‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 259 sur 632 · Calendar. benedict., Ti jul.— AA. SS. JuL, t. VI, p · texte numérisé non relu

Calendar. benedict., Ti jul.— AA. SS. JuL, t. VI, p

8. Cette île, l'une des Hébrides, qui devint comme le quartier général des moines irlandais pour la conversion de l'Écosse, peut bien avoir donné lieu à l'expression Scoti, dont le moyen âge se servit longtemps sans que l'on puisse souvent dire s'il s'agit d'Écossais ou d'Irlandais. Mais depuis que j'écrivais cela, M. le comte Charles de Montalembert en a parlé très au long dans son Histoire des Moines d'Occident, t. IV, passim.

PAIN

pour exprimer sans doute ses aumônes; mais il s'agit aussi de rappeler que durant une maladie contagieuse, des pains qu'il avait bénits préservèrent ou guérirent du mal les hommes ou les animaux qui en usaient'. Outre que les artistes ont volontiers adopté le nombre trois en plusieurs circonstances oii l'histoire ne les guidait pas i)ien clairement, la dévotion pour la Trinité a beaucoup influencé les artistes et légendaires hibernois; comme on pourrait le prouver, ne fût-ce qu'à propos du (rètle de saint Patrice, si c'était le lieu de développer ce point.

Saint Gautier de Pontoise , abbé; 8 avril, lin du XI'' siècle. Moine d'abord à Hebais, il s'y compromit par un acte de charité envers un captif. Cet homme, détenu dans la prison abbatiale, y était traité fort durement, au point que sa vie était en péril faute de nourriture. Gautier lui porta sa propre pitance en cachette, puis le lit évader en lui faisant promellre de ne point se venger contre les moines. On ajoute même que, comme le malheureux était exténué, notre saint l'emporta sur ses épaules hors des murs du monastère. Cela fut mal pris par les religieux, et le saint homme eut à le payer en place du coupable. Mais plus lard il fut élu abbé à Saint-Martin de Pontoise, et mourut à Berlaucourt près d'Abbeville; ce qui l'a fait parfois nommer saint Gautier de Vimeu -.

Saint ÉviiouLT, abbé d'Ouche dans l'Hiémois; 29 décembre, 596. Donnant un demi -pain, et près de Va. un àne chargé de pains. Le saint, ayant appris que son économe avait refusé l'aumône à un pauvre parce qu'il ne restait plus qu'un demi-pain pour la communauté, lit courir après le mendiant pour lui remettre ce demipain. A quelque temps de là, un âne chargé de provisions vint se présenter à la porte du monastère'.

Saint Dominique. Cf. Anges, p. /(O.

Saiint Pierre Hegalado, récollet; 13 mai, Présentant du pain aux pauvres, et leur montrant de l'autre main un crucifix; parce que sa charité pour les indigents lui était l'occasion de les prêcher tout en faisant l'aumône.

Sainte Maiue l'Égyptienne, pénitente (Cf. Chevelure, p. 21^ ; Communion). Portant trois pains sur son bras.

Je donne comme preuve de cette caractéristique populaire un sceau des Hécollets de Dunkerque, qui associe les armoiries de la ville au buste de la patronne du couvent*. Selon la légende, lorsciue Marie l'Kgx tienne fut ramenée à Dieu par le mi-

I. Calcmlar. beiicdict., 9 jmi. Cette citation, je le dis encore une fois, n'est pas censée établir que le saint fut bénédictin. -î. AA. SS. April., t. I, p. 75t.

3. Calendar. binedicl., 30 jul. On y ajoute que le diable, étant venu troubler son monastère, fut introduit dans le four par saint Evroult ; et pendant ce temps-là, le soleil se chargea de cuire les pains qui attendaient qu'on les enfournât. Serait-ce par basard une

racle qui lui avait interdit l'accès du sanctuaire à Jérusalem, et par l'intercession de la sainte Vierge qui lui avait obtenu de pou-voir accompagner les autres pèlerins, elle se procura quelques pains (trois, dit-on) pour se retirer dans le désert. Ce fut presque toute sa res.source durant quarante-sept années; et comme ils s'étaient durcis en façon de pierres, on comprend qu'elle n'y pouvait guère toucher au bout de quelque temps'.

Sainte Jeanne, femme de Giiusa inlendaut (procurator) d'Hérode Antipas (Luc. viii, 3); 2^ mai. Elle est une des saintes femmes qui servirent Notre-Seigneur durant ses courses apostoliques; et qui après l'Ascension, dit saint Jérôme, se dévouèrent au service des apôtres. Pour exprimer cette fonction charitable, on l'a représentée souvent portant un panier de provisions (de pains, surtout), ou une bourse à plusieurs compartiments. Paquot, dans ses notes sur Molaniis (in, /i5), suppose même un peu gratuitement qu'elle devait avoir pris à sa charge la fourniture de vin, parce que les artistes mettent volontiers des bouteilles près d'elle ou dans son panier.

Sainte Geneviève patronne de Paris (Cf. Chandelier, p. 196, sv.; etc.). Portant du pain dans un pli de ses vêtements, pour désigner les secours qu'elle prodigua au peuple de Paris durant une famine.

Sainte Elisabeth de Tiiuringe (Cf. Couronne, p. 269; etc.). Nous avons fait observer, sous le titre Fleurs, que le miracle des pains changés en roses, etc., semblait appartenir à la reine de Portugal plutôt qu'à la landgrave de Thuringe. Mais les artistes n'y ont pas mis tant de discernement. Et d'ailleurs un fait assez analogue, celui de pains ou de morceaux de pain changés en pierres pour déguiser une aumône à des yeux malveillants, se retrouve dans la vie de plusieurs saints personnages; comme par exemple saint Jean de Bridling- TON , prieur de chanoines réguliers dans le Yorkshire (10 octobre, 1379).

Sainte Phara'ilde (Cf. Oie, p. 583). On montre à Gand des pains changés en pierres à l'occasion de la légende que voici, mais qui se raconte également de quelques autres endroits. Vers le xvi'' siècle, dit-on, une pauvre femme malade demanda pour son enfant un pain à sa sœur. Celle-ci, quoique fort à son aise, refusa d'accéder à la demande sous prélexte d'impossibilité. Afin de couvrir sa dureté, elle ajouta : <( Si j'ai du pain chez moi, je veux qu'il se change en pierres! » Ainsi fut fait, et peu s'en fallut que l'enfant delà pauvre femme ne succombât au besoin ; mais ce fut la riche avare qui mourut réellement, parce que tout son pain se trouva converti en

forme jioétique donnée à la tentation d'économie peu charitable (|ue le saint avait surmontée en renonçant à la dernière ressource de sa maison ?

4. Cf. Becueil... de la Société de sphragistique, t. IV, p. 44-54.

5. Legenda aur., cap. lvi. L'acbat du pain et la sainte qui les em|)orti' au ili si i i, se voient dans les médaillons inférieurs du vitrail que nous avons n'|)roduit précédemment. Cf. p. '247.

Page 1