Menolog. grœc, t. II, p
8. Du moins ils firent mine de l'être, dit la légende ; et selon d'autres, ils l'étaient réellement, mais avec promesse mutuelle de conserver leur virginité. Aussi les représente-t-on souvent tous deux un lis à la main. Daria s'était chargée d'abord de faire perdre la foi au saint confesseur qui la convertit au contraire, eri lui faisant con-
LION ET HYÈNE
conduite dans un lieu de prostitution, elle fut, dit-on, défendue par un lion'. Celte légende, si curieuse qu'elle soit^ prête à bien des observations; sur quoi je m'en rapporte aux Bollandistes ^.
Je ne réussis pas à deviner pour quelle raison smnt Leu archevêque de Sens (Cf. BiUel, p. 136) est représenté avec un lion sous ses pieds dans les enseignes de
son pèlerinage d' Essorent (Cf.
Plombs historiés, t. II, p. 189- 193). L'énigme s'embrouille d'autant plus, que M. A. Forgeais a trouvé depuis un plomb de Saint-Maur-des-Fossés avec le même attribut. Lesévêques, sur leurs tombeaux, se voient souvent foulant un lion ou un dragon. C'est une allusion au Psaume xc (v. 1 3 : Conculcabis konem et draconcm), qui rappelle la protection promise aux serviteurs de Dieu, mais surtout aux pasteurs de l'Église. Dans les monuments du moyen âge, cela ne se communique guère à d'autres qu'aux évêques; et en tout cas n'est pas une garantie de sainteté, mais seulement un signe de prélature. Du reste, je reviendrai sur ce lion à l'article de saint Leu parmi les patrons divers.
Ici l'on a voulu y apercevoir un signe du repentir de Clotaire humilié aux pieds du saint évêque après l'avoir expulsé. Je ne dis pas non, mais j'en doute. Saint Rainier de Pise. Cf. Pèlerins.
Sainte Dominique, vierge et martyre a Tropéa (Cf. Idole, p. ii82). On la représente environnée de lions et autres animaux farouches qui la respectent. La roue fut également impuissante contre elle, et son martyre fut terminé par la décapitation
Sainte Martine de Rome , vierge et martyre (CL Aigle, p. 25 ; Idole). Exposée aux bêles, elle est épargnée par un lion qui vient lui lécher les pieds. Ses épreuves se ter-
minèrent par la décapitation, et dix-sept soldats se convertirent à la vue des merveilles qui avaient signalé la confession de cette jeune fille ^
Sainte Martienne (Marcienne, il/arciajm), vierge et martyre A Césarée de Mauritanie; 9 janvier, sous Dioclétien. Elle avait brisé une statue de Diane exposée sur une fontaine publique, et fut livrée aux bêtes dans l'amphithéâtre. Un lion la respecta; mais, blessée ensuite par un taureau, elle fut mise en pièces par un léopard*. Aussi la représente-t-on entourée de divers animaux : lion, léopard et taureau, ou vache furieuse.
Sainte Natalie, femme de saint Adrien ; 1 décembre, V. 320. Le lion qui sert quelquefois d'attribut à saint Adrien, me semblerait convenir plutôt à sa femme; aussi le crois-je beaucoup mieilx employé lorsque les deux époux sont réunis, que quand Adrien est peint tout seul. C'est que la générosité de la sainte (qui pourtant ne soufl'rit pas dans ses membres) est plus admirable encore que celle du martyre lui-même. Elle employa tant de générosité, recourut à des ressources si nombreuses et si héroïques pour assurer la persévérance d'Adrien, dont elle avait douté un instant, que la grandeur du courage de cette femme efface presque le sacrifice de son mari. Mais je propose ailleurs (p. 512, note 6) une explication héraldique de ce lion ; et elle est au moins plausible.
Sainte Thècle (CL Globe de feu, p. Zi50). J'ai déjà dit pourquoi on l'appelle martyre, bien qu'elle n'ait pas terminé sa vie dans les tourments; et qu'elle avait été exposée aux bêtes, entre autres tortures dont Dieu la délivra. Tillemont, qui est difiicile à contenter, convient qu'elle a jeté un grand éclat dans la chrétienté; il cite même plusieurs des éloges que les principaux Pères de l'Église ont donnés à cette, illustre sainte. On peut du reste recourir aux recherches du Père Stilting'' qui ne laissent presque rien à désirer.
Sainte Prisque, vierge et martyre à Rome; 18 janvier, sous Claude. On raconte que, conduite devant les juges,
naître la grandeur de Jésus-Christ. C'est ce qu'exprime une hymne de leur fête {Adsunt festa lœtitiœ) aux premières vêpres, dans les Officia SS. Patronorum civilalis Regii (15G7, in-4°), p. 22 :
« Datur eidem (Chrysantlio) Daria, Ut privetur munditia.
Sed quondam mortis bajula Fit Domini discipula. »
Sa conversion et la suite (3St racontée dans le même Office par l'hymne de laudes [Dies reluxit hagia), de la façon suivante :
« Clirysantlius docet Danam Sermonem evangelicum.
Despecta mundi gloria Reginim anlielant cœlicum.
Filia quondam zabuli Lucratur Deo animas, Pabulum pra^bens Domini Escas plebi quam plurimas. »