Corner, Chiese... di Venez/a, p
0. On a pu remarquer ci-dessus (Cf. Chapelle, p. 201, note 2j, que ce souvenir mal approprit; avait causé une confusion bizarre entre le bienheureux Fulbert de Chartres et saint Clément pape sculpté sur un des porches de la cathédrale chartraine.
7. La trace de ce pèlerinage n'est pas très-claire chez le P. Gunippenbcrg (Atlas Marianus, Munich, 1072, n" dccxliii et mxxxvi) qui l'intitule de Urticeto, probablement parce que l'image avait été trouvée d'abord à Distelbacli en Franconie Dcttelbach, Dietul-
de la Cambre près de Bruxelles. Sa grande dévotion à la sainte Vierge, qui lui apparut, dit-on, Ta fait quelquefois représenter agenouillé devant une image de Marie.
Saint Amédée, évêque de Lausanne (Cf. GanI, p. Z|/|5). A cause des louanges qu'il a données à la sainte Vierge dans ses Homélies, on le représente comme le précédent.
Saint Héribert évêque de Cologne (Cf. Église, p. 339). Peint également en prière devant une image de Marie; parce que le monastère de Deutz, élevé par lui, fut construit tout exprès dans un lieu fameux par les crimes qui s'y étaient commis. Le saint voulut ainsi refaire la réputation de cet endroit; et si l'on réfléchit à la renommée du bienheureux Hupert qui en fut abbé, on conviendra que l'évêque de Cologne avait eu la main heureuse dans son projet.
Le bienheureux Fulbert, évêque de Chartres (Cf. Apparitions de la sainte Vierge, p. 58). Les mêmes raisons qui ont fait représenter agenouillés devant une image de la sainte Vierge quelques saints nommés plus haut, peuvent avoir occasionné la même caractéristique pour celui-ci. On lui attribue entre autres louanges de Marie, l'antienne Sancta Maria, succurre miser is, qui a passé pour être de saint Augustin; on dit aussi qu'il introduisit dans son diocèse la fête de la Nativité de la sainte Vierge; mais il est spécialement célèbre pour avoir rebâti, avec un zèle tout particulier, sa cathédrale qui avait été la proie des flammes ^ en 1020. On aurait donc tout droit de le peindre prosterné devant la représentation de Notre-Dame au type chartrain, c'est-à-dire assise et portant l'enfant Jésus sur ses genoux.
Saint Alphonse de Liguori. Cf. Chaire, Cliapelet, p. 200.
On peut trouver saint Acilius, patron de Straubing (Cf. Armure, p. 78; etc.), rapproché d'une image de la sainte Vierge. Non pas que le saint ait droit de passer pour avoir quelque relation avec l'origine de ce pèlerinage bavarois. Car la statue fut apportée d'Heilbronn pendant la guerre de Trente ans''. Mais ces deux patronages étaient chers à la ville danubienne depuis le milieu du xvii^ siècle. Le saint y était honoré bien auparavant; et les Bavarois prétendaient le confondre avec Acilius Glabrio, considéré comme martyr sous Domitien après avoir été consul (en 91, dit-on). Les hagiographes difficiles ne se rendent pas à cette conjecture * ; quoique les gens
spacli, etc., selon d'autres). Puis, comme pour dépayser davantage le malheureux lecteur, on y dit que c'est une vierge Vespeiiina (ou Vespertinatis); ce qui paraît vouloir dire une N.-D. de Pitié, parce que c'est la sainte Vierge représentée le soir du vendredi saint. Mais le docte Trithème [Chronicon Hirsaugiense, Abb. xlii; Saint-Gall, 1090, t. II, p. 038) ne fait pus remonter la trouvaille au delà de 1508. 11 eît vrai que dès lors la statue semblait avoir été oubliée longtemps. Au fond, les dévotions qui portent à l'accablement ne sont pas du haut moyen âge, à moins que je ne me trompe beaucoup.
8. M. le chevalier J.-B. de Rossi a dit quelques mots sur cette pieuse légende, dans son Bidleltino di arclieolugia cristiana, 1803, p. 80, 29 et 39. Les Acilius occupèrent cerlainement un rang élevé sous les empereurs, et leur christianisme est au moins probable.
