LA PETITE USE
appuyait sur le> divers symptômes, renchérissait, exagérait chacune des indications. . . Kl cette tumeur qui. . .
.11 faut tout dire, ma fille. . .
— Une tumeur ï demandai-je intrigue.
— tion. je di> une tumeur. . . parce que. . .e\"'>t peut-être rien (pie de l'hydropisie. mais sûrement (pie le ventre !ui grossit.
l'allé ne s'en souciait .^uère. elle, la petite I.ne. et ça. ne paraissait nullement l'inquiéter.
— - lue tumeur, vrai*.' repii>-je: et depui- (imind ave/.-vous remarqué^....
— Depuis t,uiHre à cinq mois-— c'était toujours la tante qui se hâtait de répondre avec tout< i l.i sincérité de son à me - - e'e>t depuî- >c-n retour de la ville. . . et elle -e mit à calculer:
février... mat-. . . oui. à ]H'\\ près f piiat re mois . . .
C'n devenait plus sérieux. .Te nie remis d.-n<- à uuestionner Li-e ttè> discrètement. •■!• mettant un voile pour ne ri«-n éveiller dan- l'e-qiit de la ]'au\re tante qm i je voyais si naïve.
car je croyais tenir -a pi-te. la vraie.
la. l.onne. l'unique. Mai- Lise me répondait do-i.t-m.'jiK « *ii l'air, pleine de cand"ur indiO'érenle. ir:e donnait des rénon-es. me faisait de> affirmations
LA PETITE LISE tl
qui me déroutaient et renversaient mes suppositions.
— -En effet conciliai- je vaguement.
comme à peu près convaincu à îa tin.
ça m'a bien l'air d'une tumeur et il n'y aurait alors qu'une seule chose à faire: l'opération.
La vieille tante leva ses bras au ciel avec un soupir de pitié navrante.
— N'oyons, il ne faut pas s'alarmer tout de suite tant (pie ça, repris-je.
je n'affirme pas ainsi la chose après un premier examen aussi superficiel.
Il me faudra absolument revoir Lis* 4 la semaine prochaine ; ne manquez point de me l'envoyer et je vous ferai alors connaître mon opinion formelle.
. . . Selon qu'il avait été convenu, Lise revint la semaine suivante: seule évite fois.
Et je me remis à la questionner, à la. palper, à l'ausculter sur tous les sens, l'esprit toujours tendu sur cette piste qui m'attirait et qui aurait si fort simplifié le? difficultés de mon diagnostic. An point de vue symptomatique. rien ne manquait, mais ses réponses paraissaient toujours si fermes, si absolument correctes; elle s'y rattachait avec tant de persistance qu'aprèç tout elle ébranlait ma con-
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viction, si elle n'ébranlait pas encore mes doutes.
Alors en la regardant bien dans les yeux, avec toute la force hypnotique (pie je pus y mettre:
— Eh! bien, oui. lui dis-je. c'est une tumeur. . . une tumeur très maligne qu'il faut nécessairement enlever... 11 n'y a pas à retarder, el la semaine prochaine. . .
Elle comprit sans doute alors le dilemme dans lequel elle ,se trouvait resserrée, car. sans force, abattue, écrasée, avec un frissonnement hési tant de lèvres qui confessait tout, elle leva sur moi ses profonds yeux bleu->.
Plus de lutte possible: la détente s'était faite tout d'un coup et citait maintenant une soumission, un accablement, un anéantissement complet qui invoquait ma pitié et la complicité de mon silence.
•' Ah ! n'insultez jamais unr- f^mn'n'- qui fomV»^ : "• Qui sait ^"ii- f<n-'l faH^an ^.i j'auviv ârrif *uc
Je m'expliquai alors ce qu'il y avait de profondément vrai dans cptte pensée du maître.
Oh! non, il ne me vint pas a l'idée de l'insulter, elle qui me racontait maintenant en sanglotant ses longues nuits de regrets amers. «*es décourage-