PÂTRES
Sous les titres Berger, Bœuf, Pourceau, etc., on trouvera divers saints qui ont gardé les bestiaux. Mais pour quelques-uns on ne dit pas clairement à quelles espèces de bêtes ils étaient préposés (les Picards ont des capitaines de dindons). Réservons donc ici une place neutre où puissent être logés ceux dont l'emploi n'est pas bien défini.
Tel est le (ou saint) Alderic de Fussemcii, dans le diocèse de Cologne; 6 février, sur la fin du xii« siècle. Les Prémontrés se l'attribuent, sans qu'il soit très-clair qu'il ait pris l'habit de leur Ordre; mais de fait, il s'était mis au service des religieuses Prémontrées, et garda les vaches ou les pourceaux de leur couvent. C'est surtout avec des pourceaux qu'on le représente ; il mourut à l'âge de vingt ans, après avoir exercé cet humble office. On lui prête je ne sais quelle parenté avec la maison royale de France; ce qui l'a fait peindre quelquefois accompagné des fleurs de lis, du dauphin, et des armoiries de Navarre. 11 passe en outre pour avoir fait sourdre une fontaine miraculeuse, que l'on montre encore aujourd'hui ^
PATRONAGE DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE
Cf. Manteau.
PATRONS DIVERS
Les villes, diocèses, chapitres, églises, corporations, professions, maladies, nécessités quelconques, familles
même (parmi les princes) avaient jadis un avocat ou patron que l'on honorait pour se recommander auprès de Dieu. Si l'usage populaire a beaucoup faibli sur ce point en maint endroit, il en ést resté partout des traces profondes qu'il faut savoir interpréter pour se rendre compte de nombreux monuments. Les numismatistes, en particulier, ont cherché depuis longtemps à éclaicir cette question pour comprendie ou constater le rôle que jouent divers saints sur les médailles ; et plusieurs travaux, durant ces trente dernières années surtout, se sont efforcés d'y introduire un peu de lumière-. Je ne suivrai pas dans les plus petits détails toutes les fantaisies qui ont pu faire introduire sur les monnaies le patron de tel ou tel prince régnant, parfois même un saint local qui venait d'être canonisé. Ce serait à n'en plus finir, comme peuvent l'avoir compris ceux qui ont voulu jeter du jour sur ce sujet difficile. Je ne me propose pas non plus d'expliquer habituellement pourquoi un saint est honoré dans tel lieu, ou choisi pour tel patronage quelconque. Il y aurait là matière à un ouvrage tout entier, que plusieurs ont entrepris, et qui ne semble pas avoir été conduit encore au terme désirable. J'aurai fait quelque chose d'utile pour l'acheminement de ce projet en rassemblant de divers endroits ^ les patrons jadis réclamés dans la chrétienté, sans prétendre dire le dernier mot sur une question si complexe.
Toutefois, quand je dis pairons, encore faut-il s'entendre pour ne pas prêter le fianc aux doctes chicanes de certaines gens susceptibles en fait de droit strict qui n'était pas du tout mon objet. Je ne veux pas discuter si tel saint est précisément au premier ordre ou au second parmi les protecteurs canoniquement reconnus dans l'Office d'une Église, ni même s'il a toutes les garanties exigibles. 11 ne s'agissait ici que de mentionner la chance de trouver en tel ou tel lieu les représentations d'un bienheureux ou d'un saint dont les attributs pourraient prêter à quelque doute, si l'incertitude n'était résolue par des considérations locales. Patrie, souvenirs d'une vie passée dans la ville ou la province, bienfaits plus ou moins éclatants obtenus par l'entremise d'un serviteur de Dieu ici plutôt que là ; inOuence exercée par lui durant sa vie mortelle comme habitant, seigneur, missionnaire, etc.; qu'aurait-on besoin de chercher autre chose en une compilation qui ne vise qu'à expliquer les représentations populaires ? Ceci soit convenu d'avance. Le reste est affaire aux hommes consommés dans les questions spéciales, et auxquels toute déférence se doit. Mais depuis que le nombre des grands canonistes a diminué, nous en avons eu la monnaie au delà du besoin.