Cf. Calendar. benedici., 12 septcmbr
Lne hymne du bréviaire de Liège (1558, in-8") aux premières vôpres de ce saint (Hymnum cantemus), dit : « Crimen Pippini prohibens, Curam solerter adhibens, Incestas damnât nuptias Verœ saluti noxias.
d'Alpaïde, concubine de Pépin d'Héristal. Selon d'autres, le saint aurait été victime des rancunes que s'étaient attirées ses parents en défendant ses droits avec trop de rudesse. Quoi qu'il en soit, on s'accorde à dire que saint Lambert interdit à ceux qui l'entouraient, de le défendre; et qu'il fut percé d'une lance ou d"un épieu, tandis qu'il priait pour ses meurtriers
La bâtardise de Charles Martel a bien l'air d'être entrée pour quelque chose dans les poëmes sur son petitfils Charlemagne, oîi la prétendue histoire de Berthe (sorte de Rachel supplantée par une Lia) paraît imaginée tout exprès afin de légitimer après coup certains déportements trop libres chez le père (aïeul, dans le fait) du héros; et par où la naissance du grand homme se serait trouvée entachée. Quand, après trois ou quatre siècles, les deux héros homonymes de la race carlovingienne se confondirent en un seul personnage pour des peuples illettrés, on aura voulu pallier ce qui passait pour louche dans la naissance de l'illustre empereur. Notre livre donne lieu de reconnaître à plusieurs reprises que l'histoire de Charles Martel et celle de Charlemagne se mêlèrent dans les souvenirs de la postérité. Cf. p. 173, etc.
J'ai fait mettre à la main droite de saint Lambert un livre dont la forme se retrouve assez souvent dans les tableaux du xv^ siècle, et qui pourrait dérouter le spectateur si je n'en expliquais un peu la singularité. La partie inférieure ou supérieure du fourreau s'allonge en manière de sac, dont l'extrémité peut se froncer au moyen d'un cordon passé dans une coulisse. De la sorte, le livre une fois bien fermé peut se porter suspendu au coude (comme le réticule de nos mères) ou sur l'épaule, à l'aide du cordon passé en bandoulière; on s'épargnait ainsi la peine de le tenir sous le bras au risque de le laisser choir. Mais relativement au coup d'œil (en fait d'art), pour peu que les plats du livre soient ornés en manière de carreaux ou de losanges, ainsi qu'il arrive dans certaines estampes, on peut se trouver conduit à imaginer que le personnage porte quelque chose comme une lanterne.
Hinc, ut sumatur ultio, Pr.TPSul datur supplicio; Pœriam suffert alacriter Quam plaçât causa jugiter. »
Ce qui est le plus clair, c'est que Pépin ne mit pas d'empressement à venger l'assassinat de l'évéque. Mais une prose de la mCme Kglise (missel de 1499; Chrisli laudem prœdicemus) était un peu plus formelle, quoiqu'il s'agît d'un seigneur du pays liégeois :
« Scelus ingens et énorme Et amota causa mali,
Vidit obstans Christi normae Sub amplexu conjugali
Kt excelso nomini. Motus carnis dirigat.
Nam Pippinus rex {(lux?) Francorum
Qui legalem fiigit thorum, Fractor legum, spretor morum, Adhasret adulter<p.
Preces fundil, et fréquenter Instat prœsul; et patenter llUim monet, et clementer Vult eum reducere :
Ut contetnpto nexu tali,
Cf. AA. SS. Belgii, t. VI. p. Cl-74.
At Aipais, ins acceptis, Fragrescit medullitus;
Verbis usa veiieiiato, Dodonem aggrjditur ; lUum urget, arctat satis:
Sic sanctus perimitur.
Etc. »
LÂNCK.
La pèlerine de notre saint dans ma gravure est une des formes (lue le ralional (ou superhuméral) a prises durant les divers siècles où il a été porté par certains évêques qui en avaient le privilège. J'en ai dit déjà (pielque chose (p. 37Zi,sv.) au mot Episcopal (insignes de la dignité épiscopale); et il ne faut pas m'en demander davantage dans un livre qui doit toucher à tant de choses, sans pouvoir prétendre les approfondir toutes. Ce qui est bien certain, c'est que la chaire épiscopale de Liège conférait le droit de porter cet ornement ; comme le montre encore aujourd'hui !e grand buste en argent de saint Lambert, qu'on y expose tous les ans pendant l'octave de sa fête. Plusieurs des Liégeois en ignorent le motif.
Saint Emmeran, èvêque de Ratisbonne et martyr (Cf. Échelle, p. 327, sv.). On lui met parfois à la main une lance, peut-être pour indiquer la manière dont il fut achevé après qu'on lui eut coupé les membres.
Saint Cadoc, évêque (de Bénévent, dit-on) et mart\r ; VI* siècle. Ce qu'il y a de plus clair dans sa légende, c'est qu'il fut tué d'un coup de lance en célébrant la messe*. Car presque tout le reste a une teinte celtique singulièrement prononcée; et le siège épiscopal de Bénévent, par exemple, a bien l'air de correspondre tout simplement à quelque chose comme Daventry [Benavenla ou Bennavenna) dans le Northamptonshire.
Saint Gérard Sagredo, évêque de Czanad et martyr (Cf. Encensoir, p. 367; Caillou, etc.). La lance fut un des instruments de son assassinat.
Saint Adalbert de Prusse, évêque de Prague et martyr; 23 avril, 997. Après avoir renoncé à son siège épiscopal oii il n'obtenait rien de ses ouailles, il voulut prêcher l'Évangile aux Slaves voisins du Dantzig et du Kœnigsberg actuels. Il fut assommé par les habitants, et transpercé d'une lance par un prêtre des idoles. Après quoi sa tête coupée fut exposée sur un pieu. Dans la suite ses reliques portées à Gnesne l'ont fait honorer tout particulièrement par les Polonais, qui le connaissent surtout sous son nom slave Woijliech.
Saint Adelbret (Adalpret, Albert, etc.), évêque de Trente et martyr; 27 mars, v. 1169. Ayant pris la défense des droits de son Église opprimée par les seigneurs de Castel-Barco (près Boveredo) dans la Valle Lagarina, il fut tué d'un coup de lance dans la poitrine pondant {{u'il était à cheval - pour veiller au redressement des griefs dont il voulait avoir raison.
Saint Lokgin martyr, qui passe pour avoir percé le côté de Notre-S'eigneur sur le Calvaire (Cf. Armure, p. 75.
\. A.\. SS. Janitar., t. II, p. OOi. — Montalembert, Moines d Occident, t. III, p. 71, sv. — flagiol. ital., t. I, p. 55.
2. Dissertazione intorno alla sanlità... del B" AJalpreto (Ticiitc, I75i, in-i"), p. 348.
Brautii Martyrol. poelic. :
» Praesul Adalpretiis conscripto terruit hostes Milite, qui telis proditionis oliil. »