‹ Captivité du roi François IerChapitre 30 sur 241 · V XXVII. — LETTRE DE LA DUCHESSE DANGOULÈME AU PAPE · texte numérisé non relu

V XXVII. — LETTRE DE LA DUCHESSE DANGOULÈME AU PAPE

La dacbesM el le Rai aont trfes'bieo ioleniionnés pour la paii. — Elle eo donne rassurante au

saint'père.

Très-Saint-Pere , nous avons receu le bref qu’il a pieu è Vostre Sainteté nous escripre par le datairc d’icelle estant, de présent, par devers le Roy nostre très cher seigneio et fds; duquel, et de ce que luy plaist par icelluy nous exliorter au bien de paix, nous mercions V. S. tant et sy dévotement que faire pouvons : car, non seulement nous avons désiré ladicte paix, union et repos de la chrestienté; mais continuellement l’avons pourchassée , et fait tout ce que nous avons pu pour y parvenir, et ferons encores de meilleur coeur et plus grande affection, pour estre la chose tant salutaire et necessaire qu’elle est, et qu’il a pieu à V. S. ainsy le nous ordonner.

Aussy, Très-Saint-Père, avons entendu, par ce que nostre dit très cher seigneur et fils nous a cscript de sa propre main, l’amour paternelle que V. S. luy porte, et ce que luy a dit et déclaré de vostre prt ledit dataire , et semblablement la reverance et obéissance iilialle qu’il est délibéré è jamais porter à V. S. et saint siégé apostolique;

et encores ce que pour ce faire a esté traicté entre V. S. et luy : qui nous a esté la meilleure et plus grande nouvelle que nous eussions sceu avoir, pour avoir toujours et continuellement désiré et pourchassé que telle chose se fist. Et alin que le tout puisse succéder, à l’advenir, au désir de V. S. et de nostredit seigneur et fils, èt au per|>eluel establisseinent, conservation et augmentation, etaccroissciivent de ccstc bonne et sainte œuvre , nous l’avons prinse et mise en nostre main, délibérée de la porter et conserver et garder jusques à l’cnticre perfection et establissement d’icelle : car ainsy le veult et entend nostre dit seigneur et fils, et nous le desirons de tout nostre cfmir.

Par quoy , Très-Sainl-Père, nous suplions et requérons Vostre Sainteté ainsy le croire, et au surplus nous faire tousjours savoir et entendre ce qu’il plaira à V. S. sur ce, et toutes autres, nous ordonner, poiu' entièrement nous y employer et l’accomplir de tout nostre pouvoir; priant le Créateur, Très-Saint-Pére, qu’il veuille Vostre Sainteté longuement conserver, maintenir et garder au bon régné et gouvernement de sa sainte Eglise.

Escrit, etc.

LOVSE.

> XXVIII. — LETTRE DE CH.XRLE.S DE LANNOY, VICE-ROI DE NAPLES. A L’ARCHIDUCHESSE MARGUERITE. GOUVERNANTE DES PAYS-BAS

.Nouvelles de l'araiée de l’ernprreur en Italie, On <Ut que l'enipeftur a des mes sur ic duché de Milan. — il en iovestit François Sfone. — On donnera la bataille au rot de France. — Li bonne catm* de l'empereur triomphen, — Dévouement du connétable de Bourbon à l'ein* pereur.

(LaJi. 17

Madame, par mes lettres du viij' de ce moys, et. ... copie des

lettres du duc de Sesse, avez entendu l’estât en quel lors les

affaires d’Italie. Je vous envoyé présentement la lettre que ay

depuis receties dudict s' duc, et aussi la copie de la response que j’ay

faict à nostre Saint-Père, au brief qu'il m’avoyl escri]il, dont vous ay aussi envoyé ia coppie.

Madame, l'on entretient toujours la pratique d'appoynctemont , monstrant toute confiance au pape , coninie s’il n’eust faict nul

tjraictc] avec le roy de France; et à la vérité je tiens qu’il

ayme l’emjpereur]; tnays le dataire a si gros crédit qu’il luy a laid faire ce qu’il a voulu.

Madame, toute i’italye a sceu que l’empereur a voulu pour luv la duché de Mylan, et non la laisser au duc Franoesque. Sa .Majesté estant advertie de ce, a envoyé l’investiture en mes inayns, me ordonnant conclure aulcuncs choses avec ledict duc, en recompense des frays cju’il a faict. El potir estre le tems tel qu’il est, le duc de .Mylan a conclud avec moy qu’il fera tout ce qu’il plaira à renipercur, et que je garde finvestiture jusques [à ce] que l’affaire de la guerre soyt achevé.

Et pour ce que les Vénitiens ont tousjours ruidé que l’enipercur voulust prendre ladicte duché pour luy, et que ceste soupeçon peiilt estre de ce qu’ilï n’onl faict ne ne font leur dehvoyr, nous a semblé fort à propos d’onvover ladicte investiture au prothonotaire C.aratzole. et Alonce Sanchez, ambassadeur de Sa Majesté, pour la monstrer aiixdits Vénitiens, afin qu’ilz rongnoissent la vertu et honte de reinpereur, et (pi’ilz n’aycnt Csperauce que de la part de sadicte M.ajesté l'on ne se soyt mis en tous dehvojTS. Dè.s qu’ilz auront veu ladicte investiture, je la feray raporter pour la garder.

