‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 553 sur 632 · TRIBUNAL · texte numérisé non relu

TRIBUNAL

Bien des martyrs cités devant un juge infidèle pour être sommés de renoncer à la foi, trouveraient place ici et formeraient une longue liste d'autant moins utile qu'elle réunirait plus de noms. La plupart de ceux qui figureraient à ce titre seront reconnaissables par un attribut plus caractéristique sous lequel il faudra les chercher. Bornons-nous donc à certains saints pour lesquels ce signe a quelque chose de moins vague; et faisons observer que le tribunal d'un gouverneur romain était généralement un simple siège en pierre, à la façon des anciennes chaires épiscopales qui subsistent encore dans plusieurs églises. Deux ou trois degrés l'élevaient au-dessus d'une base qui dominait l'auditoire, et les assesseurs siégeaient à droite et à gauche au-dessous du président. Cf. Trône, p. 781.

Saint Genès le greffier. CL Tablelles à écrire, p. 757 et sv.

Sainte Olympias (ou Olympe), veuve; 17 décembre, v. 410. Elle était d'une naissance illustre et avait perdu son époux après vingt mois de mariage. Sur son refus de contracter une nouvelle union avec le neveu de l'empereur, Théodose II fit séquestrer ses biens jusqu'à ce qu'elle eût atteint l'âge de trente ans. La sainte écrivit au prince que ce lui était un grand débarras, auquel on mettrait le comble en distribuant ses revenus aux pauvres. Plus tard elle montra elle-même que ce n'était pas une simple bravade, en exécutant ce projet de ses propres mains quand ses biens lui furent rendus. Diaconesse de l'Église de Constantinople.et constamment déclarée pour saint Jean Chrysostoine, elle eut part aux persécutions qui atteignirent ce saint évêque; aussi fut-elle condamnée à une grosse amende et bannie, sous prétexte qu'elle avait aidé à l'embrasement de la basilique principale, qui suivit l'exil de cet homme de Dieu.

TRIDENT. CL Fourche. TRINITÉ.

Des artistes ont imaginé de représenter la sainte 'Irinité par un triangle équilatéral. Cette invention ne remonte pas bien haut dans l'histoire de l'art chrétien, et je la mentionne uniquement pour valoir autant que de raison .

Liban (comme je l'ai dit ailleurs), et des tortures sans nombre. Mais, ce qui explique peut-être son introduction dans le célèbre groupe des patrons les plus secourables, c'est ce passage de la prose Sanctissiini pontificis (ap. Mono, Hymni... medii œvi , t. III, p. 2i»2, sq.) :

(I Et post raulla supplicia, Petierit, Ja morcedem, Domine.

Cliristus Deus sempiterna Ergo, sancte pater Erasme,

Vexit illum ad gaudia. In adversis nos tuere,

Ubi orat : Me quicumque Dirigens nos prospère. »

TRIMTÉ. — THOiMPE DE CHASSE.

Les Grecs, et Raphaël avec eux, d'accord avec la liturgie puisée dans le langage des saints Pères, peignent volontiers, comme symbole des trois Personnes divines, les trois anges qui apparurent au patriarche Abuaham dans la vallée de Mambré (Gen. xviii, 1-16). Ordinairement même les artistes de l'Église orientale choisissent l'instant où les trois anges attablés sont servis par le patriarche. Cf. Repas.

Quoique je n'aie pas à m'étendre sur la façon dont on a essayé de retracer ce mystère, il peut être utile d'écarter en pratique une forme originale qui a eu cours au xv^ siècle sous la main des xylographes, et qui se retrouve maintes fois jusque dans les livres liturgiques. Mais elle a été blâmée par Urbain Vlll qui condamne au feu ces sortes d'images*.

Quelle que soit du reste la façon que l'on adopte pour figurer la sainte Trinité, plusieurs serviteurs de Dieu sont communément peints avec cet attribut, surtout ceux qui ont eu à lutter contre l'arianisme. Tels sont, entre autres, saint Athanase patriarche d'Alexandrie-, SAINT Hilaire de Poitiers, SAINT LÉANDRE évêque DE Séville", saint Silvère pape, saint Mercurial de Forli évêque et martyr \

Saint Augustin évêque d'Hippone (Cf. Cœur, p. 2?>h; Saillis représentés avec des enfants). Nous avons vu que ce grand homme avait été averti de ne pas scruter les mystères trop ardus pour l'intelligence humaine la plus élevée. 11 dit lui-même d'ailleurs que le souvenir de la Trinité sainte était une joie pour son âme.

Saint Étienne de Muret, fondateur de l'ordre de Grandmont; 8 février, 112/». On le représentait volontiers dans sa solitude de Muret près de Limoges, agenouillé devant la sainte Trinité qui lui apparaît, et à laquelle il se consacre par une formule dont il tient l'écrit à la main. On lui met en outre au doigt un anneau, seule chose qu'il eût conservée de tous ses biens, et qu'il porta comme souvenir de son engagement au service de Dieu. La donation par laquelle il se liait à sa nouvelle vie était conçue en ces termes : a Moi, Etienne..., je m'offre et me donne à Dieu le Père, à son Fils et à l'Esprit-Saint; Dieu unique en trois personnes ^ »

Saint Thibaud de Montmorency, abbé cistercien des

1. « Tribus buccis, tribus nasis et quatuor oculis; et alise, si quic iiivoniuntur similes.» Cf. Benedicli XIV Bullarium (Rom. 1746), 1. 1, p. 5Gfl, sqq.

2. Cf. C. Cavedoni, Memorie di Ikligione.,., série III, t. XIII (Modena, 1852); p. 132-138.

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