N’ CXX. — LPHTRE DE MONSIEUR DE BRION A MADAME D'A.NGUULEME
Le Roi va éir« coaduit de à Madnd. — Il verra Tmipereur. — L'arrivée de
madame Marguerite décidera de la délivrance du Roi.
Madame, par M*' le niare.sclial de Momoraney aurez entendu la bonne santé du Roy et l’ espérance de sa delisTance, après l’arrivée de madame vostre fdle ; et pour tousjours conlyiiuer en nostre boiiue esperance, le conimcndador l'itpierol arrivast hier icy j)our faire dcsloger le Rov cl s'aprocher de l’empereur, à une ville qui s’apelle Madrid, à douze lieue près de luy : et ne devez, nmdaine, faire dilliculté de croire que l’empereur voira le Roy avant l’arrivée de madame vostre fdle, li oùe je croy qu'elle trouvera les choses bien préparées.
Madame, encores que vous soyez en France et le Roy en Espaigne. vos opinions sont semblables ; car, après luy avoir dit de vostre part les propos qui vous a pieu me commander, il m'a faict rcs[K>uce les vous avoir mandées en niesme substance par M. le inareschal, et ne vous saroytz dire l’aise en quoy il a esté quant je luy compté ce <|ui vous plcust me ordonné luy dire bien aux longs.
Madame, le Roy desireroit bien que de tous cculz du conseil, il n’en vint ung seul avecques madame vostre iille,que ceux qu’il m’a commandé luy escripre : ce que j’ay fait par le nicsmc.
Madame , je vous ferez lin de lettre en priant Nostre Seigneiuvous donner très bonne vie et longue.
De Veuysuom (Wc) , ce xx' juillet,
V(^lr« très humble et très seniteiir et siihjert,
BUYON.