‹ Captivité du roi François IerChapitre 46 sur 241 · EnSTBE DU BOT EN BESPONSE · texte numérisé non relu

EnSTBE DU BOT EN BESPONSE

Tant plus je pense, et moins, certes, je Ireuve Seure raison, qui vérité me preuve Comme est possible en toy, ô cherc seur !

Que seurclé soit convertie en peur.

Et que désir tel passion t'imprime Que la clarté de congnoissance exprime;

Ny comme peult certaine congnoissance Se transmuer de foy en deffiance.

N’as-tu pensé, en escripvant la lectre.

Que je debvoys pour raison ton frere eslre.

Et que le corps de toy tant estimé ,

Qui nous porta, n'est de moy moins aymé;

Et que vouloir de reveoir ses amys N’est moins puissant, et en moy si n’a mys Plus foible force, estant loing de reveoir,

' Par, Ms. dê Bsslazt. * Faisant, Ms. <U Battus.

Qu’à ceulx qui ont l’heur et le bien du veoir.

Certes, je croy qu’en l’ennuyeuse absence Tu n’as pensé seurcté qu’en présence.

Si doncq les boys, les prez et les fontaines.

Les fleurs, les fruietz, les umbres tant amenés,

Te causent dueil, ennuy et despiaisir.

Je te supply que penses quel plaisir Je puis avoir entre peuple afl'oié ,

Champs plains de guerre et le pays bruslé.

Riens n’esperans en si grande souffrance.

Pour leur confort, que du roy la présence;

Importuné de mille requerans,

Et conimendant à cent mille ignurans.

Mais pour cela, si n'ay-je point perdue La souvenance heureuse de la vue ,

Ny le désir n’a souffert ny permys.

En tel travail, oublyer ses amys.

Que diray plus : l’amour et le debvoir,

Accompaignez d’envie du revenir.

M’ont faict ouvrer par diligence entière Tant, que l’ordre est par toute la frontière.

Dormir peuvent maintenant scurcment.

Car l’ennemy ne leur fera tourment;

Et la grand peur qu’avoyent dedans leur porte Leur renvoyons, nostre armée la leur porte.

En lieu d’alarmes auront repoz plaisant.

N’ayant si près l’ennemy deaplaisant.

O I donc, seur, je te supply penser Si mon sçavoir n’eust voulu offenser Trop mon debvoir, si pluslost je sçavoys

lO'i CAPTIVITÉ DU ROI FRANÇOIS I".

M’en retourner, cl moins si le debvoys.

Je croys que non; car, certes, mon plaisir Icy n’cstoit si fort que mon désir,

Aymanl trop myeulx, pour me rendre content, Estrc avecq vous, de noz plaisirs comptant,

Que de parolle une armée mener.

Et sans aident enfin la ramener.

Par quoy suis seur que ton vray jugement En toy, sy dit, il dit vray, point ne ment.

Dont feray fin, craignant, par longue lectre Mal composée, à voz yculx fascheux estre ;

Vous advisant que demain piartiray.

Et que coucher à Mondidier ‘ yray.

Doncq, sans séjour, tant feray diligence.

Que de Madame auray la vraye presence.

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