CARACTÉRISTIQUES DES SAINTS
Il est rare qu'un auteur ne rêve pas la seconde édition de ses travaux. Mais la probité vent qu'éditeur et acquéreurs n'y soient pas lésés. En attendant même l'écoulement de la publication première, ceux qui ont facilité la diffusion du livre méritent bien que certaines corrections survenues après coup ne leur soient pas soustraites. Le bénéfice du temps qui vaut pour l'auteur lui-même, il en doit faire part aussi à ceux qui ont encouragé son ouvrage dès l'abord. C'est pourquoi, après quatre années, j'ai cru devoir ajouter tout de suite quelque chose à mes deux volumes de 1867 et 1868. en réunissant sous peu d'espace les rectifications et améliorations les plus urgentes qui s'étaient offertes, chemin faisant, à mes yeux; surtout pendant les loisirs assez longs que la guerre (Prussiens et Commune) nous a faits récemment.
Ce ne sera certainement pas tout ce qu'on y pourrait désirer d'améliorations ; mais c'est du moins le solde anticipé (sinon complet) d'une espèce de dette criarde envers les premiers souscripteurs, que j'ai voulu servir aujourd'hui sans plus de retard.
J'emploierai A et B pour désigner la première et la seconde colonne dans chaque page dont le chiffre est indiqué.
Novembre 1871.
Page 10, note pour la ligne 9. — Les saints de chaque jour, gravés par Gallot avec sa pointe si spirituelle et si gaie qu'elle frise de temps à autre la pantalonnade dans des sujets religieux, ont été contrefaits plus ou moins lourdement quatre ou cinq fois à ma connaissance. Une autre collection française du x\u^ siècle (à Douai, si j'ai bonne mémoire) a été copiée en Allemagne à trois reprises, pour le moins. La grande série des ermites due aux frères Sadeler (d'après M. Devos) se vendit d'abord jusqu'à complète usure des planches, qui changeaient d'éditeurs successivement ; puis on l'imita en partie sous divers formats, dans trois ou quatre contrées. Tout cela répandait au loin certaines caractéristiques dans une bonne partie de la chrétienté latine. De même encore, surtout en France, pour les saints du mois destinés par Séb. Leclerc aux collèges des jésuites.
Page 28 B, suite de la nolel. — On pourrait croire que le calendrier sur bâton ou sur planchettes {clog-almn-
}iack), publié par M. H. Parker (Galendar of the anglican church, p. 21) marquait le 25 mars par une amande ouverte en deux moitiés d'après une section verticale qui répète à la fois les deux axes de l'ellipse. Cette pensée n'est certainement pas évidente ; mais si on la tenait pour assez bien établie, elle s'expliquerait par un emblème de l'incarnation. Car il paraît malaisé d'admettre que la floraison de l'amandier (sa fructification, bien moins encore) fût un signe populaire du printemps au nord du parallèle géographique où la Seine se jette dans la mer. D'ailleurs, ce même signe reparaît à la Visitation dans le clog-almanack de la Bodieyenne {ibid., p. 25), et même à la Conception de Notre-Dame (8 décembre). On n'y avait donc pas cherché un indice de saison particulière. Quant à y voir un cœur [ibid., p. 18), c'est ce qu'il semble très-dilTicile d'admettre en des époques qui n'étaient pas du tout sentimentales (ce dont je ne les blâme nullement). Pour moi, ce serait une amande par-
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tagéc en deux sections égales, mais tracée la pointe en bas pour se rattacher, par le petit bout, à la tige ou ligne (le raccordement qui porte ce fruit en le faisant rentrer dans la suite des jours du mois.
Page 82 B, après la Savoie. — L'hermine (fourrurej des armoiries de Bretagne se voit fréquemment sur le corsage ou à la garniture intérieure du manteau de sainte Ursule. Voulait-on ainsi rappeler son origine bretonne (Grande-Bretagne celtique) ou seulement son martyre pour la virginité, selon la devise « Malo mori quam fœdari? » De fait, le même attribut n'est pas rare dans les peintures -d'autres vierges illustres dont la parenté bretonne n'a jamais été affirmée par aucun écrivain, même légendaire.
