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TERRE

Le moyen âge, avec son langage symbolique, avait imaginé de donner l'inféodation (entre autres cérémonies légales) par une motte de terre qui indiquait la possession du sol. 11 ne faut donc pas s'étonner d'en retrouver une trace dans les représentations des saints faites à cette époque ou d'après lés idées d'alors. En voici un exemple (p. 7G0) dans le (ou Vénérable) Giseleert prémontré, qui avait donné sa terre à la sainte; Vierge pour qu'on y bâtit l'abbaye de Tongerloo-. Ce qu'il lient sur les mains, en l'offrant au Ciel, indique la donation du terrain oùs' éleva le monastère; et pourrait absolument s'appliquer à saint Gilbert d'Auvergne, prémontré aussi (G juin, 1152). Celui-ci fonda l'abbaye de Neuffontaines (ou plutôt Neuffons) sur le fief dont il était seigneur.

Cet attribut n'est pas commun, mais il a des analogues que l'on retrouvera çà et là ; comme quand saint Romuald porte une sorte d'îlot oîi l'on voit figurer l'ermitage des solitaires camaldules, et lorsqu'un saint tient de façon ou d'autre un petit modèle de ville (Cf. Ville, Ancre), pour indiquer son patronage réclamé par les habitants de cette cité. De même (Cf. Eglise, Édifice) nous avons vu déjà qu'un petit modèle de monastère, de chapelle ou de cathédrale désigne ordinairement les fondateurs ou donateurs d'abbayes, d'évêchés, etc.*

Quant à saint GiLBErvr d'Auvergne, on le voit aussi représenté avec sa femme (la B^'' Pétronille, fondatrice d'Aubeterre) et sa fille (la B^'= ou Vénérable Pontia) qui se fit religieuse avec sa mère. Mais ces estampes sont rares, et n'ont guère été répandues que dans l'ordre des Préniontrés, auquel appartenaient les deux abbayes de Neuffons et d'Aubeterre. Cf. Enfants, p. 358.

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