‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 151 sur 632 · LIVHK · texte numérisé non relu

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vcTS saints ont loués beaucoup; et ce que nous avons dit jusqu'à présent de saints et de saintes qui ont pris la plume pour la postérité, peut nous dispenser d'augmenter une notice oii l'on se reconnaîtra sans tant de détails après les indications données dans cet article.

Sainte Sécnorine, abbesse en Portugal (Cf. Cruche, p. 302; la gravure vient d'être répétée p. 527). Ayant désiré de bonne heure embrasser la règle de Saint-Benoît, Ségnorine fut confiée par son père à une sage directrice qui se chargea de former l'enfant à la vie religieuse. Dès l'âge de huit ans, la jeune fille prit le voile; et sous la conduite de sa vénérable maîtresse, elle étudia la règle de son Ordre, les livres liturgiques, les écrits de saint Ambroise et d'autres Pères , au point de les savoir pai' cœur après une année d'application; se préparant ainsi, dit l'historien, à l'intelligence de l'Écriture sainte. Et comme si son biographe eût soupçonné que la postérité pourrait croire ces lectures faites à l'aide de quelque traduction, il a soin de nous informer que pour les vies des saints, on les lui lisait en langage du pays. C'était donc une sorte de délassement pieux, qu'elle voulait sans doute partager avec ses compagnes moins instruites^

On le voit, les connaissances littéraires de la célèbre Hroswitha et de l'abbesse alsacienne Herrade n'étaient pas chose propre à l'Allemagne, ni précisément merveilleuse au moyen âge. 11 s'en pourrait citer bien d'autres preuves si c'était ici le lieu^

LOUP

Saint Kentigerk (ouMungo), 'évêque en Ecosse. Cf. Cerf, p. 184.

Saint Vat d'Arras (Cf. Aveugles, p. lOG). Selon quelques-uns, il expulsa un loup d'une chapelle abandonnée où cet animal avait pris son gîte; selon d'autres, il fit lâcher par cet animal vorace l'oie qu'il venait de dérober à de pauvres gens. Ailleurs c'est un ours que le saint chasse d'une vieille église d'Arras ruinée par les Huns d'Attila. Ces différentes formes de la légende prêteraient à croire qu'on ne s'accordait que sur le fond, et ce fond même ne tiendrait-il pas à une représentai ion symbolique qui aura été plus tard interprétée dans une pensée différente? On sait que saint Vàt catéchisa Clovis au retour de la campagne qui se termina par sa grande victoire sur les Allemands^. Or si le prince franc et les

1. Portugaliœ monumenta historica; Scriptor., t. I, p. 47, sq.

2. Cf. AÂ. SS. Octobr., t. VIII, p. 205, sq. J'en ai dit moi-même ([uclques mots dans les Annales de 'philosophie chrétienne (1839); et ce pourra être plus tard remanié, si Dieu me prête vie avec la sinté nécessaire aux travaux de ce genre.

3. Le P. Ghesquière, dans les Acta sanclorum Delgii (t. II, p. 4!), sq.), se plaint avec assez de raison du préjugé qui persiste à faire nommer Tolbiac (Zulpich, etc.) un lieu nécessairement plus rapproché du Haut-Rhin. Henschenius a eu beau faire, le ton était donné aux compilateurs qui n'en ont pas moins répété la note du vieux diapason comme un troupeau de Panurge. Les trouvailles des savants

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siens se montrèrent encore passablement barbares après leur conversion, il est permis de croire que les anciens chrétiens de la Gaule furent plus justes envers leurs conquérants que ne l'est maint historien d'aujourd'hui. Ils comprirent sans doute que, malgré bien des traits de ruse et de brutalité germaniques, l'envahisseur avait beaucoup gagné à devenir chrétien*. Saint Vàt ayant donc été l'instrument de cette transformation, si peu rapide qu'elle fût, les peuples lui en auront su gré à cause des faits de prépotence que cela leur épargnait. Le loup ravisseur s'était quelque peu apprivoisé, autanl de ])rissur renncmi ! et nous sommes aujourd'hui mal placés pour critiquer ce dont les souffre-douleurs du V siècle se trouvèrent trop heureux.

Ajoutons que les Francs attachés au paganisme s'élant cantonnés dans la province de Cambrai avec Hagnacaire, après le baptême de Clovis, durent rendre la pratique du christianisme un peu diflicile' aux populations du diocèse d'Arras. Lorsque Ragnacaire fut livré à Clovis par les siens, saint Vàt eut à exercer son zèle pour bien des ouailles qui tenaient assez du loup.

Saint Ronan ou Renan évêque, puis solitaire en Bretagne (Cf. Crosse, p. 301; Dtnwn). Faisant lâcher une brebis par un loup^ Comme nous avons vu ailleurs ce même saint aux prises avec le diable qui mord sa crosse, il y a tout lieu de croire que c'est encore ici une expression symbolique pour quelque violence arrêtée par la prédication du saint homme; dans plus d'un cas, ce pourrait bien être le souvenir d'une répression due à l'ascendant des serviteurs de Dieu sur la tyrannie d'un seigneur farouche.

Saint Simpert, évêque d'Augsbourg; 13 octobre, 807. Faisant rendre à une femme son enfant qu'avait emporté un loup". La pauvre mère, qui faisait profession d'une dévotion spéciale au saint évêque et avait plusieurs fois été en pèlerinage à son tombeau dans l'église de Saint - Afre d'Augsbourg, ayant eu son enfant emporté par un loup, s'adressa dans sa douleur à l'intercession de Simpert. A quelques heures de là, l'enfant fut rapporté sain et sauf par la bête, au lieu oii elle s'en était saisie'.

Je ne saurais dire précisément quel saint a été figuré dans une sculpture ancienne qui se voit encore aujourd'hui à Saint-Thomas de Strasbourg, où elle est encastrée dans le mur extérieur. On y voit un saint évêque (ou abbé) faisant rapporter à une pauvre femme le mou-

devraient toutefois être utilisées; copier peut être bon, et sui'tout commode, mais autant vaut copier des gens hal)ilos.

4. C'est aussi ce qu'en prétendait saint Remi dans son allocution célèbre au farouche néophyte (Gregor. Turon., Hist. Francor., libr. II, cap. xxxi) : « Mitis depone colla, Sicamber; adora quod incendisti, incende quod adorasti. »

5. Vies des saints de la Bretagne, p. 288, sv. — La Villemarqui', Chants populaires de la Bretagne, 3' partie.

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