Page 91 h, avant Atelier. — astronomie, observations et INSTRUMENTS SCIENTIFIQUES. Sous les litres Globe, Sphère, etc., on rencontrera quelques indications relatives à l'article que voici. Mais il peut être bon de mentionner une représentation qui se retrouve parfois à propos de saint Denys l'Aréopagite. En sa qualité de savant grec, il est censé avoir observé l'éclipsé qui accompagna la mort de Notre-Seigneur sur le Calvaire, et avoir conclu dès lors que l'auteur de la vie souffrait en ce moment. Cela, comme on le pense, aura aidé plus tard à sa conversion.
Page 97 B, à saint Jean de Capistran. — Le saint, d'ailleurs, vint défendre son maître Bernardin de Sienne, dès qu'il le sut accusé à Home pour avoir propagé la dévotion au glorieux nom de Jésus ; et voulut même entrer dans la ville avec une hampe qui arborait ce vénérable souvenir du Sauveur.
Page 103 A, avant l'alinéa. — Mais le vrai point de départ semble bien être Franckenthal (dans le diocèse de Bamberg), prieuré de l'abbaye de Langheim ; et la dévotion aux XIV saints, avec pèlerinage, y datait de l'an l/j/j5. Ici, comme en d'autres cas, je réserve mes preuves pour une édition remaniée, laquelle se fera Dieu sait quand; mais les matériaux sont prêts et s'augmentent chaque jour petit à petit.
Page 112 B, après saint Gilles. — Cette légende, déjà suffîsammentembrouillée pour la chronologie et l'histoire, se complique bien plus encore dans un poème français du cycle carlovingien, qui a pour sujet Tristan de Nanteuil. Puis, chez l'auteur d'Huon de Bordeaux, c'est le nain Obéron qui se fait fort de découvrir un vilain péché non confessé par Charlemagne. D'autres vestiges encore se rencontrent ailleurs dans nos épopées et légendes héroïques du moyen âge fi ançais.
Page 126 A, au milieu. — Il faut pourtant accorder quelque mention au bâton de chantre que de modernes images douaisiennes donnent à saint Chrétien. On dit qu'en effet ce saint prêtre était chantre dans l'église de Saint-Aubin à Douai , mais j'entends affirmer que son ancien reliquaire lui faisait tenir un bouquet; et selon
d'autres encore, il aurait été représenté tenant une clef d'église; peut-être comme mansionaire.
Page 136 A, avant sainte Solange. — Dans une collection française des saints du mois exécutée au xviu^ siècle, sainte Geneviève paraît surveiller quelques moutons, mais sans houlette. Sous cette petite gravure se lit un texte imité du livre de Job (v, 20) : « In famé eruit eos de morte, et in bello de manu gladii. » Tout l'ensemble paraît bien signifier qu'à cette époque on regardait encore les moutons de sainte Geneviève comme simple allégorie, représentant le peuple qu'elle avait protégé de son vivant, et dont elle continue à être la ressource.
Page 139 A, après saint Herbland. — Maisce saint Herbot (ou Herbaud) que les anciennes Vies des saints de la Bretagne armorique confondent avec saint Herblon (Hermeland, etc.), indigne M. Miorcec de Kerdanet, qui ne s'explique pas semblable écart chez des hommes tels que ses compatriotes Albert le Grand et Doni Lobineau (cf. Vies des saints de la Bretagne, Brest, 1837: p. 77/j et 780). Selon lui, saint Herbot n'est point du tout le solitaire d'Aindre, mais un pèlerin venu de la Grande-Bretagne. Quelqu'un m'avertit que saint Herbot est représenté en Armorique avec un lion près de lui ou sous ses pieds. Cependant je soupçonne fort ce lion d'être une vache, car saint Herbot (ou Herbaud) est invoqué par les bas Bretons pour les produits de la laiterie.
Page 157 B, après la note 2. — L'ancienne popularité du calendrier ecclésiastique est bien reconnaissable dans les noms donnés par la marine espagnole à ses nombreuses découvertes du xv siècle et du xvi" (Ascension, Sainte Croix, Pâques, la Trinité , saint Vincent, sainte Lucie, etc.). Leur ensemble formait comme un journal de bord accessible à toute la chrétienté.
