‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 198 sur 632 · METS ET TABLE SERVIE. — MEELE · texte numérisé non relu

METS ET TABLE SERVIE. — MEELE

Ainsi que je le disais, il arrive fréquemment que ce poisson est posé sur un livre tenu par saint Ulric. C'est alors une allusion abrégée, dont il faut recomposer le sens primitif; mais ailleurs on voit, ou les deux évêques surpris dans leur conversation par le courrier, ou ce misérable racontant son aventure et présentant le poisson au lieu de la pièce de conviction qui devait appuyer sa calomnie.

Saint Guntheiî, moine et ermite (Cf. Ermite, p. 382). Se trouvant invité à la table du roi de Hongrie saint Étienne, il refusa de manger d'un paon qui était servi comme mets recherché '. Le prince insistait, et le moine opposait sa règle; enfin, pour se soustraire aux importunités de son hôte, Gunther recourut au Ciel. Alors l'oiseau, reprenant vie, se déroba par la fuite et termina la contestation -.

Saint Alexandre de Beugame, martyr (CL Armes, Armure, p. 78; Épcc, Autel païen). Il passe pour un des ofiîciers de la légion Thébaine; et sa légende raconte que, comme on voulait le forcer à sacrifier aux idoles, ou du moins à manger des viandes qui leur avaient été offertes, il renversa du pied la table (ou l'autel) qui supportait les offrandes ^ On le voit, l'artiste peut choisir pour saint Alexandre entre un autel ou une table; aussi l'ai-je mentionné sous ces deux titres.

Saint Ludoxe de iMÉLirîiNE, martyr; 5 septembre, sous Dioclétien. Comme on le cherchait, il vint lui-même à la rencontre des soldats de police qui ne le connaissaient pas; et après les avoir traités chez lui, il se remit entre leurs mains*. La même hospitalité se retrouve dans les Actes de saint Anthime \ de saint Phocas et autres martyrs.

Saint Nicolas de Tolentino, Augustin. CL Oiseau.

MEULE, MOILIN.

La meule ligure fréquemment dans les représentations des saints pour tous ceux qui ont été précipités dans les eaux avec une pierre au cou, sans que la légende dise si c'était une masse régulière ou non. Assurément on ne

devait pas croire nécessaire de sacrifier une meule toutes les fois que l'on prétendait noyer un martyr; mais les meules anciennes étaient plus multipliées et de moindre dimension qu'aujourd'hui, parce que chaque maison à peu près avait la sienne qui était fort sufiisante pour entraîner par son poids un homme au fond de l'eau. Comme d'ailleurs toute meule passe pour être percée d'un trou à son centre, elle offrait aux artistes la facilité d'y faire entrer une corde qui, s'attachant par l'autre extrémité au cou du saint, expliquait très-bien son immersion. Du reste, nous réunirons ici le moulin et la meule, pour ne pas séparer des articles dont le voisinage est évident; quoique bien des fois ces deux mots figurent comme attributs dont la signification liistorique est fort différente.

Saint Quirin évêque de Sissek, martyr; h juin, v. 303. Lorsque la persécution de Dioclétien éclata dans le monde après plusieurs années de tranquillité accordées au christianisme, ce saint fut saisi en Pannonie, et condamné à être jeté dans un affluent du Danube avec une pierre au cou pour le noyer plus sûrement. Ses historiens attestent que la pierre (ou la meule) flotta sur l'eau pendant que l'homme de Dieu prêchait l'Evangile aux spectateurs réunis sur les rives du fleuve; et après un certain temps, le saint demanda au Ciel que son martyre ne fût pas différé davantage. Alors la pierre letrouva son poids naturel et entrahia le martyr au fond

Je le trouve dans une vieille estampe, portant sa meule sous le bras, à la façon d'une boîte. Ailleurs il semble avoir une cloche suspendue à la main. Je suppose qu'il ne s'agit pas d'une cloche de plongeur, mais peut-être seulement d'indiquer un poids énorme avec lequel on l'aurait jeté à la mer.

A propos de cloche mal attribuée, disons encore que SAINT Paulin de Nole se voit avec un emblème tout semblable dans quelque estampe allemande du xvi'' siècle. J'imagine qu'on aura voulu exprimer ainsi son surnom deNolamis, par allusion aux mots latins «oto (cloche, clochette) et campann; d'autant que plusieurs prétendent

1. On sait que cet oiseau, depuis l'autiquitr jusque vers la fin du moyen âge, était considéré comme une volaille délicate. Aussi ne paraissait-il guère que dans les repas des grands seigneurs.

'2. Calendar. benedict., 9 octobr. — Cf. AA. SS. Septembr., t. I, p. 529. — Rader, Bavaria sancta, t. I. — C Stengul., Monasteriologia (Nieder-Altaich j.

3. AA. SS. Awjiisti, t. V, p. 804. — Hagioloj. ilal., t. II, p. l'JS.

i. AA. SS. Septembr., t. II, p. 512, sqq.

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