‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 131 sur 589 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

deux, p, &5G; etc.). Des livres ou des tablettes jetées à tene' annoncent qu'ils abandonnèrent l'école pour aller se déclarer chrétiens, dès qu'ils apprirent que l'on avait

afliché les édits de persécution contre l'Église. On sait qu'ils n'étaient pas même adolescents, et une hymne de

leur Odice donne sept ans à saint Juste et neuf à saint Pasteur*; ce qui n'empêche pas que le plus jeune ne soit toujours nommé le premier-, soit parce que le triomphe de la grâce dans un âge si tendre a quelque chose de plus admirable, soit parce que l'aîné fut quasi entraîné par l'ardeur de son petit frère. C'est aussi ce que l'on a tâché d'exprimer dans notre gravure par le regard de l'enfant.

Saint Julien et sainte Basilis.se époux, et vierges; 9 janvier, 311. Le livre de vie leur est montré, où ils aperçoivent leurs noms écrits, comme assurance du bonheur éternel. CL Lis, p. 516.

Saint Mommolin {Mummolenus, etc.) abbé du monastère de Sithieu (Saint-Berlin), puis évoque de Noyon et de Tournai; 16 octobre, 685. Le livre ouvert qu'il porte à la main pourrait bien n'être qu'un attribut général de l'épiscopat, mais je soupçonne une autre cause. Ce saint est invoqué en Flandre pour les enfants bègues ou qui tardent à parler', et la raison en est peut être originairement dans l'espèce d'onomatopée que renferme son nom comme expression du bégaiement. Cela étant, ce livre ouvert pourrait bien être une sorte d'épreuve présentée aux petits clients pour juger de leur prononciation.

Saint Dominique, instituteur des Frères Prêcheurs (CL Cliapelet, p. 200; Chieih Étoile, etc.). Le livre qu'il porte presque toujours n'indique pas seulement un fondateur d'ordre religieux ou un prédicateur*, il peut faire allusion à deux traits de sa vie que nous allons rapporter. Dans une vision, saint Pierre lui remit en main le bourdon, comme signe de mission apostolique; et saint Paul lui donna un livre, comme pour lui assurer que sa doctrine serait aidée par l'assistance céleste. Une autre fois dans une lutte publique avec les prédicants albigeois, le feu consuma le livre des hérétiques en respectant celui du saint missionnaire'*.

Saint Raymond de Pennafort (Pena-fuerte), dominicain (CL Clef, p.- 228; Eau, etc.). Il tient souvent, ou écrit un livre sur lequel on lit l'un de ces titres : Summa casuum ou Decretales Gregorii IX. Ces deux compilations mon-

t. linuitii Miirti/rolog. poeticum :

" Cotlicibus pueri j-ictis, in cotlice vita', Sanguine descripsit nonum utcrque sumn. » Mais riiymne du Bréviaire hispano-gothique (6 august.) mérite que nous lui empruntions plusieurs passages :

« Ecce Justus, ecce Pastor, Ambo juncti sanguine, Quos pia fraternitatis Vinserat ^'ermanitas, Junxit ipqualis sacrata- Passionis unitas.

Hi tamen scholis retenti, Dnm instruuntur litteris, Audientes quoi tyrannus Intrat urbern persequens, Illico scholam relinquunt Et tabelias ai)nuunt.

'2. Espana sayrada, t. VU, p. 7'2 :

« Vil Justus annum sei)timum, Nonuraque Pastor egeral. > 3. AA. SS. Bclgii, t. IV, p. 41-2.

Appetunt cursu deiiide Prœsidis prœsentiam; Et crucem Cliristi sequendo, Corpus armant débile, Quo triumphos passionis Expedireul fortiter.

Hoc repente Daciano Nuntiantes, inquiunt ; Ecce advenire Christum Profitentes parvuli, Mortis uitro passiones Atque cardes perpeti. Etc. i«

4. Rappelons ce qui a été dit ci-dessus au sujet des prédicateurs souvent qualifiés de docteurs, abusivement si l'on veut; mais le fait subsiste, et sa traduction par un livre n'est pas très-rare.

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