‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 110 sur 589 · LINGE · texte numérisé non relu

LINGE

(le son visage, furent enlevés dans les airs à la vue de tout le peuple'. Les graveurs espagnols ont peint volontiers ce prodige;, que les vers do l'rudonce décrivaient comme chose constante*.

Sainte VÉnoMQUE, fenmie de Jérusalem, qui passe pour

avoir roru et conservé rempreinte sanglante du visage de Notre- Seigneur sur un linge, lorsqu'elle ne se pro-

posait que d'essuyer la face de Jésus-Christ' marchant au Calvaire entre ses bourreaux. Son nom se lit le 4 février (ou le 15) dans plusieurs martyrologes, et le moyen ûge l'a souvent représentée tenant le suaire où la sainte face est tracée miraculeusement.

Il ne faut pas avoir énormément lu pour savoir que cette légende est sujette à caution ; et que le mot Véronique, par exemple, est employé non-seulement par Dante, mais par plusieurs papes pour indiquer non pas une femme quelconque, mais la sainte face elle-même qui est honorée à Saint-Jean de Latran. Le Père Bollandus*, à lui tout seul, a fait un peu plus de recherches làdessus que bien des gens qui aflichent de l'érudition avec fracas. Quant à moi qui ne puis m'étendre ici sur un pareil sujet comme si c'était mon objet spécial , il ne me serait pas malaisé de remplir une demi-page avec les seuls titres de livres qui traitent ce point d'érudition, soit pour l'attaquer soit pour le défendre. La science si renommée de M. Guillaume Grimm ne me paraît pas avoir apporté grands documents nouveaux à la question, dans un mémoire qu'il a lu à l'Académie de Berlin', au mois de décembre 18/|2. Pour ce que permet un livre comme celui-ci , disons tout bonnement que plusieurs Églises ont considéré sainte Véronique (Bérénice, Vérone, etc.), comme la femme juive qui avait re(;u ce précieux dépôt sur le chemin de la croix. Quant à dire si cette face du Sauveur non faite de main d'homme (achiropoète) était bien celle que l'on conserve (ou que l'on hçnorait jadis) à Rome, à Jaën, à Cadouin, à Laon, etc., ce ne peut être mon affaire. En certains lieux de la France, la sainte, sous le nom de Venice (ou Venisse) était invoquée par les femmes pour la guérison des maladies de leur sexe; et à Paris, on en avait fait la patronne des lingères. Cf. Forgeais, /. cit., t. IV, p. 87-92.

J'espère avoir l'occasion ailleurs de revenir sur quelqu'un des saints suaires attribués à notre sainte; ici ce serait pur hors-d'œuvre. Qu'il suffise de renvoyer les curieux aux détails donnés par M. Louis Paris sur la légende de la Véronique au moyen âge, à propos des Toiles peintes et tapisseHes de la ville de Reims.

Sainte Agathe, vierge et martyre (Cf. Mamelles, Ciseaux, p. 22/i; etc.). Peu de temps après sa mort, son voile servit à faire cesser un incendie qui menaçait la ville de Catane, à la suite d'une éruption de l'Etna; miracle qui convertit grand nombre de païens, et que rappelle le Bréviaire (5 février, antienne de Dcnediclus). CL Voile.

1. Cf. AA. SS. Mari., t. I, p. -Î-IX. t. XXXIII, p. '27'2-'2',):!; et «l-UO.

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