, vous asseure, madame, a fet ung sy grant plesyr au Roy que je ne le vous sauroys dyre, pour le regret que ledict seigneur avoyt de perdre le voyage d’Espagne , où tout incotynent fut renouvelé et sur l’eure fut tourné le nez des galleres et achemynez jusques en se lyeu près de Monegue, et en esperance que ledict seigneur sera dedans six jours en Espagne. Je vous prometz qu’il estoyt en grant peyne; mès mondict sieur le marescbal le rcsjouyt si byen, que despuys ne l’é veu merancolyque. Je vous prometz, madame, qu’il a bonne esperance de bientost vous voyr, qui, sy Dyeu pies et Nostre-Daiiie, sera ainsy que vous et luy desyrez : leur supplyant vous donner trèsbonne vye et longue santé.

De davant Tage, près Monegue, x* de juing.

Vostre U*ès humble et très obeyssant subget et servyteur,

DE LA BARRE

N* xa. — LETTRE DE M. DE LA BARRE A M. D’ALLÜYE.

L« Roi e»t transporté en Espagne. — Sa Majesté a répondu de la rançon de M. de Montmorency.

— Il faut la faire payer.

(lOJulo liU.'l

Monsieur, encores que entendez, assez de la très-bonne .santé du Roy par Pommeraie, présent porteur, si la vcul-je bien asseurer telle que meilleure ne se pourroit soubailter. Ledict seigneur a bien voulu advertir Madame de son acheminement en Espaigne , où nous espérons estre dedans cinq ou six jours. Vous aurez advis de là de tout ce que s’y fera, qui sera, à mon jugement, selon l’intention du raaistre. Il vous plaira, monsieur, faire cependant entendre à Madame comme le Roy est respondant au cappitaine Hairere de la rançon de monseigneur le mareschal de Montmorency, et en a fait à Gennes sa promesse, qui est de baillier, à Lion , dedans la fin de ce mois, ung banquier ou autre qui s’oblige de paicr dedans six inoys après, à Mylan, la somme dex mille escuz : à quoy est bcsoing que l’on satisface, selon l’intencion dudict seigneur.

Monsieur, je prye à Nostre Seigneur vous donner très bonne vye et longue.

Des galleres, prèsMonegue, x'juin.

Vostre entyeremenl prest à vous faire servyce, DE LA BARRE ».

' (]ctle lettre a déjà été publiée par l'é- tionnée sur l’original , et notre texte est diteur des lettres de Marguerite de Navarre plus complet.

(i* recueil, p. 46.S). Nous l'avons colla-

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