‹ Cara patria: échos italiensChapitre 40 sur 67 · AMANTE ET MERE · texte numérisé non relu

AMANTE ET MERE

Doux espoir! Hôte aimé de mon cœur frémissant, Qui mêles à ma joie une douleur amère, Tu n'es donc plus un rêve!... Hélas! Dieu tout-puissant, Cest donc vrai !... Je suis mère !

Je suis mère !.. • et déjà dans mon sein agité Quand je sens s^éveiller une seconde vie, Je pleure et je maudis cette fécondité, Objet de mon envie.

Un enfant! vision, rêve de chaque jour !

Promesse de bonheur ! sainte union des âmes ! Gel entr^ouvert aux feux d'un mutuel amour.

Et paradis des femmes !

l6o AMANTE ET MÈRE.

Pour d^autres ce serait le gage d^avenir.

Qu'escorte du passé le radieux cortège :

Il ne m'apporte à moi que honteux souvenir, Blasphème et sacrilège !

Un infidèle amant qui rit de mes douleurs Torture sans pitié mon âme à l'agonie !

L'ingrat, de son amour, qu'il perd et jette ailleurs, M'a donné Tironie.

O vous, qui de là-haut. Seigneur, Dieu de bonté, Entendez ma prière et voyez mon supplice !

Je le demande en pleurs : de la maternité Éloignez le calice.

Espoir des délaissés. Seigneur, protégez-moi ! Laissez monter vers vous le cri de ma détresse ; Daignez, en me rendant Tespérance et la foi.

Secourir ma faiblesse !

Mais pourquoi tout à coup le chagrin triomphant S'éloigne-t-il devant un retour de tendresse?... C'est que j'ai vu là-bas un jeune et bel enfant Qu'un doux regard caresse !

Pressant contre son sein cet ange aux cheveux d'or, Comme Poiseau qui tient ses petits sous son aile,

AMANTE ET MÈRE. l6l

La femme aime à bercer le nourrisson, qu^endorf La chanson maternelle !

L'époux, debout auprès de ce groupe charmant, Qui pour lui du bonheur est le gage et Temblème, Sent et Torgueil du père et l'ardeur de l'amant.

En voyant ceux qu'il aime.

Hélas! ce doux tableau, qui fait bondir mon sein, Voile d'un nouveau deuil ma destinée amère -, Je ne suis pas aimée, on me voue au dédain ;

Et pourtant je suis mère !

. Eh bien ! non, je suis forte ! ... Au découragement. Au sombre désespoir, à la plainte, au blasphème. Je ferai succéder un meilleur sentiment :

Viens, mon enfant, je t'aime !

Tu f agites déjà dans mon sein frémissant ; Le jour où tu naîtras, jour béni que j'espère. Je serai consolée, heureuse... En t'embrassant.

Va, j'oublierai ton père !

O doux enfant aimé, quand tu verras le jour, Mes baisers sur ton front, incessante caresse, Iront chercher l'oubli des maux.... Un autre amour

Me rendra son ivresse !

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