Les plantes avaient aussi des noms pris dans le même ordre d'idées, communément d'après l'époque de leur floraison; et, si vague que fût parfois cette trace d'observation populaire, elle fixait un souvenir utile, même scientifiquement. Ainsi la fleur de sainte Agnès, ou de Noël {Helleborus niger), rappelait à tout chrétien que décembre et janvier lui montreraient ce végétal en sa parure. Il y avait la Heur de saint Valentin {Crocusmœsiacus, oiivernus) ou safran prinlanier, pour la mi-février ; fleur de saint Joseph {Ornithogalum luteum) ou étoile jaune de Bethléem, vers la fin de mars. L'alleluia (Oa;ate aceiosclla) répondait aux Pâques les plus précoces, conformément à notre dicton : « Arriver comme mars en carême. » Il y avait d'ailleurs pâquerettes [Bellis] et pentecôtes (divers Orchis, ou Ophrys), dont les noms un peu flottants s'accommodaient au commencement et à la fin du renouveau; puis la fleur des Rogations [Polygala vulgaris) pour fin avril, et l'herbe à la Trinité (Anémone irifolia) en avril et mai. Je pourrais en indiquer bien d'autres, mais ce ne sera pas pour cette fois-ci.
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Page 158 A, api ès le premier alinéa. — QuaïK-l le moyen âge encore disait que les nuits de Foctave de saint Laurent (10 — 17 août) étaient marquées par des larmes de feu tombant du ciel, on aurait pu en prendre bien avant notre siècle une occasion de reconnaître la périodicité des maxima dans les chutes d'aérolilhes à deux mois de Tan (août et novembre). Mais les observatoires ne se souciaient guère du calendrier dévot ou des dictons de bonnes gens.
Page 165 A, à propos des ciseaux (forces). — Chez nous existait ce proverbe :
A la Saint-Aubin (1" mars) l'on tond, D'ordinaire, les moutons ; Mais si vous voulez m'en croire, ïondez-les à la Saint-Grégoire (li mars).
Depuis lors nous avons retardé cette tonte jusqu'en mai et juin. Cela peut être encore plus tardif en pa\s où les troupeaux ne passent point l'hiver aux champs.
Page 208 A, avant Chaussure garnie de clous. N'oublions pas SAINT Vigile, évêque de Trente, qui est souvent représenté avec une espèce de socques près de lui. C'est que des sabots ou galoches ferrées servirent d'instrument à son martyre (cf. Idole, Pierres), lorsque les païens du Tyrol se précipitèrent sur lui pour venger leurs dieux qu'il anathématisait.
Page 226 B, avant l'estampe. — Néanmoins il importe de se rappeler que, dans les formes usitées au moyen âge pour la jurisprudence, l'abandon des clefs indiquait une renonciation oflicielle. Ainsi la veuve qui ne voulait accepter l'héritage de son mari que sous bénéfice d'inventaire déposait le trousseau des clefs du ménage sur la bière du défunt. Cela constituait un acte juridique compris par tous les assistants aux funérailles. 11 n'y aurait don': rien d'étonnant à ce que les artistes eussent employé cette forme usitée jadis, pour énoncer un abandon volontaire des biens et de la dignité en faveur de quelque nouvel élu désigné ou à venir. Le personnage était censé rejeter de la sorte avec ses clefs tous les droits attachés à l'investiture qu'il avait reçue.
Page 232 A, après la note 1. — Voir ce qui vient d'être ajouté à la page 103.
Page 239 A, avant l'article Colombe. — Trois petites montagnes superposées (2 et 1) désignent souvent l'ordre de Saint-Benoît à cause du mont Cassin, si je ne me trompe. Cependant l'Italie donne parfois cet attribut à saint Bernardin DE Sienne, parce qu'il fonda plusieurs montsde-piété (fonds de secours) pour sauver aux pauvres gens les exactions de l'usure, où l'Italie excellait avec un art de virtuoses. Car virlù y signifie encore habileté, beaucoup plus qu'empire de la conscience.
Page 305 B, à la fin du texte. — Mais il faut aussi voir l'autre signification que j'indique sous le titre Oie.
Page 314 B, après saint Aignan d'Alexandrie. — Cette
peinture, probablement de vieille date dans les représentations de saint Marc, avait donné lieu d'imaginer que l'évangéliste lui-même s'était coupé volontairement le pouce afin d'éviter les fonctions épiscopales.
