POSSÉDÉS ET DÉMONIAQUES
Sous le mot Démon nous avons donné déjà plusieurs renseignements qui déchargeront en partie l'article actuel. 11 ne nous restera donc plus celte fois qu'à men- (ionner les saints qui sont peinis habituellement comme faisant sortir un pelit diable de la bouche ou de la tête des gens qu'ils exorcisent. Quantité de saints ont des faits de ce genre dans leur biographie; mais, pour ne
pas excéder, bornons-nous à ceux dont c'est la caractéristique la plus commune. Les démoniaques délivrés ne sont souvent qu'un symbole général du don des miracles, et par conséquent un attribut assez ordinaire des thaumaturges. En ce cas, l'artiste réunit souvent des malades, des possédés, des prisonniers, etc., pour marquer leur délivrance 'commune due à la puissante intercession de leur libérateur*. Tels sont par exemple saint Hugues de Lincoln, saint Norbert, saint François d'Assise, SAINT Antoine de Padoue, saint François Xavier, etc., etc.
Nous aurons aussi à mentionner les saints qui ont chassé le démon de certains lieux hantés par lui.
Saint Lin, pape et martyr; 23 septembre, 79. Délivrant des possédés et ressuscitant un mort\ On raconte qu'il délivra du démon la fdle d'un consul Satiirninus.
Saint Grégoire de Néociîsarée, surnommé le Thaumaturge (Cf. Bâlon, p. 126, sv.). Comme il se rendait à sa ville épiscopale, un orage le surprit vers la tombée du jour et lui fit chercher un abri dans un temple d'idoles oîi il passa la nuit en prières. Le lendemain matin, le prêtre des faux dieux ne reconnaissant plus dans son sacrifice les signes accoutumés, apprit du démon qu'il honorait, que son pouvoir avait été renversé par l'hôti; qui venait de passer la nuit dans le temple. Le prêtre courut en toute hâte après l'homme qui rendait ainsi son ministère impuissant, et le somma, si son pouvoir était réel, de le montrer par une contre -épreuve en faisant rentrer le dieu dans son temple. L'évêque, détachant alors une feuille du livre qu'il portait, écrivit dessus ces simples mots : « Grégoire à Satan : Rentre, n et la donna, sans plus tarder, au ministre de l'idole; Ce billet une fois posé sur l'autel, tout reprit l'allure ordinaire. Alors le sacrificateur, plein d'admiration, s'empressa de rejoindre Grégoire, lui demandant d'être initié à la connaissance des mystères qui donnaient une telle autorité. Mais comme l'incarnation de Jésus-Christ lui
de Strasbourg à laquelle j'emprunte uniquement les strophes suivantes:
« Anna mater Samuelis Tibi namque Dominus
Flebat gliscens filium; Angelum transmisit; plaude
Avia Emtnanuelis Quia niliilominus
Flebas improperium Joachim est destinatus
Legis, tibi quod objectum Ambos vos lœtificans;
Est a contribulibus, De futuraque affatus
Flesqne Joachim abjectum Sobole certilicans.
Templi a cultoribus. Viro tno occurristi,
Legis namque maledictura Angélus ut monuit;
Patitur sterilitas, Gravidata peperisti
Joacliimque sir afilictum Filiam qu£e genuit.
Fecit infœcunditas. Virgo virum sine viro,
Salve, Anna, semper gaude, Verum Dei filium. Etc. »
L'aacicn Bréviaire de Laon (1495) analysait la légende dans les antiennes rliytlimées du '2G juillet. En voici quelques-unes, surtout de Matines et de Laudes, pour mieux faire comprendre comment nos ancêtres étaient chaque jour familiarisés avec la vie des saints dans tous ses détails :
« Infœcundos cum fœcundis Qui Joachim infœcundi
Mos non erat sistere, Rel'utabat munera.
Nisi Deus daret prius Exprobrabat et dicebat
Masculinum gignere. Hune valde prajsuinere
Ea quidem tempestate Qui fœcundis infœcundum
Praesul erat Isachar, Se captabat jungere.
Hoc Joachim conturbatur Confusus opprobrio, Quem Pontifex solus prorsus Hoc notât elogio.
Quadam die soli stanti Angélus apparuit, Dicens illi ; Flere noli, Te Deus exaudiit.
Quum ad portam perveneris Quam dicimus auream, Sponsam tuam niox habebis, Ingressurus obviam.
Promiserunt et voverunt Si det eis Deus prolem, Servitio ejus sancto Sine fine permansuram.
Erant autem cirra templum, Juxta psalmos graduuui, Tune quindecim gradus ^ilti Dantes iter arduum.
Hos Maria scandit sola Nec quîerens suffragium.
Quas et quanta sit futura Bonum dans indicium. »
1. Il en a été question précédemment, à propos de saint Cerboney, sous le titre Oie.