‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 133 sur 589 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

trèrent sa grande science, et la seconde fait partie du corps officiel du droit canon.

Saint Thomas d'Aquln, docteur de l'Église (Cf. Auréole, p. 98; Banderole). Outre les titres que peuvent porter plusieurs des volumes placés près de lui ou sous sa main pour rappeler ses divers ouvrages théologiques, on y a quelquefois inscrit ces mots attribués à Grégoire X : Quoi articulas , tôt oracula , (selon d'autres, tôt miraculd).

Salnt Odon, abbé DE Cluny; 18 novembre , 942. Le livre qu'il tient communément pourrait n'être pris que comme un insigne d'abbé; il y a droit cependant encore comme fondateur, à cause des statuts deCluny, qu'il introduisit dans une grande partie des monastères de l'Occident. Mais cela peut en outre indiquer son écrit Moralia in Job.

On prétend qu'il n'abrégea cet ouvrage de saint Grégoire le Grand que sur l'injonction du saint docteur, qui lui apparut à cet effet.

On le représente aussi parfois écoutant saint Martin et saint

Benoît, qui lui apparaissent. 11 professait une particulière dévotion pour le grand évoque de Tours; et prit d'abord l'habit de chanoine dans son église, après avoir été homme de guerre. Ce fut à Tours aussi qu'il mourut durant un de ses nombreux voyages.

Saint Guillaume d'Hirschau, abbé; 5 juillet, 1091. Souvent on le peint entouré de livres nombreux et d'instru-

ments de mathématiques ou d'astronomie; manière d'indiquer ses grandes connaissances, dont parle Trithème en énumérant les titres des ses prédécesseurs.

Saint Albert, Carme (Cf. Lis, p. 518; Possédés, etc.); 7 août, 1306. On lui donne assez ordinairement un

livre; soit à cause de ses missions (comme prédicateur), soit parce qu'il établit en Sicile la règle du Carmel , ayant été provincial de son Ordre au moment où les pays occidentaux commençaient à connaître ces religieux jusqu'alors concentrés en Palestine.

Ce furent les croisades qui recommandèrent les Carmes dans l'Occident, et l'on veut même que saint Louis ait été pour beaucoup dans leur propagation en Europe'.

Le B" Jean Bekchmans , de la Compagnie de Jésus; 13 août, 1621. Portant en ses mains un livre (celui des règles de saint Ignace), une croix et un chapelet.

C'est ainsi qu'il voulut mourir, disant :

« Voilà mes trésors, avec lesquels je me présenterai joyeusement devant Dieu. »

Sainte Ségnorine, p. 528.

Sainte Brigitte de Suède (Cf. Cœur, p. 235; Crucifix). Outre qu'elle est fondatrice d'un ordre religieux dont elle rédigea la règle-, elle a laissé son célèbre livre des Révélations, qui est plus utile pour l'histoire que ne semblent le soupçonner plusieurs écrivains modernes'.

Sainte Hildegarde , abbes.se bénédictine de Bingen ; 17 septembre, 1181. Ellea écrit plusieurs livres que di-

1. Cf. Tillemont, Vit de taint Louis, t. IV, p. (0; t. V, p. 299. — AA. SS. Auguil., t. Il, p. 225.

2. Cet Ordre, nomiiK'! du Saint-Sauveur, 8ul)sisla en Suède jusqu'au temps du lutMranismc, et s'est conservé ou renouvelé dans quelques autres pays depuis lors. Il avait certaines singularités qu'il peut f'tre bon de faire connaître. L'n même monastère rcnfi'rmait les

hommes et les femmes, qui habitaient séparément; et sur la tête des femmes, une sorte de croix en manière de coyronne fermée assujettissait les deux voiles (blanc dessous et noir pur dessus} superposés.

3. Cf. Plombs historiés trouves dans la Seine, t. IV (Imagerie religieuse),?. 92.

Livni:.

LOUP

vers saints ont loués beaucoup; et ce que nous avons dit jusqu'à présent de saints et de saintes qui ont pris la plume pour la postérité, peut nous dispenser d'augmenter une notice oii l'on se reconnaîtra sans tant de détails après les indications données dans cet article.

Sainte Sé(;noiune, abbesse en l'ortugal (Cf. Cruche, p. 302; la gravure vient d'être répétée p. 527). Ayant désiré de bonne heure embrasser la règle de Saint-Benoît, Ségnorine fut confiée par son père à une sage directrice qui se chargea de former l'enfant à la vie religieuse. Dès l'âge de huit ans, la jeune fdle prit le voile; et sous la conduite de sa vénérable maîtresse, elle étudia la règle de son Ordre, les livres liturgiques, les écrits de saint Aiubroiso et d'autres Pères, au point de les savoir par cceur après une année d'application; se préparant ainsi, dit riiistoricn, à l'intelligence de l'Écriture sainte. Et comme si son biographe eût soupçonné que la postérité pourrait croire ces lectures faites à l'aide de quelque traduction, il a soin de nous informer que pour les vies des saints, on les lui lisait en langage du pays. C'était donc une sorte de délassement pieux, qu'elle voulait sans doute partager avec ses compagnes moins instruites'.