Page 315 B, avant saint Michel. — D'ailleurs est-il bien établi que nulle espèce aniédiluvienne n'ait subsisté à l'état sporadique jusqu'aux âges chrétiens, surtout dans des contrées où la population n'était pas dense? Qui sera bien convaincu du contraire nous rendrait service en expliquant pourquoi la science paléontologique s'est trouvée prévenue en mainte région par les gens du peuple au sujet du ptérodactyle, du dinotheriura, du dinornis, etc., avant que jamais anatomie comparée ou fouilles savantes eussent lait rêver personne de ce qu'on appelle créations éteintes; comme qui dirait expérimentation progressive faite sur la vie par un empirique talonnant pour chercher son parti définitif.
Page 323 B. — Le drapeau de saint. lean de Capistran ne devrait pas être dominé par un fer de lance. Notre saint, voulant môme éviter de paraître autre chose que missionnaire et chapelain des soldats, tenait à ce que son étendard ne ressemblât en rien à une pique. Il se jetait volontiers au plus fort de la bataille, mais toujours comme non-combattant.
Pagr 471 B, après la note 2. — A la vérité certains zelanii qui rudoient in globo et sans façon les critiques du xvirsiècle n'entendent pas qu'on les critique eux-mêmes, il faut pourtant savoir tolérer la contradiction quand elle n'est pas taquinerie pure; ou bien quelle idée nous formerons-nous de cette science ardente et convaincue qui ne veut pas être discutée? L'histoire n'est pas affaire d'enthousiasme, ni même de pieuse croyance; encore moins de foi, s'il ne s'agit de l'Écriture sainte. Regrettons tant que l'on voudra la perte de renseignements authentiques sur des origines obscurcies par l'âge et qui mériteraient d'être mises en lumière, s'il y avait moyen; mais n'érigeons pas des fanaux trompeurs ou suspects, en faisant dire aux textes ce qu'ils n'expriment point. Saint Irénée, par exemple, constate bien une vaste étendue de terrain acquise par l'Évangile dès le milieu du 11^ siècle. Cela ne signifie pas nécessairement l'existence d'un épiscopat en tous les lieux où il indique une réimion de chrétiens. Ainsi, lorsqu'il parle d'Églises qui ne possèdent pas même un texte de l'Écriture sainte, ne serait-ce pas là de petites chrétientés éparses se réduisant à quinze ou vingt fidèles, comme cette Église d'une seule famille que nous montre saint Paul dans la maison de Philémon ?
Page 512 B,aprèsla note 6. — Il convient de remarquer aussi qu'un autre saint du même nom et tout voisin dans le calendrier (5 mars) fut respecté par les bêtes farouches sur l'arène. Celui du jour précédent {k mars et 8 septembre) aura donc pu bénéficier de l'attribut historique dû réellement à son homonyme. Au fait, le martyr ho-
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noré en Flandre clievauche un lion dans l'almanach runiqiic (probablement wallon) qne M. L. Frati publiait à Bolo^me en I8/1I.
Ceux-là (grecs et latins) ont fait bien pis, qui ont emmêlé les histoires de deux saints Cyprien martyrs. Par cet imbroglio, un évêque illustre de Carthage et docteur de l'Église latine au m* siècle s'est trouvé fondu en une même personne avec le magicien de la Grèce asiatique converti par sainte Justine et tué à Nicomédie sous Dioclétien.
Page 564 B, après la note 6. — M. Cl. Lavergne paraît tenir beaucoup à ne point passer pour inventeur de cette sottise, et je ne croyais vraiment pas la lui avoir jetée sur les épaules. Bref, donc : Honni soit qui mal y pense!
Page 579 B, après la note 2. — Rappelons-nous aussi que chez nos aïeux la viande fraîche était rare en hiver, sauf un pou de mouton pour les gens riches. Notre oise;ui était donc tout particulièrement bienvenu à saison si avare pour les repas confortables; et l'usage persiste en plusieurs provinces de conserver dans la graisse les quatre membres de l'oie comme provision durable, afin de faire face à toute arrivée imprévue d'hôtes que l'on désire fêter.
