OURS. — PAIN
conservé encore dans un des médaillons de son vitrail à la cathédrale d'Âuxerre; mais en voici, de style un peu plus moderne, la représentation donnée par des méreaux (ou jetons) de Féglise Saint-Eustache à Paris '.
Saint Magnus, abbé de Fuessen dans la haute Bavière (Cf. Dragon, p. 321). Un ours (d'autres disent un renard) lui fit trouver des mines de fer qu'il indiqua aux peuples •convertis par ses soins, leur donnant ainsi occasion de se procurer par l'industrie les moyens de subsistance que le sol ingrat semblait refuser aux habitants. D'après une autre version , saint Magnus étant encore disciple de saint Columban, fut envoyé par celui-ci pour chercher des pommes. Mais un ours s'était déjà mis en devoir de les manger. Magnus (Mangen, chez les Allemands) fit deux parts de tous ces fruits, enjoignant à l'animal de se contenter de ce qui était avarié; à quoi la bête se conforma exactement. Cf. supra, S. Canoël, p. 59/i.
On peut reconnaître ici le même emblème que pour saint Gall, saint Columban, etc., qui ont ouvert les forêts à la civilisation par l'établissement des grands monastères dans les lieux livrés longtemps aux forces aveugles de la nature. Quant au renard dont nous avons dit un mot, j'y soupçonne un calembour allemand (à la fanon des armes parlantes) pour indiquer le nom du monastère de Fuessen [Fiichs).
Sainte Colombe de Sens, vierge et martyre (Cf. Colombe, p. 2/i3). Conduite dans un lieu de prostitution par ordre du juge idolâtre, elle devait être livrée aux outrages des libertins. Mais un ours vint à l'iraproviste , et se jeta sur l'impudent qui voulait déshonorer la vierge. Comme l'animal semblait attendre l'ordre de Colombe pour la venger , la sainte profita de cette assistance du Ciel pour faire reconnaître la divinité de Jésus-Christ à l'insolent, et la bête farouche le laissa sortir. Sainte Colombe fut décapitée ensuite -.
Sainte Euphémie de Chalcédoine, vierge et martyre ( Cf.
1. Gomme je regrettais, trop tard, de n'avoir pas montré aux lecteurs quelque forme ancienne de cette circonstance, par exemple le Vitrail de Saint-Patrice à Rouen, je me suis vu tout à coup tiré d'embarras par la prévenance obligeante de M. Harold de Fontenay, qui a bien voulu mettre spontanément à ma disposition les bois gravés employés par son père dans le Manuel de l'amateur de jetons (Dijon, 1854). La pièce que je donne, grâce à lui, n'est que l'une de celles qui rappelaient notre saint dans le Manuel (p. 219-222) ; mais les autres prêteraieiit à confondre saint Eustaclie avec saiiit Hubert. Quant aux chiffres et lettres des avers, on en trouvera l'explication dans le livre de M. J. de Fontenay, ou dans les Plombs historiés de M. A, Forgeais (t. III, ISG^), passim. Je n'avais, en ce moment, qu'à rappeler une scène historique des Actes de saint Eustache. Cf. Legend. aur., cap. GLXI. — Breviar., 20 septembr.,
Épèc, p. 372). Après diverses tortures où Dieu la préserva, elle fut exposée aux bêtes qui la respectèrent d'abord. Mais comme Euphémie priait le Ciel de mettre fin à ses épreuves, un ours lui donna la mort d'un seul coup de dent, pendant que les autres animaux farouches léchaient affectueusement les pieds de la sainte ■ .
Sainte Landrade, abbesse (Cf. Ciseau, p. 223). On peint aussi près d'elle une ourse avec ses oursons. En quoi je ne voudrais pas abuser d'un prétexte que m'offre le Calendrier bénédictin^; où l'on a traduit Belisia (Munster- Bilsen) par Bellua, sous prétexte que le pays était la retraite des bêtes fauves. Mais la légende n'exige point ce tour de force ^ et je ne serais pas surpris s'il fallait y voir plus d'exactitude historique qu'étymologique. Le pays de Tongres pouvait bien avoir été réduit à l'état de forêts sous les Carlovingiens : ainsi l'ours de sainte Landrade signifierait qu'elle avait établi le service de Dieu dans un endroit où les animaux des forêts faisaient jusque-là leur séjour.
Sainte Beggue (ou Begghe). Cf. Coq et poule, p. 252.
11 me semble avoir donné une part fort tolérable à l'ours hagiographique, bien que je pusse assurément étendre davantage ce sujet. Celui qui me trouverait un peu chiche, peut recourir au recueil de Bagatta
OVALE. Cf. Amande.
PAIN
Cet article aura besoin de se compléter par les titres Aumône, Fleurs'' et Four; quoique nous ayons généralement, sous ces mots, réservé ce qui était clairement du pain. De même encore, sous le mot Cruche, on a rencontré plusieurs saints qui sont caractérisés ainsi pour s'être employés volontiers à pourvoir les pauvres gens de nourriture et de boisson. Le titre Corbeau renferme également quelques données qui auraient pu absolument trouver place ici.
Melchisédech , prêtre et roi , occupe une place bien haute dans l'histoire sainte et dans la théologie ^ comme ayant reçu les hommages d'Abraham père du peuple juif, et comme représentant le sacerdoce éternel de Jésus-Christ. Il est communément représenté offrant un calice et du pain, types du sacrifice eucharistique. C'est
lect. IV, sq. Etc. — Nous avons vu le cor de chasse à lu page 253.
2. Suirplcm. ad Legend. auream (Lovan., 1485), fol. viii, sq. — Messager des sciences historiques (Gand, 1862), p. 345, sv. Gela rappelle beaucoup la légende de sainte Daria, où un lion se charge du môme service.
3. AA. SS. Septembr., t. V, p. 252, 273. — P. de Natal., lib. VIII,
cap. LXXXIV.
4. Calendar. ftenedfcf., August. Vindelicorum, 1077 ; 9 jul. (t. III, p. 97).