IMAGE DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE
(le Straubing, prétendant occuper la place des anciens Castra augusta, trouvassent fort naturel de posséder les reliques d'un Romain illustre.
Divers Ordres (comme les Cisterciens , les Frères Prêcheurs, etc.) aiment à faire représenter leurs fondateurs ou leurs principaux saints entourant une image de Marie. Mais cela est surtout usité pour les premiers Servîtes (Cf. Groupes, sept à sept, p. ^|71) qui sont ordinairement montrés devant une image de Notre-Dame des Sept- Douleurs. J'avoue que cette dévotion me semble un peu précoce pour le xni* siècle qui fut le berceau de cet Ordre en Toscane, surtout si l'on suppose que Notre-Dame fut déjà représentée avec sept glaives dans la poitrine. Ou je me trompe, ou ces dévotions tristes n'appartiennent guère qu'aux époques où l'Église devint souffrante (comme du temps de Jean Huss en Bohême, et de Luther en Allemagne). Cependant les cruelles dissensions des républiques italiennes et l'origine assez reculée , ce semble , du Stabat Mater, expliqueraient absolument que la Toscajie du xui^ siècle eût arboi'é cette consolation pour les cœurs affligés. Ailleurs je ne croirais pas me tromper en afiirmant que la foi triomphante se donnait d'autres symboles. Quoi qu'il en soit, on dit que la couleur cendrée du vêtement des Servites fut imaginée précisément en manière de deuil pour les afflictions de la Mère de Dieu ^
Saint Hyacinthe, dominicain (Cf. Cadavre, p. 155; etc.). On le peint ordinairement portant un ciboire et une statue de la sainte Vierge. 11 abandonnait Kiof envahi par les Tartares en 1231, et s'était emparé des vases sacrés pour soustraire la sainte Eucharistie aux insultes de ces hordes sauvages. Comme il passait devant une statue de Notre-Dame , et la saluait sur le point de quitter l'église, il entendit la sainte Vierge lui adresser ces paroles : «c Et moi, mon fils, m'abandonnez-vous à ces barbares! » Le saint se chargea donc également de cette statue dont le poids n'était pas propre à faciliter sa fuite ^ Par le fait, l'image se trouva, dit la relation, ne pas peser plus qu'un roseau ; et l'homme de Dieu passant au milieu des envahisseurs, traversa en outre le Dnieper à pieds secs. 11 déposa son précieux fardeau à Cracovie, où la statue en pierre, reprenant sa première pesanteur, est devenue l'objet de la vénération des peuples.
Ce trait de la vie du saint ne doit pas être confondu avec l'apparition de Notre-Dame dont nous avons parlé déjà (Cf. Banderole, p. 112) et dont il existe au Louvre
1. Comme tout le, monde ne le sait pas, disons les circonstances de l'Évangile qui font le sujet de ce que l'on appelle les sept douleurs du Î^.-D. Ce sont : 1° la Prophétie du vieillard Siméon (Luc. II, 35) quand Jésus-Christ fut présenté au temple, dans les bras de la sainte Vierge; 1" la Fuite en Egypte; 3" l'Absence de l'enfant Jésus pendant trois ou quatre jours; 4" la Rencontre de Notre-Dame et de son fils pendant qu'il marchait au Calvaire; 5" le Crucifiement; C« le Corps de Notre-Soigneur déposé entre les bras de Marie; 7° Jésus- ("hrist mis au tombeau.
un tableau peint par Louis Carrache, dit-on ; mais qui ne me revient guère, s'il m'est permis d'en donner mon
Saint Hyacinthe de Pologne.
sentiment. 11 a néanmoins sa valeur, ne fût-ce que comme document historique.
C'est le partage indiqué par les répons de l'OlTice des Sept-Douleurs dans le Bréviaire ; mais je ne vois pas en quoi l'on serait bien répréhensible d'adopter pour quatrième douleur les adieux de Jésus- Christ partant pour aller à sa Passion. La sépulture, retranchée alors, serait suffisamment remplacée par la circonstance qui est l'avantdernière dans l'Office.
2. On dit même (malgré la gravure qui donne ici des proportions trop petites à l'image) qu'elle était de taille à être difficilement soulevée par un seul homme. Cf. AA. SS. August., t. III, p. 317.