Page 586 A, avant l'article Oiseaux. — Si l'on pèse à sa valeur ce qui vient d'être dit sur le rôle des grands oiseaux voyageurs parmi les préoccupations de nos ancêtres, il sera facile de voir que l'on précipiterait abusivement ses conclusions en prétendant assimiler d'autres chasses à celle-là pour l'effet historique ou popidaire. Évidemment cerf, chevreuil et sanglier ou lièvre n'intéressaient beaucoup que la noblesse et les familiers du château. Pour tout autre, ce n'était que spectacle intermittent ou matière à plaintes sur les dégâts subis par le pauvre monde. Ces bêtes ne se promènent pas en tout lieu par grandes troupes, et les petites gens ne s'en promettent pas communément riche provende. A peine leur comparerait-on avec quelque droit, et encore pour les seuls pays maritimes, ces bancs énormes de poissons (harengs, sardines, thons, maquereaux, etc.) qui visitent certaines côtes. Mais quant aux migrations des oiseaux, elles sont à la fois spectacle périodique et ressource considérable pour ceux qui n'habitent pas les grandes villes de notre Europe moderne. Le plus mince paysan peut leur tendre des pièges ou des filets.
Page 652 B, après la note 9. — Selon N. Paquot, dans ses Notes sur Molanus, ce choix serait presque propre au pays Wallon, et aurait comme prétexte l'huile employée pour l'encre d'imprimerie. Toute la Belgique ne s'y est pas rangée, quoique le 6 mai s'appelle en flamand : u Saint Jean dans l'huile. » Mais les typographes de Malines avaient préféré Daniel, comme déchif-
freurde cop/e di/Ticile à lire (Dan., v, 5—29). Couvain, Bruxelles, Gand et Anvers optèrent pour de grands écrivains : SAINT Luc, SAINT JÉRÔME et le DOCTEUR d'HiPPONE.
Ce dernier pourtant aura pu devoir sa nomination au corps de caractères dit saint- au gustin (comme un autre était dit ciccro) en souvenir d'une édition modèle.
Page 657 B, après la note 3. — line semble pas douteux que les moulins, soit pour le mécanisme, soit pour l'amélioration progressive de la mouture et du blutage, aient été perfectionnés à diverses époques par les moines. Quand on voit saint Winoc, saint Attale de Bobbio, etc. (cL Meule), construire ou diriger des moulins, on peut bien croire que ces hommes capables auront imaginé çà et là des corrections dans l'outillage et l'économie du rendement (issues diverses). Mais il semble difficile d'établir que les moulins à exploitation considérable soient une invention monastique. Sans doute, jadis, la mouture se faisait dans chaque maison avec une petite meule mue à la main ou par un âne. Toutefois, dans de grandes terres cultivées par des centaines d'esclaves, les propriétaires italiens doivent avoir utilisé de bonne heure les nombreux cours d'eaux des Alpes et de l'Apennin pour simplifier une tâche si ingrate par des procédés économiques. De fait, les lois Lombardes, au vii*^ siècle, parlent des moulins comme d'une industrie que le prince entend protéger; d'autre part, vers 5!(0, selon les Écossais, saint Kentigern aurait établi sur la Clyde un moulin que rien au monde ne pouvait faire mouvoir le dimanche; et dont la meule devenait revêche, dès qu'il s'agissait de fonctionner pour du grain présenté par un possesseur de mauvaise foi. Ceci, sans être daté bien exactement ni constaté en tout point par des pièces irrécusables, peut mettre sur la voie de recherches utiles quant à l'époque vraie du fait réel qui occasionna la légende.
Page 673 B, après la note /|. = Le a pellem mutât India » n'aurait-il pas conduit à l'histoire d'un écorchement ? Quanta l'Inde, c'est un mot dont la vraie identification géographique n'est pas facile dans les vieux textes.
Page 691 B, après le premier alinéa. — Ne serait-ce pas tout bonnement parce que le poireau montre ses premières feuilles, ou plutôt se sème vers le temps où se célèbre la fête de saint David ? De même que le irifoliim repens paraît vers la Saint-Patrice. Nous aurions donc ainsi deux peuples celtiques voisins, qui caractérisent leurs patrons nationaux par une production du sol coïncident avec la fête annuelle. Puis la légende sera venue, y cherchant un motif biographique parce que le calendrier était explication beaucoup trop simple. Non pas que l'amplificateur manquât de sincérité. Se soupçonne-t-on amais de mensonge, ou même d'exagération, pour avoir embelli ce que l'on aime?