‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 547 sur 632 · TOUR. — TRÉPIED · texte numérisé non relu

TOUR. — TRÉPIED

Un autre plomb, tiré du même recueils montre plus clairement les trois fenêtres sous cette coupole (à côtes de melon) qui domine la tour.

Je ne sais si la plume de paon qu'on lui met quelquefois à la main en guise de palme, désigne la Trinité (la troisième fenêtre) par l'œil qui s'y aperçoit à l'extrémité supérieure ; ou s'il y aurait là quelque calembour sur le nom de la sainte, à cause des belles barbes de cette plume enrichie de couleurs chatoyantes. 11 semble qu'il y ait quelque rapport entre cette plume et le choix que les libraires de Rome ont fait de sainte Barbe pour leur patronne.

Sainte Léocadie (Cf. Chaînes, p. 192) se voit souvent enfermée dans une tour où elle est chargée de fers; et on la représente agenouillée devant une croix tracée par elle sur le mur ou sur le sol. Elle obtint par ses prières de mourir ainsi, pour ne pas entendre davantage les exécrables blasphèmes des païens contre Dieu et les récits des mauvais traitements subis par les chrétiens. C'est à cause de cela ou pour les tourments qu'elle avait endurés dans sa prison qu'elle est ordinairement qualifiée de martyre-. Mais quant à son cachot, comme ce n'est que l'intérieur d'une tour, il faut convenir que cela n'est pas facile à distinguer de tout autre cabanon dans un tableau ou un bas-relief. Le moyen âge, se laissant assez peu embarrasser par les proportions dans quelques monuments populaires, nous montre bien çà et là des captifs dans l'intérieur d'un donjon ; mais il faut alors que les prisonniers soient bien petits pour ne pas prêter à rire, ou que le spectateur soit de bien bonne volonté ^

Sainte Ciiiustine , vierge et martyre ( Cf. Flèche , p. Zil5, sv.; Meule). Une petite tour dessinée auprès d'elle peut rappeler que son père l'avait enfermée.comme sainte Barbe, ou qu'elle fut jetée dans un four à chaux*.

Sainte Irène de Constantinople ou de Thessalonique (Herina, Erini, etc.), dont nous avons parlé sous le titre

(1558 ) et de VVurzboui-g (1575), ce ne serait toujours que le même récit sous diverses formes. Cependant il peut être bon d'indiquer le bréviaire hispano-gothique, qui ne passe point pour avoir les mêmes origines que nos proses modernes de la chrétienté occidentale. Hymn. ad vesper. :

i< Mire fenestra triplici Abscindit natôe jugulum

Ornas patris palatium, Pater, fera crudelior;

Fide demonstrans simplici Sed per cœleste spiculum,

Trinitatis mysterium. Mors ipsum ferit sœvior. »

Cf. Supra, p. 409.

Ad matulinum :

« Manus paterna jugulât Puellam, et continuo Périt; [nam?] dœmon stimulât Parrifidam lonitruo. i>

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