‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 577 sur 632 · AA. SS. M., t. VI, p. 20i · texte numérisé non relu

AA. SS. M., t. VI, p. 20i

2. Le monument complet se voit sous toutesses faces dausle savant et bel ouvrage que je viens de citer. Cf. ihid., p. 13-16 ; et pl. vu, sv.

Je n'ai pas à interpréter le fragment d'inscript^n qui court sur la partie que M. F. de Dartein voulait bien me permettre de reproduire. Son livre dit ce qu'il faut à ce sujet.

3. Cf. Didron, Guide de la peinture; et notes ibid., p. 74, svv. Plus d'un monument fait voir que la pratique se conformait assez à une donnée trop impérieuse d'ailleurs chez celui qui rédigea les espèces de lois édictées par le moine grec Denys d'Agrapha.

4. Il est bon de savoir que la bénédiction grecque prétend exprimer un sens mystérieux par la disposition qu'y affectent les doigts de la main droite. Cet artifice, assez pénible en pratique, et qui doit

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semblent soutenir le siège de Notre-Seigneur {qui sedes super Cher ubim, manifcstare...). La voûte céleste {ascendens super omnes cœlos) est probablement rappelée par les étoiles ou rosettes semées dans l'espace ; et deux des anges qui paraissent emporter l'auréole par delà le firmament ont leur nimbe surmonté d'une croix. Je ne pense pas que l'on ait prétendu caractériser de la sorte un chœur spécial de la hiérarchie angélique; bien que ce puisse être le souvenir du chrisme qui, chez les Grecs, se donnait aux Dominations, aux Vertus et aux Puissances, mais aussi aux archanges ^ Cependant, il est singulier de voir dès lors un signe qui s'efface ensuite durant plusieurs siècles pour ne guère reparaître chez nous que beaucoup plus tard. Sur la fin du moyen âge, les archanges et même les petits anges vêtus en enfants de chœur (conséquemment la hiérarchie inférieure des esprits célestes), reprennent cette croix sans nimbe. Elle est alors tout simplement maintenue au sommet du front par un bandeau qui assujettit la chevelure sur les tempes, en façon de ferronnihre (Cf. Anges, p. 33).

On a vu plus haut (p. Ihh) que Masaccio plaçait tout simplement un petit diadème au front de ses anges, dont la chevelure et la robe feraient penser à de jeunes filles. C'était encore un souvenir des temps anciens, mais déjà sensiblement altéré. La Renaissance en a fait bien d'autres un peu plus tard.

Ajoutons que la main droite de Notre-Seigneur se contourne d'une manière impossible pour montrer la paume en dehors (sauf qu'il faudrait compter six doigts), afin de figurer peut-être une bénédiction grecque (connneon dit). Mais il n'est pas bien établi que ce rite n'ait pas été jadis commun à l'Église latine et à celles d'Orient. Si recherché qu'il semble, il a pu être protégé longtemps par un symbolisme qui perdit peu à peu sa raison d'être chez nous. Ce pouvait être d'abord une trace du chrisme'' antique (Cf. Chiffre, Auréole), mais dont la signification primitive dut devenir à peu près inintelligible chez nous autres Occidentaux, lorsque le grec y passa généralement à l'état de langue savante dont l'alphabet même n'entrait plus dans les habitudes des peuples latins. On ne laissait pourtant pas de s'en servir dans la consécration des églises : les éléments des caractères de l'une et l'autre langue devant être alors tracés sur le sol couvert de

souvent être peu appréciable aux yeux, consiste théoriquement en ceci : l'index un peu plié et le pouce croisé sur le doigt du milieu sont censés retracer les deux lettres xc; l'annulaire étendu, et l'auriculaire recourbé, passent pour faire une fonction semblable au sujet des lettres ic. D'où résulterait l'abrégé des deux noms de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Les vieux croyants russes (starovères) sont intraitables sur cette curiosité liturgique d'autrefois, entre divers griefs qu'ils font valoir contre l'Église actuelle de leur pays (si Église il y a) -, et vraiment on pourrait lui chercher querelle sur un terrain plus ferme pour l'offensive.

Plusieurs de nos peintures du moyen âge (en Italie surtout) retracent encore au moins vaguement cette pragmatique. Mais il esi, souvent facile de voir qu'elles ont été copiées sur des originaux

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cendre, pour qu'il ne fût pas dit que la difi'érence des idiomes pût êlre prise comme cause d'incompatibilité entre les Orientaux et nous. Je crois cependant que mainte fois nos évêques occidentaux du moyen âge auront eu grand besoin de suivre avec beaucoup d'application les modèles tracés sur le Pontifical, pour ne pas estropier cruellement les lettres grecques.

Quant aux Chérubins dont il a déjà été question ailleurs (Cf. Ailes, Anges), un certain privilège de science

exceptionnelle peut leur avoir valu chez les Grecs cette représentation de têtes ailées que nos artistes ont énormément prodiguées dans la suite. Ce devait être d'abord une forme adoptée pour faire entendre qu'il s'agissait de pures intelligences'; et le premier Ordre des esprits bienheureux {Trônes, Chérubins, Séi'aphins) aura reçu exclusivement cet attribut. Dans la suite on prit goût à cette tête unique, et l'on n'y chercha plus guère s'il fallait absolument plusieurs paires d'ailes.

apportés par le commerce grec, ou Ochapprs jadis à la persécution byzantine des iconoclastes.

1. Cf. Guide (le la peinture, p. 71. — Didron, Iconographie... de Dieu, p. 222.

Clef de voûte du xv« siècle (Cf. Chrisme, Clit/fre, etc. ; p. 95-98, 221 etc.)

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