GLOBULES
Sous le titre Attributs menus et peu distincts, nous avons donné à entendre que l'on trouverait ici l'explication de quelques problèmes dont la donnée même est souvent assez obscure. Déjà quelques-uns ont été résolus au mot Caillou. Je pourrais absolument renvoyer encore au mot Monslrance ce qui regarde une caractéristique singulière de saint Longin, surtout dans la haute Italie; mais donnons-lui place dès maintenant, pour ne pas multiplier tout d'un coup les renvois qui trompent l'attente en différant la réponse.
Saint Longin, martyr (Cf. Armes, armure, p. 75, sv.) porte quelquefois un vase de cristal dans lequel se trouvent deux ou trois globules qui s'expliquent comme on va le voir. La ville de Mantoue se glorifiait de posséder, avec le corps de saint Longin, quelques gouttes du sang de Notre-Seigneur, recueillies, disait-on, par le saint qui avait percé le côté de Jésus-Christ-. Le reliquaire du saint sang figure sur plusieurs monnaies anciennes de cette cité; et la trouvaille de ce trésor (au commencement du ix*^ siècle) donna lieu à l'érection du siège épiscopal de Mantoue'. Il n'est donc pas surprenant que dans un tableau du Louvre, peint par Jules Romain pour Mantoue, saint Longin paraisse avec cet attribut. Les Mantouans ne pouvaient s'y méprendre, tandis qu'à Londres ou à Paris cela devient beaucoup moins clair. Conséquence trop fréquente du déplacement des objets d'art.
Saint Jacques de u Mabche (Cf. Calice, p. 176) semble intéressé dans la même question, quoique ce fût ailleurs (à Brescia, en 1/|62) qu'il eut occasion de prêcher sur la question de savoir si le sang répandu par Jésus-Christ dans sa Passion resta hypostatiquement uni à la personne du Verbe. S'étant prononcé pour la négative, il
fut sommé par l'inquisiteur de rétracter cette opinion qui était celle de tout son Ordre. Une grande dispute s'ensuivit, à laquelle le pape Pie II mit fin en imposant
Saint Longin.
silence aux deux parties *. Les Mantouans ou les Franciscains peuvent en avoir pris l'occasion de caractériser notre saint par un attribut analogue à celui qui était reçu pour saint Longin chez les Lombards modernes. En
1. Ordd commendal . animœ : » Sicut beatiasiinam Tlieclam... de tribus atrocissimis tormciuis liherasti, sic libcrarc digncris animam hujus servi tiii, etc. n
2. On peut voir ce qu'en dit Fr. Collius, dans son livre De sanguine Chriili, lib. IV, disp. vu'; et lib. V, disp. >iii' |p. 052-604, et 852, »q.; 802, »q.). '
3. Cf. Ughclli, Itat. sacra (éd. Nie. Coleti), t. I, p. S-jS-SGO.
4. Labus, Fasli delta Chiesa, 28 di novembre (t. XI, p. 640, sg.). — Alb. Butler, Lives i>f the... principal saints. — Collius, Op. cit., lib. V; passim (p. 521, sqq.; 804, 824, 883-892).
Un plus grand nombre d'informations ontre-passcrait le ntos- •iiilrp, il quoi je dt'sire me borner.