On le voit, les connaissances littéraires de la célèbre llroswiilia et de l'abbesse alsacienne Herrade n'étaient pas chose propre à l'Allemagne, ni précisément merveilleuse au moyen âge. 11 s'en pourrait citer bien d'autres preuves si c'était ici lo lieu-.

LOUP

Saint Kentigern (ou Mungo) , évoque en Ecosse. Cf. Cerf, p. 18i.

Saint Vat d'Arras (Cf. Aveugles, p. 106). Selon quelques-uns, il expulsa un loup d'une chapelle abandonnée où cet animal avait pris son gîic; selon d'autres, il fil lâcher par cet animal vorace l'oie qu'il venait de dérober à de pauvres gens. Ailleurs c'est un ours que le saint chasse d'une vieille église d'Arras ruinée par les Huns d'Attila. Ces différentes formes de la légende prêteraient à croire qu'on ne s'accordait que sur le fond, et ce fond même ne tiendrait-il pas à une représentation symbolique qui aura été plus tard interprétée dans une pensée différente? On sait que saint Vàt catéchisa Clovis au retour de la campagne qui se termina par sa grande victoire sur les Allemands-'. Or si le prince franc et les

t. Porlugaliœ inonumenla hislorica; Scriptor., t. I, p. 47, sq.

% Cf. AA. SS. Oclobi:. t. Vlll, p. 20r), sq. J'en ai dit moi-m(^mp quelques mots dans les Annales de philosophie chrétienne (1830); et ce pourra Ctre plus tard rcmauit', si Dieu me prête vie avec la santé nécessaire aux travaux de ce genre.

3. Le P. Gliesquière, dans les Acta sanclorum Belgii (t. II, p. 49, sq.), se plaint avec assez de raison du préjugé qui persiste à faire nommer Tolbiac (Zulpich, etc.) un lieu nécessairement plus rapproché du Haut-Rhin. Ilensclienius a eu beau faire, le ton était donné aux compilateurs qui n'en ont pas moins répété la note du vieux diapa-ion comme un troupeau de Panurgo. Les trouvailles des savants

siens se montrèrent encore passablement barbares après leur conversion, il est permis de croire que les anciens chrétiens de la Gaule furent plus justes envers leurs conquérants que ne l'est maint historien d'aujourd'hui. Ils comprirent sans doute que, malgré bien des traits de ruse et de brutalité germaniques, l'envahisseur avait beaucoup gagné à devenir chrétien*. Saint Vàt ayant donc été l'instrument de cette transformation, si peu rapide qu'elle fi'it, les peuples lui en auront su gré à cause des faits de prépotence que cela leur épargnait. Le loup ravisseur s'était quelque peu apprivoisé, autant de pins sur l'ennemi .'et nous sommes aujourd'hui mal placés pour critiquer ce dont les souffre-douleurs du V siècle .se trouvèrent trop heureux.

Ajoutons que les Francs attachés au paganisme s'étant cantonnés dans la province de Cambrai avec Hagnacaire, après le baptême de Clovis, durent rendre la pratique du christianisme un peu diflicile aux populations du diocèse d'Arras. Lorsque Ragnacaire fut livré à Clovis par les siens, saint Vàt eut à exercer .son zèle pour bien des ouailles qui tenaient assez du loup.

Saint Ronan ou Renan évéque, puis solitaire en Bretagne (Cf. Crosse, p. 301; Démon). Faisant lâcher une brebis par un loup". Comme nous avons vu ailleurs ce même saint aux prises avec le diable qui mord sa crosse, il y a tout lieu de croire que c'est encore ici une expression symbolique pour quelque violence arrêtée par la prédication du saint homme; dans plus d'im cas, ce pourrait bien être le souvenir d'une répression due à l'ascendant des serviteurs de Dieu sur la tyrannie d'un seigneur farouche.

Saint Simpert, évêque d'Augsbourg; 13 octobre, 807. Faisant rendre à une femme son enfant qu'avait emporté un loup'. La pauvre mère, qui faisait profession d'une dévotion spéciale au saint évêque et avait plusieurs fois été en pèlerinage à son tombeau dans l'église de Saint- Afre d'Augsbourg, ayant eu son enfant emporté par un loup, s'adressa dans sa douleur à l'intercession de Simpert. A quelques heures de là, l'enfant fut rapporté sain et sauf par la bête, au lieu où elle s'en était saisie'.

Je ne saurais dire précisément quel saint a été figuré dans une sculptiire ancienne qui se voit encore aujourd'hui à Saint-Thomas de Strasbourg, où elle est encastrée dans le mur extérieur. On y voit un saint évêque (ou abbé) faisant rapporter à une pauvre femme le mou-

devraient toutefois être utilisées; copier peut être bon, et surtout commode, mais autant vaut copier des gens habiles.

4. C'est aussi ce qu'en prétendait saint Rémi dans son allocution célèbre au farouche néophyte (Gregor. Turon , Hist. Francor., libr. H, cap. xxxi) : n Mitis depone colla, Sicamber ; 'adora quod incendisti, incende quod adorasti. »

5. Vies des saints de la Bretagne, p. 288, sv. — La Villemarqné>, Chants populaires de la Bretagne, 3' partie.

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