Madame, monsieur de Bourbon arriva icy il y a sept jours; aussi sont venus le conte de Samme, avec les gens que monseigneur envoyé, et messieurs George de Vrouspourg, avec le reste des Allemans. Nous avons tenu conseil: et voyant l’estai des affaires, et la grosse despence qu’il fault porter poiu* soustenir ceste iuinéc, et le bon vouloyr en quoy sont les gens de guerre espagnols et allemans, avons conclud par ensemble de partir le uj ou xxij de ce moys au plus lard, et nous mettre aux champs pour donner la bataille au roy de France. El espérons en Dieu et à la juste querelle de l’empereur, et

au bon vouloyr que ont tous nos gens qu’il donnera victoyre à Sa Magesté. Et à la vérité, elle a si bons serviteurs en Italye que jamays prince; car chascun prent la chose au cueur, comme son propre; voyre, sont contens, et disent que ores eussions faulte d'argent, 4 ce ne tiendra qu’ilz ne facent leur debvoyr.

Monsieur de Bourbon a aussy bon vouloyr faire service à Tempereur, et est Sa Magesté bien tenue de luy en sçavoir bon gré et d’avoyr ses affaire pour recomendées. Je luy says et luy feray tout l'honneur que me sera possible, car le vault.

Madame , de ce que surviendra serez toujours advertye , supplyant me commander voz bons plaisir, etc.

A Lodes, ce xvir janvier, l’an xv.

Vostre très-bamble et trèsobeissaot •erviteur,

Chables de LANNOV.

N- XXIX. — LETTRE AU CARDINAL D'YORK SUR L'ÉTAT DES AFFAIRES EN FRANCE ET EN ITALIE. PEU DE TEMPS AVANT LA B.ATAILLE DE PAV'IE.

(F*«n«r l&SS.)

le s' de Bourbon et son armée estoit du Roy devant

Pavye, et y a eu bien ledit s' de Bourbon a obtenu honneur

partout. Il dcmpuis allé au chasteau Sainct-Jehan ; le Roy

avoit mis mille hommes bien foumiz de mimitions pour la guerre,

affin de tenir le p contre ses ennemys, et devoyent tenir pour....

mois; mais ledit Bourbon a deffaict en jours ledit chasteau

et gens.

Item , il y avoit quelque nombre d’Espagnolz que venoicnt au secour dudit Bourbon, dont les f. ... faysoient leur vaut en avoit desconfict; mais le plus n'estoit que trois cens.

' Archives d'Angleterre. Copie faite par Bràjuigny, Bibliothèque royale.

Item, ledict Bourbon a honneur, et de présent il a plus d’amys en France que jamays.

Le Roy a grande nécessité de vi\TCS, ung œuf lij deniers, et une poulie XV sob; et tout est si chier que les grands seigneurs et pencyonnaires de sa mayson et cappitaincs envoyent en Fra[nce] à leurs

maisons pour avoir argent à euli reEfreschir; et n’y a si grant

seigneur qui ne soyt constrainct de nécessité de se aller chauffer à la cuisyne du Roy.

Item, les poures piétons sont en terre deda tranchés, sans

oser partir, où ils meurent de [faim] et de froict : c’est pitié

de leur cas. . .

Item, le bruyt est que c’est faict et que le Roy retourne en France,

et laysse la charge de son armée au s' de

Le s' Villeroy est retourné en France; il a mourir

de froydures et plusieurs aultres on se don

.... oye le president de Rouen à Angleterre, parce que c’est l’un des principaidx ennemys dudict Bourbon, et qui est cause de tout son mal.

L’archevesque de Rouen est allé en poste à Rouen tenir les estatz des tailles, qui sont creues du tiers, et tout le peuple en France e.sl en grande nécessité de vivre, et cryent la fayn.

Le duc d’Albanye, qui devoit prendre Naples, a esté et est mal traicté : l'on dict que c’est une menée de trahison que le pape et les Italyens ont faict, soubz coulleur de leurs appoinctements.

L’on ne doubte rien riens en France que les Angloys; ilz ont consumé grans despens sans aulcun prouffit, et s’ilz eussent voullu marcher en avant, ilz ne eussent trouvé auctme résistance, et encores moins pour le présent.

Item , l’on doubte fort Fempereur et ses Espaignolz ; aussi le Roy haict les cordellyers observans et les veult du tout deffaire.

Il n’y a ville en France qui soit avitaillée pour huit jours ; et de faict ledict de Bourbon a grand renom en France.

Item, le bruyt est que la duchesse de Lorrayne a envoyé audict

de Bourbon, sans le sceu du duc son mary, de n] à*vij mil hommes, payer pour troys mois de gaigcs*.

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