LIVRE
Durand de Monde, faisant du symbolisme tout à son aise comme un homme qui s'entendait beaucoup plus en droit canon qu'en monuments, prétend distinguer entre le sens des rouleaux (banderoles, phylactères, etc.), et celui des livres^, ou même du livre soit ouvert, soit fermé. Les artistes pourtant n'ont pas pris de lui le mot d'ordre; et soit avant lui, soit après, les monuments confondent ces divers signes dans une foule de cas. Ce qui est indubitable, c'est que le livre est un des symboles les plus ordinaires de l'épiscopat, attendu que l'évêque est prédicateur par-dessus tout'. De même encore, le diaconat est souvent indiqué par la croix et le livre ; parce que le diacre chante l'évangile, et a le droit de l'expliquer ^ Nous en dirons davantage plus bas; mais il est bon de faire observer que tous les liturgistes ne doivent pas être pris au pied de la lettre comme des législateurs. Tel d'entre eux ne peut passer qu'à titre de commentateur arbitraire; et qui leur prête bénévolement une autorité péremptoire, aurait à prouver la valeur de celui qu'il nous donne comme tranchant toute question. Si l'on veut bien étudier les monuments (au lieu d'arrêtés pris dans le cabinet, par des docteurs plus atTirmatifs que renseignés), on verra que la pratique répond mal à ces doctrines, si nettes en apparence. C'est que, comme disait le vieil axiome philosophique, « il est facile de généraliser quand on n'embrasse pas un large horizon, mais en même temps il est très-facile de s'égarer sur pareil aperçu. »
Au fait, peintres et statuaires du moyen âge caractérisent presque indifféremment par le livre un diacre, un lecteur, un évêque, etc. La donnée se complète par le costume.
livre sur l'Office divin (Cf. Anguissola, Ephenierid.: 1813, p. 34, sgg.). M. Victor Leclerc s'est beaucoup mépris, dans V Histoire littéraire de la France, en insistant sur le Bationale divinorum officiorum , comme si c'était un grand titre de gloire pour l'évèque de IReiide. Voilà comme se fourvoie, en matières ecclésiastiques, une érudition formée à d'autres sources. « Chacun son métier! »
7. Cf. Buonarruoti, Velri, p. 271. — Maur. Saiti, de Veteri casula diptycha, p. 42, sq.— S. Dionysii Arcopagit. opp., ed. Corder., 1. 1, p. 307-370.
8. Cf. Buonarruoti, Vetri , p. 67, sg.; 106, sg. — Stepli. Borgia, De Cruce veliterna, p. lxxv.