‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 535 sur 632 · ET INSIGNES DE LA PAPAUTÉ · texte numérisé non relu

ET INSIGNES DE LA PAPAUTÉ

La tiare asiatique (ou mitre persane, phrygienne, arménienne), jadis usitée dans l'art pour désigner in globo les populations du nord-ouest de l'Asie connues en Grèce ou à Rome, semble avoir été une espèce de ïarbouch {fez, si l'on veut) modifié çà et là par des modes locales avant l'introduction du turban moderne. Il en a été question déjà dans les articles intitulés Bonnets singuliers et 3Htre, où l'on a pu voir ce qu'elle devient

P-^il^L (''y''*"^'"'^^' "adi'it par P. Dman.l,

2. J'en ai oxplir,,,-. dautros dans les Vitraux de /iourges, à propos

d'un qnadrnpùdo tctramorphiquc représenté plus d'une fois par l'Allemagne du moyen .âge. Cf. n" G7 (p. 124), etc. II s'en trouve probablement d'autres exemples encore.

TIAIÎK ET l'APAliTÉ

dans l'art du cliristianisme. En voici un nouvel exemple d'après les vieux vases de verre à feuille d'or incisée \ où il s'agit, de l'un des jeunes Hébreux exposés aux flammes dans la fournaise de Babylono, Cf. Fowr, etc.

Quant à l'insigne pontifical qui a conservé chez nous jusqu'aujourd'hui le nom de la tiare antique dans les usages modernes, il pourrait prêter à beaucoup de détails qui n'entrent pas nécessairement dans notre sujet. Vers quelle époque la tiare papale reçut-elle les trois couronnes qui la décorent aujourd'hui et l'ont fait nommer triregno? Gela est-il antérieur ou postérieur au pontificat de Boniface VIII ou de Clément V? Question qui n'importe point à mon ouvrage actuel , où j'ai bien d'autres difficultés à éclaircir; sans trop entrer dans les discussions de curiosité pure, ou sujettes à débats II y a des travaux qui peuvent renseigner à ce sujet.

Ajoutons que la tiare est souvent employée par les artistes pour désigner le Père éternel ou même la personnification de l'Église, parce que c'est l'indice de la plus haute dignité qui soit au monde.

Les évoques de Bénévent, comme suffragants privilégiés du souverain pontife, ont eu la prétention de porter la tiare; mais je ne saurais dire si aucun monument sérieux peut être cité à l'appui de ce droit qu'ils voulaient s'arroger.

Le moyen âge donne quelquefois la tiare au prince des prêtres juifs; mais la plupart du temps il se contente de la mitre, comme expression du mot latin pontifex. En conséquence, Aaron se rencontre plus d'une fois avec l'un ou l'autre insigne, mais beaucoup ])lus souvent avec la simple mitre épiscopale.

La croix à trois branches, que l'on appelle papale,

1. Cf. GaiTUcci Vctri ornati di figure in uro, tav. III, n" S, !l, II. Je mo suis servi d'un calque exécute sous la direction du P. Artli. Martin, avant la nouvelle édition romaine.

2. Cependant, pour ne pas omettre entièrement un fait qui a son importance, renvoyons à l'opuscnle du cardinal Garampi qui a pour titre lllustrazione di un aniico sigillo délia Garfagnana, p. 89-08. Cf. G. B. De Rossi, BulleUino, 18()4, p. 3.

3. J'en ai dit quelque cliose ailleurs (Mélanges d'Archéologie, etc., t. I, pl. XXXII et p. 22!», sv.).

4. Une hymne {Os, lingua, mens, sensns, rigor) en son honneur, dans un manuscrit de la l)ibliotlnV|uc d'Amiens (n" 132), dit de lui :

mais que le pape ne porte jamais, est une invention des artistes. De ce que les patriarches d'Orient tiennent souvent en main une croix <-i deux branches ou même à trois, laquelle est lout simplemeni lui usage grec pour indiquer l'inscription (I. N. R. J.), les bras proprement dits et l'escabeau qui supportait les pieds de Notre-Seigneur', l'on a conclu qu'il fallait aux souverains pontifes quelque chose d'au moins aussi distingué. Cela était fort gratuit, mais prenons-le comme à peu près admis dans un grand nomi)re d'estampes.

La chape, et surtout la chasuble avec le palliuni,sont des ornements beaucoup plus authentiques de la dignité papale, comme couronnement de la hiérarchie chrétienne. Mais encore une fois, nous n'avons pas en vue de discuter ici les questions précisément liturgiques ou de haute antiquité. Sous peine d'être interminable, notre livre doit supposer connu ce qui appartient à des sujets où l'hagiographie n'est pas immédiatement en cause.

Après ces préliminaires quelconques, il peut être utile d'introduire sous le titre actuel divers saints qui sont représentés devant un pape, ou qui ont un certain droit à quelque insigne de la papauté. Mais encore faut-il y mettre de la modération, sous peine d'avoir à rédiger une liste tellement considérable que l'utilité de cette caractéristique s'évanouirait dans la quantité même de ceux qu'elle serait censée faire reconnaître. Aussi avonsnous déjà préludé au présent article sous le titre Pupaillé, auquel le lecteur se référera, s'il veut.

Saint Pierre Célestin (Cf. Colombe, p. 2/iO; Z)('niO)7, etc.). A cause de sa renonciation à la papauté, on le voit souvent en costume de célestin, ayant à ses pieds la tiare, sur un bras la chape, et les clefs dans la main gauche^ Ailleurs, surtout dans les vieilles estampes, le saint tient la tiare par le sommet, comme s'il voulait la poser à terre (la déposer).

Saint Pamphile, évêque de Corfinium (dans l'Abruzze); 28 avril, vu* siècle. Mandé à Rome par le pape Sergius près duquel des calomniateurs l'avaient desservi, les miracles le justifièrent mieux que n'aurait pu faire une plaidoirie contradictoire, et il fut congédié respectueusement pour reprendre possession de son siège ^

Saint Richard, évêque d'Andria; 9 juin, v* siècle. Venu d'Angleterre à Rome et déjà prêtre, il fut accueilli par le pape saint Gélase qui lui confia le siège d'Andria dans la Pouille.

« Ea propter monacliatus Capa vilis

Sibi stratus Facta pilis.

Fuit gratus Non subtilis

In que tiiu vixerat, Purpureus habitus

Plusquam digiiitas papalus ;

Queni paratus, Rudes cibi

Non arttatus, Certo sibi

Sponte resignaverat. Placuerunt penitus. n

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