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Caractéristiques des saints dans l'art populaire

Nous n'avons pas à parler des gants comme ornement épiscopal (Cf. Crosse, p. 29/i), quoique les artistes puissent se trouver bien de certaines indications qui n'appartiennent pas à l'hagiographie. Ainsi le saint Ambroise d'Aix-la-Chapelle {supra, p. ^29) porte les gants avec la chape; bien qu'ils soient exclusivement destinés à la messe pontificale, jusqu'au lavabo. On y a croisé aussi l'étole du prélat, quoique l'évêque la laisse tomber droite. Mais ce ne sont pas là les détails qu'impose vraiment notre sujet. Répétons à ce propo's que notre livre n'a pas pour but de traiter les questions liturgiques ou archéologiques précisément, si ce n'est dans leur relation la plus étroite avec les caractéristiques des saints. Le reste doit être censé connu d'ailleurs, ou ne sera indiqué ([u'en passant, pour la nécessité du sujet.

Il y a des histoires de gants que je demande permission de passer sous silence, ou de n'indiquer qu'en un mot : comme le gant de saint Front évoque de Périgueux, oublié aux funérailles de sainte Marthe, auxquelles il aurait assisté par bilocation '; ou le gant de SAINT CÉSAins évéque d'Arles, lequel aurait été envoyé plein d'air dans une vallée du diocèse deVaison qui était stérile jusque-là, faute de vent *.

Rappelons aussi que le gant était un signe de noblesse, ' surtout à la main gauche, où il est ordinairement garni

I. On ne parle pas du gant, mais seulement de la pn'isencc du saint évêquc de l¥rigucux, dans une prose {Ave, Martha gloriosa) de» Missels de Cologne (1520), de Prague (I47«), et de Toulouse (L-iiO).

« Animam tuie soruris Audisti supernis choris Ferti cum lirtitia.

|k Corpus taum Tariucon«

d'un'revêtement du poignet {gant à la crispin, comme on dit), parce qu'il servait de perchoir au faucon que les seigneurs portaient volontiers sur le poignet en signe du droit de chasse (Cf. Faucon, p. 406). De même aussi on a placé des gantelets de fer près de quelques saints qui avaient abandonné la vie guerrière; cela rappelle leur ancienne profession. En pareil cas les artistes n'ont pas toujours cherché si cette espèce d'armure appartenait bien réellement à l'époque du personnage.

Saint Meinwerck, évêque de Paderborn (Cf. Église sur la main, p. 339). Je ne sais s'il n'aura pas été représenté quelque part recevant un gant de l'empereur saint Henri. Ce fut la plaisanterie par laquelle ce prince lui annonça qu'il voulait le faire évêque. On n'ignore pas du reste, que le gant était un signe d'investiture. Mais quand l'empereur présenta le gant à saint Meinwerck, celui-ci lui dit': Que prétendez-vous me donner? Et lorsque le prince eût nommé le siège de Paderborn, Meinwerck qui était grand seigneur répondit : Je suis assez riche pour bâtir une autre cathédrale aussi belle. L'empereur insista parce que ce diocèse avait de grands besoins, et Meinwerck consacra sa fortune avec tous ses soins pour améliorer l'état de son Église'.

Saint Amédée de Savoie abbé cistercien, puis évêque de Lausanne; 27 septembre, 1158. On raconte que sa sœur, religieuse aussi, pour obtenir de lui les homélies qu'il avait écrites en l'honneur de Notre Dame, lui céda

Sepelivit cum Frontone

Christus manu propria. « Cela devait venir du midi de la France, car on voit plus bas ;

■ O Tarasconis patronn,

Tarasconi pacem dona

Scmper, et la;tiliara. »

•i. Gerv. Tilbericnsis, Otia impérial., dcc. 111, cap. xxxiv. 3. AA. SS. Jun., t. I, p. 510.

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